Pages

dimanche 29 janvier 2017

Les maths selon Maïa # 4

Si vous prenez l'aventure en cours de route, le début de cette série d'articles se trouve ICI.

Au programme aujourd'hui : les nombres premiers et les entiers relatifs ! 😊

Je laisse la plume à Maïa dans le présent article - que j'entrecoupe néanmoins de liens et de remarques personnelles... 😊

Les nombres premiers :

"Lou a ramassé des cailloux, et me demande de lui concocter une activité à partir de ses trouvailles. Je lui propose donc de diviser son butin en paquets égaux de plus d'un élément : il faut que les collections de cailloux obtenues contiennent le moins d'éléments possible.

Lou prend d'abord 6 cailloux, qui lui permettent de faire trois collections de 2 éléments. Les tas de 2 n'étant pas divisibles au-delà, j'introduis la notion de nombre premier

Par chance, Lou choisit 12 cailloux pour son deuxième essai, et obtient 2 collections de 6. "Peut-on faire des tas égaux plus petits ?". Lou divise ses paquets et parvient à 4 collections de 3. On ne peut pas aller plus loin : "3 est un nombre premier !".


Arrive un essai avec 7 : "2 tas de 3 reste 1". "Ah, dis-je, mais dans ce cas, les tas ne sont pas égaux puisqu'il reste un tas de 1 tout seul." "Alors, conclut Lou, 7 est déjà un nombre premier". 😊

Et les essais se répètent avec des chiffres de plus en plus grands... 😊

Note d'Elsa : On pourrait d'ailleurs lancer ce défi à l'enfant : "Peux-tu faire la liste de tous les nombres premiers inférieurs à 100 ?" J'ai ici un petit mordu de systématicité à qui cela plairait bien, je crois... 😉

Les nombres relatifs : 

"Nous nous sommes intéressés de près au thermomètre lors des températures caniculaires de l'été dernier, et nous nous sommes posés la question de savoir ce que représentaient les températures."

Notes d'Elsa : Maïa ne nous dit pas comment elle a aidé son enfant à remplir de sens cette notion de "température", mais on peut, par exemple :
- partir des cartes classiques des prévisions météorologiques, et  s'interroger : que signifie les nombres affichés ? Où fera-t-il le plus chaud, le plus froid ? etc. 
- fabriquer une petite station météo adaptée à l'âge et aux intérêts de l'enfant.
- organiser un petit relevé des températures sur plusieurs jours afin de pouvoir les comparer.

"Lou pensait que quand il ferait 10°C, il gèlerait. Je me suis alors lancé dans des explications sur le fameux 0°C (point de fusion de l'eau) et les températures négatives, qui ont provoqué un grand silence. "Qu'est-ce que ça peut être, moins que 0 ?". Nous avons à nouveau observé le thermomètre, puis crée cette petite mise en situation :


Avec une craie, sur un dallage, nous avons écrit la suite des nombres de 3 à - 3, à la verticale. Nous lancions ensuite un dé numéroté 3 à - 3 (extrait du Jeu de l'arbre de Goula, bien qu'il soit tout à fait possible de transformer un cube lambda !). Le jeu consistait à se déplacer ensuite sur cette frise numérique selon le résultat obtenu."

Note d'Elsa : Cela me rappelle avec émotion la manière dont Antonin a construit la notion d'entiers relatifs (il y a bien un an et demi déjà). "Maman, me demande-t-il un beau matin, qu'est-ce que qui est plus petit que zéro ?" " Moins 1, par exemple", répondis-je, en ne sachant pas trop où cela nous mènerait. "Ah, reprit le Damoiseau après quelques minutes de silence, alors (- 2) est plus petit que (- 1)..." 😯 Visiblement, c'était tout naturel, et depuis cette remarque, les entiers relatifs négatifs font partie de notre quotidien... 😊

D'autre part,  dans leurs commentaires à cet article, Maïa et Aurélie B élaborent une méthode pour manipuler les règles opératoires des entiers relatifs avec le boulier. Il me semble pertinent d'introduire leur réflexion commune ici. 😊

Encore une fois, si vous avez besoin d'un cours de rattrapage (ou d'apprentissage) sur le boulier, cette vidéo des Petits Homeschoolers vous donnera de bonnes bases...

"Sur de petites quantités, écrit Maïa, Lou calcule de tête (Il fait 2°C aujourd'hui ; quelle température fera-t-il demain s'il fait 3°C de moins ?) mais bloque quand les nombres à manipuler sont plus grands. J'ai alors séparé le boulier en deux, en attachant un morceau de tissu après les 4 premières dizaines (choix arbitraire, mais puisque les dizaines sur notre boulier sont de la même couleur deux à deux, j'ai trouvé cela plus pertinent, plutôt que de couper après la 5e dizaine). 

Voici le boulier au point 0 :

0

Placé ainsi, avec la cordelette qui sépare les dizaines positives des négatives, je place des dizaines positives à gauche comme d'habitude mais les dizaines négatives à l'opposé sur la droite. Mon boulier ne va donc plus de 0 à 100, mais de - 40 à 60.


Ainsi, quand je veux soustraire 6 de 4, je pousse donc d'abord 4 perles sur la droite :

4 - 6 = ?

4

Puis je soustrais 6 :  je les repousse mes quatre premières perles positives vers la gauche (1, 2, 3, 4...), et, n'ayant plus de perles positive disponibles sur cette ligne, je continue sur la ligne du dessus : ... 5, 6. Dans un mouvement qui va toujours vers la gauche, je pousse 2 perles négatives. Le résultat est donc égal à - 2 :

4 - 6 = ( - 2)

(- 7) + 10 = ?

Je peux également partir d'un nombre négatif, ici (- 7) :


Auquel j'ajoute 10. Je fais donc le mouvement habituel de l'addition en poussant mes sept perles vers la droite. Puis sur la ligne de la première dizaine positive, je complète en poussant 3 perles de plus vers la droite.

( - 7 ) + 10 = 3


( - 5 ) + (- 17) = ?

( - 5)

( - 5) - 17 = ( - 22)

Le mouvement se fait donc toujours dans le même sens, qu'il s'agisse d'une addition ou d'une soustraction. Il me parait également intéressant de positionner ainsi les dizaines négatives car cela marque bien ainsi, spatialement, que ( - 2 ) est l'opposé de 2. Si on est amené à expliciter verbalement à l'enfant que l'on positionne les dizaines négatives à droite, il faut d'ailleurs surtout bien penser à utiliser ce terme d'opposé (et à ne pas le confondre avec celui d'inverse !!).

Je ne sais pas vous, mais tout cela m'amuse beaucoup ! 😊 Et je suis pantoise devant tant d'ingéniosité... C'est beau, la bosse des maths... 😊

A bientôt pour le dernier volet, consacré à la géométrie et les systèmes non décimaux ! 😊

samedi 28 janvier 2017

Les maths selon Maïa # 3

Les premiers volets des maths selon Maïa sont ICI et .

Au programme aujourd'hui : les mathématiques dans la vie quotidienne et les fractions ! 😊

Je laisse la plume à Maïa dans le présent article - que j'entrecoupe néanmoins de liens et de remarques personnelles... 😊

Les mathématiques dans notre vie quotidienne :


"J'avais acheté ce puzzle de carte de France il y a deux ans, et je comptais le repeindre car je le trouvais un peu surchargé... Mais surprise en l'ouvrant : le découpage ne correspondait pas de manière exacte aux régions existantes à l'époque. J'ai donc décidé de me servir de ce matériel non pas à des fins géographiques, mais mathématiques : ce puzzle pouvait être une illustration du théorème des quatre couleurs ! J'ai proposé à Lou de le repeindre en lui proposant de chercher le nombre minimal de couleurs nous permettant de peindre les différentes pièces sans que deux couleurs ne se touchent."

Note d'Elsa : Il ne peut exister cinq régions connexes deux à deux adjacentes. C'est tout de même fou quand on y pense. 😊 J'ai proposé le même défi à mes enfants à l'occasion de simples coloriages, et c'est vérifié : quatre couleurs (et parfois même, trois !) suffisent à remplir n'importe quel motif sans que deux couleurs ne se touchent jamais. 😊 Évidemment, proposer cette activité dans le cadre d'une colorisation de carte est idéal, puisque c'est dans ce contexte que le théorème fut découvert...

"Les quatre opérations sont sollicitées en permanence dans la vie quotidienne, en mettant la table (Combien d'assiettes si nous sommes deux de plus ? Ah, finalement un des invités ne vient pas, que faut-il faire ?... etc) ou en partageant les récoltes (Si on a cueilli 15 mûres et qu'on est 5, combien en aurons-nous chacun ? Et si on en cueille 13 et qu'on est 3 ?).

Les Duplos sont aussi utilisés spontanément par Lou comme support pour la multiplication

Grande jubilation : 6 x 4 ...

... est égal à 3 x 8 !

Les fractions : 

"La cuisine est le grand terrain des proportions !" 😉


" Le partage de crêpes (rondes) ou de gratins (carrés) permettent le découpage en moitiés, tiers et  quarts. Pensons-y : le partage des plats familiaux est une tâche qui peut être confiée aux petits !

Les tasses mesureuses sont détournées lors de longues séances de transvasement, pour le plus grand bonheur de mes deux enfants, qui connaissent leurs noms (tasses, demi-tasses, quart de tasses) et, par la manipulation, font l'expérience de leurs relations.
Note d'Elsa : Voici une activité à proposer quel que soit l'âge de l'enfant, car elle est facilement adaptable avec des plus grands, notamment en leur laçant de petits défis (voir ICI ou LA, par exemple).

Pizza fiesta (ancienne version)

"Ci-dessus, voici un vieux jeu emprunté à la ludothèque : le matériel est très beau, mais les règles du jeu un tantinet ennuyeuses... On a détourné ! Néanmoins ce jeu présente l'avantage (contrairement à nos crêpes du goûter...) d'être déjà découpé donc facile à manipuler même pour Camille."

Note d'Elsa : Maïa, est-il possible d'avoir des éclaircissements sur la manière dont vous jouez avec ce matériel ? ... Qui me fait d'ailleurs penser aux fractions en métal montessoriennes !  😊

À bientôt pour le prochain opus des mathématiques selon Maïa ! Nous aborderons l'étude des nombres premiers et des nombres relatifs ! 😊

mercredi 25 janvier 2017

Les maths selon Maïa # 2

Si vous avez loupé le premier épisode, il est ICI. 😊

Voici donc : un an et demi après notre premier échange, dont il me prenait de rêver de temps à autre, je reçois des nouvelles de Maïa ... Je lui laisse la plume dans le présent article - que j'entrecoupe néanmoins de liens et de remarques personnelles... 😊

Introduction et présentation :

"J'ai bien pensé à vous cette année à propos des propositions mathématiques plus ou moins montessoriennes que j'ai faite à mes enfants. Comme il se trouve que nous avons opéré un virage vers le minimalisme, le challenge ne fut pas tant, finalement, de développer du matériel que d'utiliser ce que nous possédions déjà !

Mes enfants : Lou a actuellement 4 ans et demi et Camille, presque 3 ans. Lou se passionne d'arithmétique comme d'autres sont férus de dinosaures. La plupart des propositions ci-après reflètent ses intérêts, et ne correspondent, de ce fait, à aucun "âge" précis.

Parmi le matériel montessorien que nous possédons, celui qui sert le plus : la banque des puissances de dix.

Celui que j'aimerais vraiment fabriquer tant il me semble pertinent : le cube du binôme, ainsi que celui du trinôme qui fournissent un support concret aux identités remarquables du carré (en ne considérant qu'une face) ou du cube."

La numération chez nous

"Bien que nous ayons le matériel montessorien de perles, il a été, jusqu'à présent, très peu investi par mes enfants, qui préfèrent de loin un boulier tout simple récupéré chez mes parents. Et c'est ce matériel que nous avons utilisé pour introduire les deux tables de Seguin, finalement. Il a servi d'assistant de calcul facile à dégainer pendant plusieurs mois."


Note d'Elsa : si vous ne savez pas utiliser un boulier, visionnez cette excellente vidéo des Petits homeschoolers. Dire que j'ai ce boulier-là à la maison, et que je ne l'avais jamais présenté aux enfants... Je me suis empressée de réparer mon erreur, et l'ai proposé hier soir à Louiselle... La Damoiselle n'avait jamais additionné aussi vite !! 😊

Les barycentres et centres de gravité


Note d'Elsa : Le barycentre, d'après Wikipédia, désigne le centre des poids :


Le schéma ci-dessus illustre cette notion physique. Il s'agit de pondérer chaque extrémité du segment par une valeur. Si je pondère, par exemple 1 d'un côté et 3 de l'autre, mon barycentre se situera au 3/4 du segment, et plus près du poids 3 que du poids 1. 😊 Bon, je me doute que mon jargon n'est pas très scientifique, mais vous voyez l'idée.

Il ne vous aura certainement pas échappé qu'il s'agit du principe de la balance romaine. 😉

"Nous avons la chance, écrit Maïa, de posséder deux balances, une Roberval et une balance romaine.

La Roberval permet d'expérimenter un grand nombre de notions mathématiques, notamment la notion d'égalité (200 grammes = 10g + 50g + 20g + 20g + 10g).

Mais la balance romaine, en particulier, a permis aux enfants de nombreuses explorations autour du barycentre... Sans parler du contrôle des gestes moteurs, indispensable aux déplacements du poids !


"Nous avons également approché l'isobarycentre du disque grâce à un jeu du Moyen-âge emprunté à notre ludothèque !"


Je n'ai pu lui trouver aucun nom malgré des recherches assidues, et nos ludothécaires ne le connaissent pas sous un autre nom que celui-ci : c'est "le jeu du Moyen-âge". 😉

Le plateau est divisé en 6 cercles concentriques numérotés de 1 à 6. On joue donc avec un dé qui  indique sur quelle zone placer une pièce. Il existe une variante où le dé n'indique non plus la zone mais le nombre de pièces à placer.

J'en trouve une autre version dans le jeu du Dingo-disc, ou encore celui du Bamboleo. Le plateau suspendu du premier permet de mieux approcher la notion de barycentre, car un plateau posé sur une boule de liège génère des frictions.

Note d'Elsa : Ce qui signifie que si on veut conserver l'équilibre des pièces, il va falloir développer une intuition assez fine du centre de gravité du système... Ce qui est jeu, "c'est le barycentre de tous les points pondérés par la densité du matériau au niveau de ce point" (dixit le frère de Maïa). Il est évident qu'il ne s'agit pas d'expliquer les choses ainsi aux enfants, mais seulement de leur permettre d'expérimenter des concepts clés de la physique moderne et de les doter de termes lexicaux précis.

Mais en tant qu'adulte, je dois poursuivre la digestion des notions abordées par Maïa dans ce premier opus... Notions peu nombreuses, mais exigeantes pour moi qui n'ai pas fait de mathématiques depuis un bon bout de temps...Donc, je digère, je digère, et je reviens bientôt pour un deuxième volet !

N'hésitez pas à poser toutes vos questions, je suis sûre que Maïa m'aidera à y répondre ! 😉

dimanche 22 janvier 2017

Les maths selon Maïa # 1

En juillet 2015, je publiais un article basé sur l'approche montessorienne de la géométrie...


Si vous relisez les commentaires de ce vieil article, vous y découvrirez l'amorce d'un débat passionnant qui vous avait peut-être échappé alors.

Une lectrice du nom de Maïa s'était étonnée que, dans notre exercice, des figures constituées de courbes soient classées dans la catégorie "Polygones". Un polygone, justement, se caractérise uniquement par ses sommets et leur ordre ; cette définition ne sous-entend-elle pas que les dit-sommets soient joints par des segments ? - Et bien, répondis-je alors, pas dans le cas des polygones curvilignes. Que je n'aurais, pour ma part, jamais songé à intégrer au cabinet de géométrie, puisque Maria Montessori l'avait fait, hein... 😉

Maïa se mit à réfléchir alors sur la manière dont elle souhaitait présenter la géométrie plane à ses enfants. Et eut, par la même occasion, une conversation téléphonique animée avec son frère - mathématicien de son état. Le frère de Maïa est très intéressé par le matériel sensoriel montessorien et porte aux nues certaines propositions comme le cube du binôme ou le matériel de perles. Mais il se montre très dubitatif quant à tout ce qui a trait à la géométrie plane. D'après lui, ces propositions sont, et c'est logique, en accord avec les manuels du milieu du 19e siècle. À cette époque, la géométrie plane est la référence absolue, alors qu'elle ne sert plus, aujourd'hui, que d'introduction à la géométrie spatiale non euclidienne. Le frère de Maïa s'est franchement amusé du "triangle scalène acutangle", et le "quadrilobe" a achevé de le faire mourir de rire... Cela me fit penser que j'ignorais tout de ces termes avant de connaître Maria Montessori - et c'est aussi le cas de tous mes amis mathématiciens et ingénieurs... Et vous ? 😉

Maïa reliait l'apprentissage de ces termes à des objectifs conceptuels et langagiers, mais son frère sut lui démontrer qu'ils étaient simplement caractéristiques d'une période mathématique révolue, qui n'avait plus rien à voir avec les schèmes des mathématiciens d'aujourd'hui. 

Finalement, Maïa s'était déjà fait cette réflexion sur la pédagogie Montessori : l'intuition et les propositions fantastiques de Maria Montessori autour de la vie sensorielle pouvaient trouver un élan nouveau si elles continuaient à être pensées en lien avec les découvertes modernes. Au cours de sa formation Montessori, elle avait été frappée, d'ailleurs, par la rigidité du matériel - non modifiable, hein, puisque pensé ainsi par Maria en personne !

Si Aristote l'a dit... 😉

Pourtant, les sciences progressent - c'est dans leur nature, de nouvelles théories voient le jour, et elles sont tout à fait adaptables à l'exploration sensorielle par l'enfant

Maïa a donc réfléchi, pendant plus d'un an, à la manière dont elle pouvait présenter concrètement à ses enfants (âgés aujourd'hui de 4 et 3 ans) les concepts de la géométrie plane, mais aussi d'autres concepts mathématiques (le barycentre, les intégrales, les vecteurs...) et physiques (les ondes, les modèles de molécules...).

La semaine dernière, elle m'a envoyé le descriptif des activités proposées à ses enfants tout au long de cette année. C'est tout à fait passionnant - et je vous rassure, ses propositions sont tout aussi simples à comprendre et à mettre en œuvre que le débat qui les sous-tend est complexe.


Je ne vous cache pas que je suis très admirative de son travail - et je vous propose de le découvrir cette semaine, à travers une série de petits articles illustrés.


J'espère que ses conclusions vont inspireront autant que moi !!

À très bientôt, donc ! 😊

Les maths selon Maïa # 2
Les maths selon Maïa # 3
Les maths selon Maïa # 4
Les maths selon Maïa # 5

jeudi 19 janvier 2017

Semaine pénible en perspective...

"Lorsque toute cette histoire sera derrière nous, j'oublierai un peu les souffrances et les angoisses vécues, 
et il me restera surtout tout le soutien que nous avons reçu. 
Cela fait vraiment chaud au cœur et aide tellement au moral."



Le lundi 30 janvier, la petite Coralie de l’École des amours, qui se bat depuis plus d'un an et demi contre la leucémie, recevra un gros traitement ainsi qu'une ponction lombaire. Sa maman sait que les semaines à venir vont être très difficiles, et aimerait soutenir ses filles dans cette épreuve... Je crois qu'elle a trouvé comment. 😊

Depuis le début de la maladie, les livres ont pris, dans la vie de ces enfants, une place extraordinaire. Coralie a appris à lire seule durant la première année de traitement intense. À présent, les livres la suivent partout : à l'hôpital, sur le divan lorsqu'elle ne se sent pas bien, et bien sûr, jusque dans son lit : chaque soir, elle choisit une pile de livres qu'elle dispose à côté d'elle pour les regarder au petit matin... 💗 Lorsqu'elle doit recevoir une piqûre, elle demande à sa Maman de lui lire quelque chose pendant ce temps pour mieux supporter la douleur... 😟

Océane, la grande sœur de Coralie, est quant à elle une grande sensible. La réalité de la maladie, la pensée omniprésente de la mort et son cortège d'angoisses la submergent depuis le début de la maladie de sa sœur. Mais lorsqu'elle plonge dans un livre, elle s'évade, et elle oublie...

Ces enfants ont accepté beaucoup de sacrifices au nom de la maladie : cette année, elles n'ont pu s'inscrire à aucun cours, ni de dessin, ni de danse, d'anglais ni d'équitation... La famille vit à crédit à cause du coût du traitement. Les parents sont tout attristés des privations imposées à leurs filles - le sentiment d'impuissance face à ce cauchemar est fort.

Mais la famille des Amours porte bien son nom (de code) : c'est une famille qui positive. Les fillettes ont pris beaucoup de plaisir à rédiger des listes de souhaits de livres... Océane est même allée jusqu'à rédiger de petits commentaires pour le moins ... exclamatifs et enthousiastes, c'est proprement adorable ! 😄 Elle garde d'ailleurs précieusement tous les messages de soutien accompagnant les livres qu'elle reçoit. Preuve que ces petites attentions qui parviennent à ces enfants par la poste leur font vraiment du bien. 

Et si nous essayions, à nous tous, d'offrir à ces enfants leurs bibliothèques idéales ?

Nous devrions y arriver, d'autant qu'il y en a pour toutes les bourses, et que certains livres ne coûtent que quelques dollars !!!

Alors, si vous en êtes 😊 :



Les listes des enfants sont faites sur Amazon.ca, car cela permet d'éviter de payer des frais de port internationaux. Après commande, les livres parviennent directement à l'adresse de Coralie et ils sont automatiquement supprimés de la liste pour éviter les doublons.

N'hésitez pas à reproduire et à diffuser cet appel sur votre propre blog ou sur les réseaux sociaux !

Un grand merci par avance au nom de Coralie et de sa petite famille ! 💗

mercredi 11 janvier 2017

Trois beaux livres


Nous avons à présent une petite collection de beaux livres "pour enfants" - j'entends par là de grands et gros documentaires richement illustrés et fourmillant d'informations, souvent rédigés à l'intention des enfants, mais pas toujours. Les nôtres plaisent aussi beaucoup aux adultes de la maison, et nous avons décidé récemment de leur réserver un emplacement spécial dans notre bibliothèque familiale. À Noël, trois beaux volumes sont venus rejoindre nos livres d'Histoire et nos Atlas... Je tenais à vous les présenter, peut-être les connaissez-vous ? 😊

- Les planches du dictionnaire universel d'histoire naturelle de Charles d'Orbigny - Portraits d'animaux, Eric Baratay, Fage éditions, 2007.


En 2007, la meilleure encyclopédie d'Histoire naturelle du XIXe siècle est partiellement rééditée. 

Le présent ouvrage rassemble les dessins d'animaux de Charles d'Orbigny, et représente, à mon sens, l'apogée du dessin animalier. La minutie et le réalisme des planches sont tels qu'on ne sait plus très bien, d'ailleurs, si on tient entre les mains un recueil de sciences ou manuel de techniques picturales... La famille d'Orbigny, comme tous les grands scientifiques de l'époque, aime regarder de près (le microscope est à la mode !) et classifier les espèces en triant les faits observés. Charles est aussi un vrai pédagogue, et sa plus grande ambition est d'instruire les masses - mais d'instruire selon la Vérité des lois naturelles. Vulgarisation, en 1850, rime avec Exigence, s'il vous plaît !


En recevant l'ouvrage, Louiselle passe au crible les pages une à une ; elle s'exclame sur les espèces familières, s'interroge sur celles qui le sont moins. Au terme de son monologue (long de 330 pages...), en refermant le gros volume, la Damoiselle soupire d'aise : "Ah, j'ai appris beaucoup de choses sur les animaux, moi, aujourd'hui !!".

Et ce n'est que le début, je pense ... 😊



Vous connaissez certainement Katie Scott : elle est l'illustre illustratrice du superbe Animalium (et de son non moins superbe cahier d'activités), et quelle ne fut pas ma joie en découvrant qu'elle avait illustré un autre opus !

Ce livre-là s'adresse peut-être à un public plus âgé et pose quelques jalons dans l'incroyable évolution génétique de la vie depuis ses premières manifestations sur Terre jusqu'à la fin du Quaternaire. En fait de "livre", il s'agit plutôt d'une frise à déplier (voir première photo de l'article) : sur deux mètres de papier épais, un troupeau de créatures étranges marche vers son futur. Le raffinement du trait est époustouflant, et suffit à faire de ce livre un véritable chef d’œuvre.

Pour ne rien gâter, chaque figure est légendée de manière précise, et chaque ère fait l'objet d'un texte de plusieurs paragraphes, qui fait le point sur les conditions environnementales et les espèces présentes à ce stade de l'Histoire. C'est tout à fait passionnant, même si cette documentation nécessite souvent une reformulation par l'adulte. Mes enfants sont subjugués !


Le seul bémol relatif à cette présentation originale est qu'on ne peut pas embrasser du regard l'image et le texte s'y rapportant, puisque celui-ci est imprimé au dos de la frise. Nous nous retrouvons donc à tourner, à retourner et re-retourner cet ouvrage tout de même fragile (puisque précieux). En même temps, cette manipulation complexe explique peut-être l'engouement des enfants à l'égard de ce livre - cela leur rappelle le grand Nacéo, je crois... 😊



Dès que je l'ai vu chez Gibert, j'ai su que cet énorme livre d'Histoire était pour nous ! 😊

Il ne s'adresse pas spécifiquement aux enfants, mais son approche hautement concrète (présenter l'Histoire de l'humanité à travers 1000 objets) permet de mettre l'accent sur la définition même de l'Histoire : une reconstitution des sociétés d'antan qui s'appuie sur les découvertes archéologiques. L'historien "fait parler" les objets du passé, et ce n'est finalement qu'à travers ce qu'ils nous racontent que nous connaissons notre Histoire...

(Note pour les Grenoblois : le musée archéologique de Grenoble est de ce point de vue idéal pour sensibiliser les enfants à cette science. Il est parfait pour les tout-petits : quoique très spectaculaire, sa visite n'est pas bien longue... De plus il est gratuit, et ouvert le lundi !! C'est un de nos musées "coup de cœur", nous nous y rendons dès que l'occasion se présente, et notre compréhension de l'Histoire lui doit beaucoup !)


Antonin utilise notre Histoire du monde en 1000 objets comme une espèce de "Cherche et Trouve" : les photographies qui parsèment la couverture et les pages de garde sont minutieusement recherchées dans le corps du texte. Quatre cent pages denses qu'il faut donc éplucher une à une, en ayant un mot sur chaque objet, ou presque ! 😄

Les textes savent aller à l'essentiel, la sélection d'objets est tout à fait pertinente et nous apprécions particulièrement les "zooms" sur certains objets mythiques, reproduits en grand format et abondamment légendés. L'ouvrage est très complet pour ne pas dire exhaustif : pour chaque période (sociétés premières, civilisations antiques, ère impérialiste, etc.), l'ensemble des continents est balayé. Voilà un ouvrage qui fera du profit !

Belles lectures chez vous ! 😊

jeudi 5 janvier 2017

Fête de l'hiver - 2016


Mieux vaut tard que jamais : voici quelques clichés de notre dernière fête saisonnière. Puissent-ils vous permettre de goûter un peu l'ambiance si particulière de ce jour pour nous si particulier !

Chaque année, on reprend les mêmes ingrédients et on recommence. Pour mémoire, le cru de 2014 est ICI, et celui de 2015 est LÀ.


Cette année encore, nous avons réalisé des sablés maison et organisé un goûter des doudous. 

Cette année encore, les enfants les peluches ont reçu un petit cadeau - cette fois, il s'agissait d'une mallette de docteur, complétée par un stéthoscope, des bandages et des pansements. Que voulez-vous, notre ménagerie est fragile, et tombe malade fort fréquemment... 😄 (C'est normal, me direz-vous, quand on voit la manière dont elle se nourrit...) 😄


Cette année encore, d'ailleurs, Antonin et Louiselle, tout à la fête, avaient complètement oublié qu'il recevraient un petit présent à cette occasion.

Mais puisque je suis toujours à l'affût de nouvelles idées qui puissent venir s'intégrer à notre rituel (simples et gratuites autant que jouissives, si possible), voici l'évènement qui marqua cette fête 2016 - et dont aucune fête de l'hiver ne pourra désormais se passer, voilà qui est dit !


Cette année, nous décidâmes de camper dans le salon. Essayez, vous verrez : le ratio temps d'installation/enthousiasme délirant est franchement intéressant. J'aime de plus le fait qu'il s'agisse d'un clin d’œil, en miroir, à notre fête de l'été - à l'occasion de laquelle nous campons dans le jardin. Chaque solstice offre le campement qu'il peut. Et en intérieur, au coin du feu, c'est tout à fait magique aussi. Cela donne le ton et la couleur de la saison qui s'amorce : 

Calfeutrez-vous, nichez-vous, et n'oubliez pas de lire de belles histoires,
à la lueur d'une lampe torche, sous une montagne de doudous (dûment pansés et médicamentés).

Prenez-soin de vous ! 😊

mardi 3 janvier 2017

Holiday on ice


Puisqu'il gèle à pierre fendre, j'ai profité hier de notre dernière matinée de vacances pour monter un petit kit d'exploration pour manipuler la glace du jardin. Dans un panier, j'ai rassemblé des figurines d'animaux polaires, des billes de toutes tailles, un verre de gros sel gris, du colorant alimentaire et des pipettes.


J'ai livré le tout aux enfants sans consignes, et à vrai dire, l'article du jour pourrait se passer de mots à présent, et se poursuivre simplement en photos... n'est-ce pas ? 😊


Les colorants ont donc été versés sur la glace, et les couleurs se sont peu à peu mélangées jusqu'à l'obtention d'un beau dégradé de vert...


... que le gros sel, jeté en pluie, a piqueté de reliefs intéressants.


Les billes ont été utilisées pour tester la solidité de la glace. Nous avons fait tourner le bassine à toute vitesse pour observer leur course folle - on aurait dit l'emballement d'un mini-système solaire. Les reflets produits, ainsi que les sons, nous ont fascinés un bon moment.


Les figurines s'aventurèrent ensuite prudemment sur ce petit monde étincelant...


Nous avons fini par démouler notre glaçon pour jouer plus commodément, à même l'herbe givrée.


Et puis, ce fut la rentrée, mais grâce aux jours qui rallongent - et au froid mordant qui s'installe - je pense que d'autres explorations de ce genre seront possibles assez vite...

Je vous souhaite à tous une bonne reprise et un très bel hiver 2017 !! 😊