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jeudi 28 avril 2016

Projet Vroum-ville


On parle beaucoup de pédagogie de projet sur la Toile, mais on y trouve finalement peu d'exemples du déroulement de ces entreprises souvent complexes, initiées et exécutées par les enfants eux-mêmes. Dans la mesure où cette pratique est au cœur de ma réflexion pédagogique, aussi bien scolaire que domestique, j'ai eu envie aujourd'hui de vous présenter point par point le projet qui a occupé mes enfants tout au long des vacances de printemps. Après tout, il s'agit d'une tentative de définition comme une autre - mais concrète ! 😊

Ce que le projet mené par l'enfant n'est pas :

Le projet mené par l'enfant n'est pas le déploiement d'une thématique.  La thématique est une organisation qui a très souvent cours en maternelle (sans qu'aucun texte officiel ne conseille explicitement de travailler ainsi, d'ailleurs). Pendant quelques semaines, un thème va lier les activités entre elles. Ce ne sont donc pas les enfants qui créent les liens, ils sont donnés d'avance - et, force est de l'admettre, souvent assez artificiels. Par exemple, l'enseignant décide que le mois d'octobre sera consacré aux citrouilles, et le mois de novembre, aux dinosaures. Il organise ensuite autour de ces motifs les compétences qu'il souhaite que ses élèves acquièrent. Ainsi, en octobre, les enfants compteront des citrouilles et chanteront des comptines de citrouilles. Ils réaliseront des collages de citrouille, et liront des histoires de citrouilles. En novembre, ils réaliseront un livre-à-compter sur les dinosaures et chanteront des comptines de dinosaures. Ils peindront des dinosaures et iront visiter un parc d'attraction sur ce thème. 

Le projet mené par l'enfant n'est pas le déroulement d'une séquence. Une séquence est une unité d'apprentissage, construite minutieusement par l'enseignant d'après la manière dont il pense que les enfants apprennent. Elle se déroule sur plusieurs séances, soigneusement articulées. Ainsi, une séquence sur la citrouille pourrait démarrer sur une expérience mettant en lumière les besoins de la plante, se poursuivre par le semis, puis le soin, la récolte, la dissection et l'observation des  différentes parties de la courge, et se terminer par un atelier cuisine. Une séquence "dinosaures" peut comporter une mise en paire figurines/cartes de nomenclature, la localisation dans l'espace et le temps des différentes espèces, la rédaction d'un exposé, etc. Une fois de plus, tout est pré-pensé par l'adulte, même si l'enseignant ne dédaigne pas de s'écarter de la marche prévue pour suivre ponctuellement une idée soumise par un élève.

N.B. Il ne s'agit pas pour moi de critiquer ici ces démarches courantes, que je pratique comme tout le monde. Mais aujourd'hui, c'est autre chose que je souhaite évoquer.
 
Qu'est-ce qu'un projet mené par l'enfant ?

1. Naissance du projet

Étiquetage spontané

Le projet "mené par l'enfant" s'ancre dans un intérêt authentique. Voilà la base, voilà le début de toute chose : un intérêt authentique de l'enfant. Qui n'est pas là pour se conformer aux goûts de l'adulte. 

Ici, mes enfants jouent depuis plus d'un mois à "Robocar Poli" - et franchement, les adultes de la maison trouvent le dessin animé complètement creux. Mais comme le dit si bien mon homme :

"Ce qu'il y a de bien, avec Robocar Poli,
 c'est que c'est tellement vide qu'on peut le remplir avec ce qu'on veut."
😉


Il a raison : je n'aime pas ce dessin animé, mais j'aime ce que mes enfants en font. Et ce qu'ils en font,  voici : ils y jouent. C'est-à-dire qu'ils inventent des scénarios, fabriquent spontanément des étiquettes aux noms des figurines, leur bâtissent des routes en kapla...

Bon, mon article pourrait s'arrêter là : le projet, le voilà. Il est mené par les enfants dans la mesure où ils ne m'attendent pas pour prendre les rênes, et agir.


2. Les matériaux


Puisque c'est l'enfant qui mène le projet, l'adulte  se pense, en quelque sorte, comme un assistant. C'est très difficile à "avaler" culturellement, surtout quand on œuvre dans un cadre professionnel. Enseigner, c'est suivre un programme, c'est planifier des sorties scolaires, c'est sélectionner livres et matériel, c'est inventer des activités pertinentes, des exercices motivants, et parvenir à mettre l'enfant au travail. Si on ne fait rien de tout cela, on a l'impression de ne pas faire notre boulot, n'est-ce pas ?
 
Et pourtant... L'adulte peut aussi décider de travailler avec l'enfant. Et un de nos rôles dans cette nouvelle posture, c'est de fournir à l'enfant ce dont il a besoin. 

Ici, mon rôle a été le suivant :

- Constater un engouement, un intérêt (cf. premier point).
- Constater un penchant pour la construction et mettre à disposition des matériaux variés pouvant éventuellement enrichir le jeu.
- Constater une préférence forte pour : le polystyrène, les petits cartons (type boites à chaussure pour enfants), les bouchons de liège, les playmags et les kaplas. 
- Écarter les matériaux inutilisés pour faire de la place. Tout au long du projet, ce sont ainsi les enthousiasmes personnels de l'enfant (et ses désintérêts propres) qui détermineront ce qui se fera... ou pas.
- Continuer d'observer en attendant la suite.

On ne peut pas dire que je n'ai RIEN fait, n'est-ce pas ? 😉

3. Un savoir-faire


Un autre aspect du rôle de l'adulte est le devoir de rendre l'enfant autonome. Rappelons ce beau dicton qui dit que lorsque quelqu'un a faim, il faut lui apprendre à pêcher au lieu de lui fournir du poisson... Se mettre au service du travail de l'enfant, c'est aussi transmettre des savoir-faire : enseigner à lire, à décrypter une image, à faire une recherche dans un dictionnaire ou à se servir d'Internet... ou à utiliser un pistolet à colle. 😉


Ici, ayant constaté que leurs constructions ne tenaient pas toujours, les enfants ont souhaité coller certains éléments. Je leur ai proposé de leur montrer un nouvel outil (Merci, Oops, si tu me lis), qui allait leur permettre de coller de manière vraiment efficace... et ils ont accepté.

Naissance de Vroum ville
(C'est le nom de la ville dans la série "Robocar Poli")

4. Jeu et appropriation


Le projet connait une pause, une respiration - qui sait, il est peut-être achevé ?

Seule l'activité des enfant le dira - et pour le moment, ils jouent, excusez du peu... 😉


5. Confection de panneaux


Ah non, le projet n'est pas achevé. Antonin décide de fabriquer des panneaux pour Vroum ville - à l'aquarelle. C'est parti, et Louiselle ne tarde pas à le rejoindre.


Un projet n'est pas linéaire et est ouvert à toutes les directions possibles. Il n'a pas de temps imparti à l'avance - certains projets durent cinq minutes, d'autres plusieurs années.


Les projets sont naturellement fluides - organiques. L'échec n'y est pas possible puisque toutes les propositions sont acceptables. En aucun cas on ne peut s'écarter du chemin tracé - puisqu'il n'y en a pas ! 😊


6. Accrochage

Une fois les panneaux réalisé, il reste à les fixer. Mais comment ? Alors que je pense que les enfants vont spontanément se tourner vers le scotch, qu'il connaissent bien pour en avoir un rouleau à disposition dans leur nécessaire à dessin...


... la méthode se met à faire question.

Le pistolet à colle est ressorti, mais Louiselle disparait dans l'atelier et en revient avec des épingles.


La Damoiselle est déterminée : elle veut fixer les panneaux avec des épingles. Voilà.

7. Expérimentation

Mais les aquarelles sont  fixées avant que le désir d'épingler soit assouvi. Les enfants découvrent alors les épingles s'enfoncent facilement dans le carton, le liège et le polystyrène...


8. Nouveaux matériaux

Après avoir planté quelques épingles de-ci de-là dans Vroum ville, les enfants se mettent en quête de nouveaux matériaux : leur idée est claire : ils cherchent des éléments à enfiler sur leurs épingles.


Ils montent dans l'atelier et redescendent au jardin avec perles, boutons, et ramequins.


J'interviendrai cependant pour placer les épingles dans une petite assiette, plus large et plus plate, afin de faciliter leur saisie.


Vroum-ville s'orne alors d'étranges sculptures.


C'est à ce moment précis, en observant la concentration de mes enfants penchés sur leurs épingles, que je comprends que nous sommes en train de vivre un projet. Nous sommes déjà au point culminant de l'expérience - peut-être même est-elle presque achevée. Mais le projet ne pouvait pas être identifié en tant que tel avant. Comment aurais-je pu savoir a priori que les enfants allait s'investir dans cette activité (ou plutôt dans cette articulation complexe d'activités) ? Si j'avais décidé avant de commencer qu'il y allait avoir un "Projet Vroum Ville", j'aurai tué dans l’œuf toute possibilité de projet mené par l'enfant...


C'est un point important, à mon sens : résister à la tentation de nommer une séquence "projet" avant d'avoir la certitude qu'elle en est vraiment un. Et, à l'inverse, accepter que ce projet mené par l'enfant n'ait pas les contours précis que l'adulte aurait besoin qu'il ait. Tout peut-être projet pour l'enfant - à condition que l'intérêt, le questionnement et la résolution de problème soient au rendez-vous : conduire un tracteur avec Tonton, grimper à un arbre, faire une tarte, observer les oiseaux...


Le projet mené par l'enfant n'a pas forcément un début et une fin clairement identifiables, mais l'éducateur en prend acte via l'observation : l'enfant est en projet. Car ce qu'il fait fait sens pour lui, cela lui plait, cela l'ouvre à d'autres questions, d'autres gestes, qui, eux-mêmes, ouvriront d'autres horizons. Tout cela est vivant, mouvant, entremêlé - j'ai lu quelque part une éducatrice reggiane qui comparait le savoir en construction à un plat de spaghettis, je trouve cette image parlante ! 😊 Même si cela n'arrange pas les affaires des adultes qui ne parviennent pas à faire entrer ces noeuds de nouilles molles dans leurs jolies fiches de prép'...


Les projets font appel à des compétences de base (ici : coller, enfiler, piquer, peindre...). Plutôt que d'enseigner tous ces savoir-faire isolément, lors de séances bien découpées (qui peuvent néanmoins être menées en parallèle, pour "renforcer" les gestes acquis), l'adulte saute sur toutes les occasions qui se présentent au cours du projet. Il suffit souvent de proposer de nouveaux outils ou de nouveaux matériaux. S'ils peuvent être mis au service de ses idées, l'enfant s'en emparera. Et développera une compréhension profonde des techniques élaborées, que ne permettent pas les seuls exercices d'application.


7. Recherche de nouveaux matériaux

Au bout d'un long moment, Antonin lève le nez de ses perles et regarde autour de lui. La séance a lieu au jardin, et le Damoiseau décide de partir en quête d'éléments naturels à intégrer à la ville.


Il aime particulièrement piquer de minuscules feuilles avec une multitude d'épingles.


Louiselle, à son tour inspirée par cette procédure, choisira des fleurs qu'elle transpercera, à l'inverse, d'une épingle unique, dans l'axe de la tige. Et ça n'a l'air de rien, mais je vous affirme qu'à 3 ans et demi, l'exercice requiert de la patience ! 😊


8. Synthèse


La phase de motricité fine s’essouffle. Les enfants ont besoin de bouger, de jouer : ils me demande de déplacer Vroum-ville sur la terrasse, et construisent à côté d'elle un circuit de route en kaplas. Ils jouent quelques minutes...

9. Prolongement(s)


Puis leur attention est attirée par les Playmags, et délaissant le centre de Vroum-ville, ils décident de construire une école : un étage par classe, c'est un véritable immeuble. La question des rampes (car il faut que les voitures puissent accéder à chaque palier) va accaparer Antonin pendant presque deux heures : comment organiser les ponts autour de l'édifice ? Comment les rendre suffisamment solides pour supporter le poids des véhicules ?

A vrai dire, à l'heure où j'écris ses lignes, l'engouement pour ces questions n'est pas retombé, et le Damoiseau passe de longs moments, chaque jour, penché sur ce matériel. Pour moi, il est évident que c'est notre projet qui se prolonge : les différentes phases de recherche ne sont pas homogènes, certaines se trouve hypertrophiées (et parfois celles que l'adulte penseraient comme moins capitales). Un projet est tentaculaire, il lance ses bras dans de multiples directions, dont certaines le mèneront plus loin que d'autres... sans qu'on sache à l'avance lesquelles.

10. Fin


Comment savoir que le projet est terminé ? C'est très simple : les enfants le disent. "Vroum-ville", en tant que tel, est fini. "On a fini", a dit Antonin. "Oh, ça ? a lâché Louiselle, avec un désintérêt soudain, c'est fini !". Nous avons posé notre maquette dans l'atelier, elle est du plus bel effet. Elle est achevée. 

Je peux donc affirmer en toute sécurité à présent : il y a eu un projet Vroum ville.

Qui est terminé, mais dont les excroissances vivent encore parmi nous : Antonin mène une recherche, dans ses dessins, sur la manière dont on peut représenter un édifice, Louiselle invente des scénarios alambiqués que je prends en dictée... Les enfants continuent de décider ce qu'ils étudient, et ils décident aussi de la manière dont leurs connaissances vont être représentées. Ce sont eux qui posent les questions - et ce sont eux qui y répondent. Ce sont eux qui se donnent leurs objectifs, et ce sont eux qui mettent en place les moyens pour les atteindre. 

L'adulte ne décide pas a priori ce qu'il faut savoir à cette période de l'année, pour cette tranche d'âge. C'est l'enfant qui démarre le projet, et c'est lui qui décidera de le mener à tel ou tel point - plus ou moins loin. Il n'a pas de limites à ce qui est appris : dans la mesure où tous les savoirs sont interconnectés, un projet peut mener très loin... Et ouvrir lui-même à une multitude d'autres projets qui eux-mêmes ouvriront à une multitude... Vous avez l'idée.

Bon, peut-être voulez-vous savoir si je parviens à travailler ainsi dans ma classe cette année avec 31 bambins âgés de 2 ans et demi à 4 ans ? La réponse est non. Ou si peu, que c'est totalement anecdotique dans ma pratique de classe. Hélas.

Et comme ni l'un ni l'autre de mes enfants ne vivent non plus ce genre d'expérience à l'école,  mener ce type de projet à la maison est une vraie bouffée d'air, qui nous fait tous avancer beaucoup.

Vous en entendrez reparler, parce que je compte bien progresser dans cette voie pédagogique royale ! 😉

dimanche 24 avril 2016

Semaine symphonie : 16/16

Le p'tit nez tâché de chocolat (cf. 4e mouvement)

Introduction (bocca chiusa)

Il y eut cette semaine de vrais moments de grâce. Des moments où tout est si beau, si serein, qu'on se croirait dans un blog Lifestyle... 😄 Ces moments-là, on n'a jamais le temps de les photographier : si vous essayez, ils s'envolent. Quand ils surgissent, il faut simplement s'arrêter et en profiter très fort.

Je ne peux pas croire que la rentrée ait lieu demain...

1er mouvement : Journal du jardin (con affeto)


La terre se réchauffe petit à petit - encore qu'après une quinzaine assez idéale, celle à venir s'annonce franchement frisquette. Peu nous importe : lorsqu'on a un jardin, on trouve du bon dans tous les temps !

Cette semaine, l'explosion des boutons et des bourgeons floraux fut particulièrement frappante : le pommier est en fleur, ainsi que les myosotis. Mon homme, Sisyphe des temps modernes, poursuit sa lutte contre les pissenlits, qu'il arrache un à un, à la main. La corbeille d'argent et les boutons d'or se sont ouverts. Les figuiers se couvrent de fleurs-fruits - mais les fleurs éclatantes du forsythia déclinent, laissant place sur les branches aux feuilles d'un vert chaud... 

La charmille et les hibiscus sont tout verts, et nos carrés potager se couvrent de pousses tendres, eux aussi ! J'éclaircis comme je peux et je parsème nos salades des jeunes plants arrachés... Rien ne se perd ! 😉

2e mouvement : Dessins (ballabile)

Lorsqu'Antonin disparait une bonne heure dans l'atelier, c'est qu'il mijote quelque chose... Et en l'occurrence : un diptyque.


Deux dessins, deux scènes marines en dialogue. Comme d'habitude, je suis bluffée par la simplicité des formes, terriblement évocatrices (vous voyez, sans que le Damoiseau vous les désigne, le dauphin, la baleine et la méduse ? N'est-ce pas ?), la fraicheur des couleurs en aplats, l'éclat de tout cela, sa dynamique, et derrière chaque coup de feutre, la patience d'un petit garçon de 5 ans qui s'est appliqué à ne pas laisser de blanc - simplement parce que c'est comme ça que les corps des poissons devaient être, leurs masses denses contrastant avec la vivacité de leurs lignes.


Il faudrait qu'un mécène songe un jour à ouvrir un musée de l'art enfantin - depuis le temps que tous les Grands disent que tout est là...

3e mouvement : Détox de printemps (deciso)


Vous est-il déjà arrivé d'imaginer que la moitié de ce que vous possédez s'évanouit comme par magie ? Je ne parle pas d'un cambriolage, bien sûr, qui laisse toujours un goût atrocement amer - mais bien de magie. Pffftt. Que ressentez-vous alors ?

Moi, ça me détend. 😄 Non mais vous imaginez le temps gagné en ménage et en rangement ? Moins d'objets, c'est moins de poussière, c'est aussi moins de conflits autour des objets (si vous vivez avec de jeunes enfants, vous voyez ce dont je parle, bien sûr). Moins d'objets repose le regard et calme la pensée.

Hier, j'ai pris un grand carton et j'ai traversé la maison comme un tourbillon bienfaisant : dès que je voyais un objet superflu, je le fourrais dans la boite. L'opération m'a pris quelques minutes - jusqu'à ce que le carton soit plein - et elle m'a fait autant de bien qu'un massage thérapeutique d'une heure. Finalement, je n'ai pas supprimé grand chose (et certainement pas la moitié de nos trésors... heureusement ?), mais cela m'a rafraichit l'esprit.

Il ne reste plus qu'à trouver le temps d'aller porter ce fourbi à Emmaüs... 😉

4e mouvement : Recettes et chocolat (allegro)

Bon. Vous allez dire que je ne suis jamais contente, mais j'ai un mal fou à trouver un livre de cuisine pour enfant, dont les recettes soient à la fois compréhensibles par un non-lecteur ET savoureuses. C'est moi ou c'est tout de même un comble ?

"Gâteau au chocolat", par Louiselle

Nous avons donc décidé de composer notre propre cahier de recettes, en photocopiant celles qui nous satisfont - j'ai pensé un court instant fabriquer moi-même nos visuels à partir de photos, mais je me suis dégonflée devant l'ampleur de la tâche...

"Gâteau au chocolat", par Antonin

Après les "Pizzas de Julie", nous adoptons donc aujourd'hui officiellement le gâteau au chocolat de ce livre-là, emprunté à la bibliothèque (ne l'achetez pas, les trois quart des recettes sont immangeables...).

5e mouvement : Livres (con spirito)

Cette semaine, le livre chouchou des enfants est sans conteste :


On est tous fans de Claude Ponti, ici, et si mes enfants savent très bien ce qu'il emprunte à l'imaginaire, son univers fait pleinement partie de notre vie. Cet album-ci est particulièrement équilibré et pertinent. Il y a tout dedans : beaucoup d'amour, et les tracas de la vie, la course des astres et l'ivresse sloumpy-sloumpy. Il est possible que ce soit mon favori parmi l'immense bibliographie de son auteur !

Pour moi, je navigue entre Bernard Collot (Une école du troisième type) et Delphine de Vigan (Les heures souterraines). Étrange cocktail en vérité, mais ces deux ouvrages ont un point commun : ils interrogent mon rapport au monde du travail ! 😄

6e mouvement : Préparatifs (aumentado)


Dans moins de trois semaines, nous fêterons l'anniversaire de Louiselle...

Comme en témoigne l'affiche ci-dessus, qui est encore à compléter selon les envies de la Damoiselle, j'essaie de ne pas mettre l'accent sur le matériel. Cependant, je suis tout de même satisfaite : depuis que je n'offre PLUS RIEN à mes enfants sans occasion particulière, j'ai plein d'idées de cadeaux. Et tout un tas de petits présents s'amoncellent sur mon étagère secrète au fin fond de mon armoire secrète (vous aussi, vous en avez une ?). Bref, je trépigne à l'idée du plaisir que je vais lui faire, et j'ai hâte de vous présenter tout cela. 

Ce que je peux dire d'ores et déjà, c'est qu'il n'y aura pas de jouets - ou si peu... Louiselle n'en a quasiment pas besoin, et n'en réclame d'ailleurs pas (quoiqu'un énième chat en peluche ne serait pas pour lui déplaire...).

7e mouvement : Numération (comodo)

Il faut vraiment que je m'applique à proposer des activités à Lousielle ! C'est classique : en tant que cadette, elle apprend dans l'ombre de son grand frère, dans la foulée, pourrait-on dire.  Et elle sait de ce fait tant de choses, que j'ai parfois l'impression qu'elle n'a pas besoin que je m'enquiquine à concocter des petits exercices.

C'est un tort, bien sûr. D'abord parce que les "activités" (comme disent les enfants) sont chez nous de véritables gourmandises, que les enfants réclament. Ensuite parce qu'en proposer, c'est pour moi une manière de dire à mon enfant : "Je te regarde, et j'ai préparé quelque chose de spécial, juste pour toi, en fonction de ce que tu es capable de faire".

Louiselle ordonne toute seule les chiffres de 0 à 9
et décide d'elle-même de repasser chacun avec les doigts

Je me promets de faire des efforts ! Et aujourd'hui, Louiselle a mis en correspondance des quantités avec leur écriture chiffrée. Exercice classique que son frère a réalisé des centaines de fois et que je ne lui propose quasiment jamais... C'est "facile" pour la Damoiselle qui sait compter bien (bien !) au delà de dix... Mais construire une collection n'est pas simplement dénombrer, et c'est un exercice auquel j'accorde beaucoup d'importance... Est-ce parce qu'il l'a réalisé aussi souvent qu'Antonin a aujourd'hui une connaissance aussi intuitive des nombres et de leurs relations ? Parfois, je le crois.

Louiselle choisit de disposer les kaplas en piles...
Parfois, je me dis que mes enfants sont plus montessoriens que moi ! 😄

Très bonne semaine chez vous !

Ici, les enfants ont décidé de vivre leur rentrée en couleurs, et c'est une surprise à suivre sur Instagram à partir de demain ! 😉

jeudi 21 avril 2016

Ce midi, c'est bar à fruits


Je réalise que je ne vous ai même pas montré la petite marchande bricolée maison que nous avons offert aux enfants à Noël dernier... 

Pour ma décharge :
1) La période de Noël ne fut pas très propice à la rédaction d'articles, 
2) Je n'ai lasuré ce petit meuble que tout récemment, en profitant des beaux jours de vacances au jardin. Le voilà présentable ! 😉


Celles et ceux qui me suivent sur Facebook se souviendront peut-être de mon projet - nous décidâmes ici de suivre peu ou prou le tutoriel de My french childminder.


Dès janvier, j'ai néanmoins été confrontée à un problème de place - éternel problème...

Le ratio entre le temps de jeu et l'encombrement de l'objet n'était pas bon.


Ce qui ne signifie pas que les enfants ne jouent pas avec leur marchande ! Non ! Ils l'aiment au contraire beaucoup - mais je vous préviens, c'est plus drôle quand on est au moins trois. Et il y a des jours "avec" et des jours "sans".

Mais la "petite" marchande, elle, occupe un mètre carré au sol (au bas mot), même les jours "sans"... 

Et un mètre carré, dans une chambre d'enfant, même de taille respectable, c'est autant de place pris au vide - essentiel pour déambuler, danser, sauter, déplacer des trucs, bref : vivre.

Le contenu de la caisse 😄

Après avoir un peu tâtonné, j'ai trouvé : notre marchande sera réservée aux jeux à l'extérieur. Elle se range dans la cabane à outil, et nous la sortons certains jours de beau temps - c'est une rotation comme une autre.

"Mmm... Que choisir ?"

Aujourd'hui, le petit déjeuner, toujours copieux, a été pris tard. J'ai donc autorisé un repas de midi essentiellement composé de fruits, de jus de fruits - et de deux biscuits archi-sains et délicieux achetés pour l'occasion au magasin bio.


Voilà notre petite marchande convertie en bar à fruits... Et les enfants "achètent" leur déjeuner... pendant plus de deux heures... 😄


Et une chose est sûre : c'est beaucoup plus rigolo quand la situation est authentique ! 😊