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mardi 31 mai 2016

Montessori : Le grand ménage !

Balayer l'escalier

A la maison, ni Maman, ni Papa, ni personne ne sont au service des autres. Ce qui signifie, en d'autres termes, que chacun est un contributeur important de la famille. Y compris les enfants.

Pour les familles sensibilisées à la pédagogie Montessori, c'est une évidence qui fait sens. Tenir son enfant pour responsable de ses obligations domestiques s'inscrit dans une logique certaine. C'est une autre manière de lui dire qu'on le sait capable, qu'on a confiance en lui. C'est un excellent moyen de lui permettre d'intégrer des compétences dont il aura besoin à l'âge adulte, et de lui donner les clefs de sa future émancipation. Ce faisant, on l'aide à construire l'estime de lui-même, certes. Et d'un point de vue plus immédiat, il s'agit d'une activité de "vie pratique" comme une autre, qui invite, en tant que telle, à ralentir, à se détendre et  se concentrer, à répéter son geste. Faire le ménage développe la motricité fine et globale, la coordination bilatérale. La rotation pour franchir la ligne médiane, préalable au geste d'écriture, s'exerce (passer un objet d'une main à l'autre, travailler dans le plan gauche avec la main droite ou vice-versa...). En faisant, l'enfant apprend à faire face à la frustration de l'échec et de l'imperfection, et comprend que le succès est rarement immédiat.

Je constate de plus qu'en surfant sur l'intérêt inné du bambin pour les gestes domestiques (si Papa et Maman y passent tant de temps, c'est que cela doit être passionnant, non ?), on construit une relation saine à la chose. Moi qui ait été abreuvée, petite, de "Range ta chambre !!" à toutes les sauces, j'avais fini par construire un rapport à tout cela complètement négatif - il faut admettre que c'est sur le mode de la corvée que ma mère accomplissait ses tâches ménagères. J'ai réappris à ranger et à faire le ménage en devenant Maman - parce que soudain, cela m'a paru ludique, et digne d'être transmis... Soit par l'effet de leur éducation, soit par chance, soit encore relativement à leur jeune âge, mes enfant de 4 et 5 ans ne rechignent pas - mais alors pas du tout ! - à accomplir ce qui s'apparente à des tâches ménagères. Et pour ma part, j'accepte que l'efficacité ne soit pas toujours au rendez-vous - ce qui prime pour le moment, c'est le plaisir du geste, le désir d'aider et de faire seuls... Et pourvu que cela dure ! 😊

Voici un tour d'horizon - de la cave au grenier ou presque ! - des tâches que les jeunes enfants  peuvent prendre en charge au quotidien. Merci de me signaler les oublis majeurs ! 

Ranger ses jouets

Chambres :

- Faire les lits : D'ailleurs, c'est très rigolo de taper l'oreiller pour se défouler, de secouer la couette pour faire des vagues...

- Ranger les jouets et les livresChez nous, le rangement a lieu une fois par jour, et est inclus dans le rituel du coucher. J'ajoute que l'organisation montessorienne en petits paniers fait beaucoup pour favoriser l'autonomie de l'enfant !

Laver les vitres

Salle de bain :

- Nettoyer le lavabo, les vitres, la baignoire, etc., etc.. Généralement, la salle de bain est conçue pour les débordements (sol et murs carrelés) et en ce sens elle est la pièce idéale pour permettre à l'enfant de se faire la main (= d'en mettre partout...) sans provoquer trop de stress chez Papa et Maman. 😊

Enfiler un vêtement sur un cintre

Cycle du linge :

Toujours fascinant, il initie concrètement à d'autres notions plus difficilement observables : cycles de la reproduction, cycles biologiques, cycles des climats, etc. Dès son plus jeune âge, l'enfant pourra :

- Mettre le linge sale au sale. Les chaussettes, le T-shirt et la culotte, c'est au sale systématiquement tous les soirs. Pour le reste, on apprend au fil du temps à inspecter, à repérer les taches et à dire si c'est propre ou sale.
- Laver le linge à la main.
- Etendre le linge.
- Aider à emplir/vider la machine à laver ou le sèche-linge.
- Aider à plier et à ranger le linge propre (en particulier les torchons, les serviettes...), mettre les chaussettes en paire...

Vider le lave-vaisselle

Cuisine :

- Éponger en cas de verre renversés, après avoir fait une recette...
- Placer le couvert, aider à débarrasser, à nettoyer la table,
- Mettre la vaisselle sale dans le lave-vaisselle, vider le lave-vaisselle.
- Jeter à la poubelle, trier les déchets .
- Faire la vaisselle  : sous supervision ! Un de mes cousins, lorsque nous étions enfants, s'était blessé assez gravement à la main à cause d'un verre brisé, qu'il ne voyait pas à travers la mousse... Vous me direz qu'un adulte présent n'aurait certainement pas pu éviter l'accident, certes, mais il aurait temporisé la panique qui a suivi...
- Préparer quelques recettes simples : faire son chocolat chaud, tartiner son pain, sucrer son yaourt, etc.

Secouer une couverture

Dans toutes les pièces :

- Arroser les plantes.
- Épousseter les meubles: enfiler une chaussette sur la main pour frotter reste la méthode la plus pratique et la plus efficace.
- Passer l'aspirateur : une des activités favorites de nos têtes blondes, me semble-t-il ? 😄
- Laver des éléments bien identifiés, comme autant de missions d'importance : les plinthes, les poignées de portes... à l'eau savonneuse.

Aller chercher le courrier

Dehors :

- Aller chercher le courrier, et donc savoir reconnaître et manipuler les clefs de la maison. Cela suppose aussi de faire quelques pas de l'autre côté du portail de la maison seul, et d'appliquer les règles de sécurité qui s'imposent.
- Désherber et mettre les mauvaises herbes au compost, ratisser les feuilles en automne, "desencaillouter"...
- Transporter du bois de chauffage.

Merci de votre aide, les petits !! 😄

mercredi 25 mai 2016

Lire à petits pas


Je ne résiste pas au plaisir de faire un point sur les acquisitions de mes petits lecteurs-scripteurs... L'apprentissage de la lecture me semble si rapide, et elle est pourtant tellement progressive !! 😊 


Antonin a franchi le palier dont je vous parlais récemment, et est à présent très fier d'explorer les digrammes "inutiles" de la langue française ! 😄

Avant de le laisser encoder une nouvelle série, je lui présente le son du jour, et nous passons toutes les cartes en revue : nous nous mettons d'accord sur le mot à écrire ("autobus" et non "bus" ou "car", "mauve" et non "violet", etc.), puis je formule toutes les difficultés orthographiques des mots en question. Par exemple, sur cette série en "au", j'énumère les mots qui comportent un "e" muet à la fin et celui qui n'en comporte pas, et j'attire l'attention d'Antonin sur le fait que le deuxième [o] dans "autobus" s'écrive d'un simple "o". Par la suite, je l'encourage à prendre lui-même en charge cette phase de "débroussaillage" orthographique, dans la mesure de ses possibilités. 


Puis Antonin écrit tous les mots, en s'auto-corrigeant après chacun.

"Tadam !!", s'exclame fièrement Louiselle en me désignant le mot qu'elle vient d'écrire. 😊

Quant à la Damoiselle, elle poursuit la série rose avec beaucoup d'enthousiasme.


Certaines lettres en cursive (le "v", le "s", le "d"et le "r", notamment) ne sont pas encore assimilées. Puisque parallèlement la Damoiselle a très envie d'utiliser l'alphabet mobile et qu'elle en est capable, nous nous appuyons sur L'extraordinaire abécédaire de Balthazar, qui présente sur la même page la lettre capitale - qu'elle connait bien - et la lettre cursive.


Et bien sûr, après chaque encodage, on vérifie grâce au modèle. La Damoiselle déchiffre consciencieusement le mot sur l'étiquette : après l'analyse (écriture), la synthèse (lecture) !


Louiselle m'impressionne par son endurance : encoder 6 mots plutôt longs ne lui pose aucun problème. Pour autant, la Damoiselle n'a pas changé, et son esprit (un peu moins son corps, mais cela dépend des jours...) vagabonde librement pendant l'activité. Parfois, je crois lire dans cette attitude une fatigue, un désir de changer d'activité, mais non : Louiselle veut aller jusqu'au bout. Mais en empruntant autant de détours qu'elle le souhaite. 😉

Le "é" et le "i" sont particulièrement appréciés parce qu'il faut les "fabriquer" !! 😄

A suivre ! 😉

mardi 24 mai 2016

Cartes de nomenclature : les oiseaux


Voici aujourd'hui les cartes de nomenclature des oiseaux familiers, à télécharger ICI en Pdf

Dans la mesure où ce travail gagne à être adapté aux oiseaux de votre région, voici également un slide vierge à personnaliser. Ne vous fiez pas au premier visuel ! En le téléchargeant puis en l'ouvrant avec LibreOffice Impress, vous obtiendrez quelque chose comme cela :


J'utilise ici la police JBcursive, qui n'apparaitra correctement que si vous l'avez téléchargée en amont, mais que vous pouvez, bien évidemment, remplacer par la police de votre choix.

Enfin, si vous souhaitez mixer mes cartes au vôtres, exportez ces dernières au format Pdf avant de les imprimer. Sans quoi elles ne seront pas de la même taille (un Pdf est légèrement plus petit qu'un Odp).

Voilà pour le volet technique


Côté pédagogie, à présent :

J'ai sélectionné les vingt oiseaux les plus courants chez nous : vous n'y trouverez donc pas la grive musicienne, qui était très courante dans la Normande de mon enfance, mais qui déserte totalement notre coteau. Ni le corbeau freux, l'étourneau sansonnet ou la bergeronnette grise, pour les mêmes raisons. Par contre, le rougequeue et le martinet pullulent ! J'ai également privilégié les oiseaux que l'on peut observer : ainsi, le pouillot véloce et la fauvette à tête noire, archi-courants chez nous, ne sont repérables que par leur chant. Je les ai donc écartés pour l'instant au profit d'espèces moins farouches. J'ai également décidé de faire figurer les mâles et les femelles de chaque espèce commune lorsque les individus des deux sexes présentaient des différences physiques : moineau, pinson, merle... C'est une distinction qui a beaucoup d'importance pour mes enfants ! 😊


Vous l'aurez compris, ces vingt cartes sont loin d'être exhaustives, et ne sauraient se passer d'être mise en relation avec des ouvrages documentaires de toutes sortes.


Après les avoir longuement manipulées et mises en relation avec les observations concrètes et les lectures documentaires, on peut décider d'imprimer ces cartes en double, pour pouvoir jouer au Mémory ou au Pouilleux (ou Mistigri) : dans ce dernier cas, on ôte du jeu une des cartes, de préférence celle qui représente l'oiseau que l'enfant connait le moins bien (vous êtes sûr ainsi qu'il l'aura intégré à la fin de la partie...). Chez nous, c'est le troglodyte qui s'y colle : c'est le seul à ne pas avoir de double, et il ne s'agit pas de finir la partie en l'ayant dans la main !

Imprimer les cartes en double permet aussi de proposer les petits jeux de lecture typiquement montessorien. Un exemplaire de chaque carte va rester comme il est, un autre va être séparé de sa légende. Les cartes légendées sont retournées face la table, et l'enfant place l'étiquette-mot correspondante sous chaque photo non légendée. Il retourne ensuite les cartes légendées pour s'auto-corriger.

Enjoy ! 😊


Merci à tous les ornithologues de talent qui m'autorisèrent à utiliser leurs photographies pour ce travail ! 😊