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jeudi 30 mars 2017

La petite souris n'est pas passée...

Avertissement : le présent article est un récit de vie familiale, par définition particulière.
Il ne s'agit pas ici de théoriser de façon générale sur les croyances des enfants, mais de relater une expérience personnelle.


La Petite souris, ce n'est pas nous qui l'avons inventée. Elle a surgi un beau matin, dans la bouche d'Antonin, 6 ans :

"Quand on perd une dent, on la met sous l'oreiller. Et pendant la nuit, il y a une petite souris qui passe et qui dépose une pièce.

- Ah ?! Quelle histoire intéressante !", ont dit les adultes.

Son apparition soudaine ne nous a pas émus le moins du monde. Pensez-donc : nous vivions déjà avec quelques Pères Noël et une colonie de cloches de Pâques. Nous pouvions bien nous tasser un peu, la maison est grande, et cette souris, si petite !! 😊


Antonin et Louiselle se posent beaucoup de questions sur la véracité de certaines figures fantastiques. Nous avons eu droit à tout – ou presque  : est-ce que les sorcières existent ? Et les ogres ? Les géants ? Les dragons ? Il est facile pour nous de répondre que non – nul affect n'est en jeu, et je pense de toute manière qu'il est rassurant, pour les enfants, de vivre dans un monde expurgé de monstres. Mais : JAMAIS nos enfants ne nous ont demandé si le Père Noël existait. JAMAIS. Ils ont pourtant assisté à l'emballage de quelques cadeaux, et à certaines discussions à peine voilées... qui ont glissés sur eux - ils le voulait ainsi. Il ont constaté l'apparition soudaine des chocolats de Pâques avec ravissement, et en ont conclu tout seuls, sur la base apparemment non réfutable de leur culture de cour de récré, que c'étaient les cloches qui les apportaient.

Je n'ai pas pour habitude de contredire – ni même de sourire - aux tentatives d'explications du monde que déploient mes enfants. J'ai donc fait exactement ce que je fais lorsqu'ils m'expliquent le processus de la digestion ou les aléas de la météo : je n'ai rien validé, rien invalidé. D'ailleurs, les choses étaient très claires : on ne me demandait pas mon avis

Tout de même, l'année dernière, Antonin s'est demandé comment les cloches faisaient pour entrer dans les maisons, afin que les enfants puissent faire leur chasse à l'intérieur par temps de pluie. Je lui ai répondu que c'était une bonne question, et que si c'était effectivement les cloches qui faisaient le boulot, cela questionnait drôlement. La conversation en était restée là.


C'est en ce sens que j'ai parfois l'impression que nous cohabitons avec quelques créatures mythiques, malgré le soin que nous mettons, nous les adultes, à traiter ces histoires comme des histoires. Mon homme et moi disons bien, à chaque fois que nous croisons un Père -Noël : "Tiens, UN Père-Noël." (et non : "C'est LE Père-Noël !", remarquez la nuance), et nous enchaînons généralement sur une étude comparée de leurs déguisements respectifs - discussion passionnée et passionnante à laquelle les enfants prennent une large part. Pas question de préparer une collation au vieux barbu le soir du 24, de lui écrire une lettre - à laquelle il répondra peut-être ! - et de prétendre que le bonhomme voit tout et entend tout (surtout s'il s'agit de "bêtises"). Agir ainsi reviendrait pour moi à abuser cruellement de la naïveté de mes enfants et de leur appétit de surnaturel - pour dire le vrai et sans vouloir décrier les familles qui font d'autres choix, je craindrais même d'entraver le développement de leur esprit critique.


L'apparition de la petite souris ne nous a donc pas émus le moins du monde, disais-je. Mais je fus par contre véritablement ébranlée, lorsque deux jours après lui avoir donné vie, Antonin exprima pour la première fois un doute radical à son sujet. Il vint se planter à mes côtés, et lança d'un air malicieux :

"Je sais ce que je vais faire ! Le jour où je perdrai ma dent, je ne vais pas vous le dire, et je la glisserai en cachette sous l'oreiller ! Comme ça, s'il n'y a rien le lendemain, c'est que c'est Papa et toi qui glissez la pièce !".

Là dessus, mon Damoiseau fort satisfait me laissa en plan. 😶

Je dois dire que j'étais un peu sonnée : décidément, les choses ne se faisaient pas dans l'ordre supposé. Car encore une fois, rien ne m'était demandé directement. Antonin sait pertinemment que je répondrai à sa question s'il me la pose. Ce qui m'était adressé, j'en eu immédiatement conscience, c'était la question muette d'autres enfants, ces enfants auxquels on "fait croire". La stratégie avait été élaborée, peut-être collectivement, dans l'ombre d'un préau, pour obtenir la réponse refusée. Cette idée n'était pas celle de mon fils : elle circulait parmi ses copains comme une tentative de putsch dans le monde des adultes ... J'avoue que je ne peux qu'applaudir très fort ! 😊

Le lendemain, la dent d'Antonin tomba. L'évènement, passage rituel au sens fort, fut très impressionnant, avec perte de sang, handicap relatif de plusieurs heures, et tout et tout. La grande classe. Bref : la dent tombe, et il n'est bien sûr pas question pour Antonin d'en faire cachotterie à ses parents. D'ailleurs cette idée, dont j'ai tout de suite su qu'elle n'était pas la sienne, semble bien loin de son esprit à présent. Sa seule obsession (tout de suite après : "Je saigne donc je souffre. Je perds quelque chose donc je grandis.") est : glisser sa dent sous l'oreiller pour recevoir sa pièce, et ainsi parachever le rite de passage. Nous n'entendons plus, à ce stade, parler de la Petite souris. 😉


Le lendemain matin, Antonin a trouvé sous son oreiller deux petits paquets, une boite minuscule et une grande enveloppe. Il n'a rien ouvert sans nous. Il a tout emporté au salon et attendu patiemment deux bonnes heures que nous émergions du sommeil. Il avait besoin de nous, car il savait, je crois, que nous ne le laisserions pas dans le flou, et que nous répondrions à sa question.


Nous avions décidé de faire les choses bien. Les deux petits paquets contenaient un livre d'initiation à la mythologie grecque (sans doute son livre préféré depuis lors) et un adorable petit carnet illustré sur le thème des contes classiques. Ces petits présents étaient surtout le fruit du hasard : j'entasse toute l'année des babioles que je n'offre qu'à l'occasion d'une occasion (!). Mais rétrospectivement, je trouve que le hasard fait bien les choses et que le message est clair.  La perte de la première dent, et c'est l'entrée dans le monde des "grands", le monde symbolique : les grands mythes fondateurs, et les contes-reflets de notre inconscient collectif (que je lis en version la plus originale possible à mes enfants, et qu'ils ne connaissent pas tous encore, loin s'en faut, de ce fait).


Et encore : plutôt que d'emporter la précieuse dent au royaume de l'oubli, nous l'avons placée dans une jolie boite, conçue spécialement pour recevoir les dents de lait. Cette boite a été replacée sous l'oreiller, et Antonin aura à charge d'y placer les prochaines, précieusement. Il pourra à tout moment inspecter son contenu, manipuler et nommer les trésors physiques et symboliques qu'elle contient... C'est tout de même plus intéressant que si la Petite souris les emportait pour toujours, hein ? 😉

Quant à l'enveloppe, en plus de la fameuse pièce (2 euros autrichiens !), elle contenait deux feuillets :

-  J'avais mis en page, d'après une idée trouvée sur le Net (où ?) un relevé des chutes des dents de lait. Antonin a pris grand plaisir à inscrire la date de la chute de sa première dent (à l'aide de son dateur chéri reçu à Noël !), et attend avec impatience de pouvoir poursuivre le relevé... Si ce document vous intéresse, il est téléchargeable ICI.  


- La deuxième feuille était la réponse à sa question voilée : une lettre ... de ses parents. Après tout, les petites souris ont souvent coutume de laisser des petits mots aux enfants après avoir pris leurs dents... Pourquoi ne ferions-nous pas de même ?😊


J'ai eu ce matin-là la confirmation d'une chose que je savais depuis longtemps : répondre en toute honnêteté aux réponses de nos enfants n'empêche pas la féérie. Car ce fut un matin 100% magique. Antonin peut grandir en toute quiétude : nous ne lui mentirons jamais, nous répondrons toujours à ses questions (même indirectes) mais nous lui laisserons aussi la liberté de rêver. Et à chaque dent qui tombera, quel que soit son âge, il sera sûr de trouver un petit quelque chose sous son oreiller. 😊


"Comment as-tu fait ? me demanda, plein de malice, Antonin quelques heures plus tard. Pour glisser tout ça sous mon oreiller sans que je me réveille ?

- Ah, ne m'en parle pas ! Quelle frayeur ! Je n'avais jamais fait cela de ma vie, le sais-tu ? C'était une première pour moi aussi ! À un moment, tu as bougé, et j'ai transpiré, oh ! Je ne voulais pas  te réveiller, j'avais l'impression de faire autant de bruit de cent hippopotames !!".

Nous nous sourions.

Dans les yeux de mon fils, je lis un nouveau défi : "À ma prochaine dent, je ne dormirai pas, et je te surprendrai ! Et ça ne sera pas bien grave !"

Et mes yeux à moi répondent :

"Rien à faire : tu dormiras et je m'engage à ce que tu aies la surprise le lendemain... Encore que le contraire ne serait pas dramatique... N'est-ce pas ?"

N'est-ce pas ? 😉

dimanche 5 mars 2017

Au ralenti...


Il faut absolument que je vous présente le merveilleux petit kit que j'ai préparé pour Antonin : sa première dent de lait va bientôt tomber, et je souffrirai beaucoup de ne pas consacrer un article à cet évènement majeur. 😉 D'ailleurs, il faudra dans la foulée que je rédige enfin clairement notre positionnement sur la Petite souris, le Père Noël et autres Oeufs de pâques. Et que je consacre quelques jours de travail à cet article sur le "coschooling" en dormance depuis de longues semaines - ah, je tiens beaucoup à écrire également sur l'esprit comprenant selon Maria Montessori, puisque c'est d'actualité chez nous depuis quelques semaines. J'ai encore quelques recettes kid friendly topissimes à partager, ainsi que les outils pratiques que nous utilisons pour que les enfants visualisent leurs tâches ménagères à la maison. Nos boites des continents sont en pleine construction, Antonin lit couramment, est entré de plein pied en orthographe et s'intéresse à la grammaire - et quant à Louiselle...

Bon. Je crois qu'il va falloir que je renonce à tout partager si je veux vivre ma vie. 😁

Pour l'heure, je me propose un marché : je viendrai ici à chaque fois que j'aurai écrit 10 pages de mon livre en cours. Ce sera un peu comme une récompense. 😉 Dans la mesure où je travaille à plein temps, que j'ai 25 élèves à nourrir et deux enfants à écouter, je me doute bien que ces pages ne s'écriront pas vite. Et que bien des articles resteront du coup dans les limbes... Tant pis. En y réfléchissant, je ne crois pas que cela soit si grave. 😄

Ce blog va donc tourner au ralenti, comme il l'a déjà fait par le passé... J'espère que le formuler m'aidera à lâcher prise et à me concentrer sur mes autres tâches... Mais une chose est sûre : il me manque déjà ! 😟

Souhaitez-moi bon courage et à dans-pas-trop-longtemps !

mercredi 1 mars 2017

Steaks de quinoa aux champignons

À la demande de Clo, je reprends ici la publication de nos petites recettes kid friendly... Végétariennes, plutôt rapides et économiques, il s'agit, comme d'habitude avec moi, de cuisine pour tous les jours ! Si vous souhaitez mettre les petits plats dans les grands, vous trouverez d'autres sources d'inspiration... Car ma muse à moi, c'est la quotidienneté ! 😄

Voici aujourd'hui une recette qui fera avaler des champignons cuits à n'importe quel réfractaire - je sais de quoi je parle ! 😄 Et personnellement, j'ai adoré l'association avec la salade aux pois chiches, pleine de fraîcheur autant que rassasiante...

Salade frisée aux pois chiches (vinaigrette à l'huile de sésame et vinaigre de cidre)
et steak de quinoa aux champignons

Steaks de quinoa aux champignons :

Ingrédients (pour 5 à 6 steaks) :

- 5 CS de quinoa cru
- 6 CS de farine
- Bouillon de légumes maison (ou bouillon cube sans glutamate)
- 1 oignon
- 2 gousses d'ail
- 250g de champignons de Paris
- 1 oeuf
- Huile de sésame
- Epices tandoori
- Bouillon de légumes maison (ou bouillon cube sans glutamate)
- 1 CS de sauce tomate
- Thym
- Basilic (surgelé pour nous)

Préparation :

Faire cuire 5 CS de quinoa dans du bouillon de légumes en suivant les instructions du sachet.

Dans une poêle, faire chauffer un peu d'huile de sésame, dans laquelle on fait revenir une bonne pincée d'épices Tandoori, avant d'y ajouter 1 oignon haché, 2 gousses d'ail hachées et du thym au goût.

Faire revenir jusqu'à coloration, puis ajouter 250g de champignons de Paris hachés grossièrement. Laisser revenir une minute ou deux, puis ajouter 1 CS de sauce tomate (au basilic, ici, mais prenez ce que vous avez).

Dans une terrine, mélanger le quinoa, les champignons, 1 œuf et du basilic. Ajouter ensuite 6 CS de farine.

Déposer de bonnes cuillères à soupe de cette pâte, en les espaçant, dans une poêle chaude huilée. Faire frire les galettes des deux côtés, d'abord à feu moyen puis à feu doux, afin qu'elles soient à la fois dorées et cuites à cœur.

Bon appétit ! 😊