Pages

mercredi 27 janvier 2016

De la couture à la broderie

Bonjour à tous ! J'espère que les maux de l'hiver vous épargnent, vous et votre famille (sans commentaire...). :-/

Je viens aujourd'hui vous proposer quelques travaux d'aiguilles... Ça vous tente ? ;-)

Les situations suivantes sont toutes très simples et réalisées avec les moyens du bord, et ont été pensées pour de très jeunes enfants dans une logique de progressivité toute montessorienne...

Cependant, si vous êtes un partisan de l'apprentissage" dans la complexité", ça marche aussi. Ces situations variées vont permettre à l'enfant de s'exercer dans différents contextes, avec différents matériaux, différents supports et en vue d'objectifs variés. Il est inutile d'attendre qu'un exercice soit acquis pour proposer le suivant ! Que signifierait d'ailleurs "acquis" dans un tel contexte ?!

D'un exercice à l'autre, l'enfant va construire son geste, l'affiner et le perfectionner... en lien avec ce qu'il a déjà expérimenté et sur lequel il peut revenir. Et d'après ce que j'ai pu constater, il devrait aussi beaucoup s'amuser ! ;-)

1. Passer le fil dessus/dessous



Matériel :
- Un support de Fantacolor.
- Lacets colorés (J'ai utilisé ici ceux de nos Corda Doudou).


Objectifs :
- Comprendre que l'ouvrage, en couture, comporte un "dessus" et un "dessous".
- Construire le geste spécifique : pincer le fil entre le pouce et l'index de la main dominante, tenir la partie à coudre entre le pouce (dessus) et l'index (dessous) avec l'autre main.


But du jeu :
Réaliser un joli dessin libre. Celui que vous voyez ci-dessus a été réalisé à quatre mains, et les enfants en sont très fiers ! ;-)

2. Fixer des objets



Matériel :
- Un support de Fantacolor.
- Divers objets troués : anneaux, grosses perles...
- Lacets colorés (J'ai utilisé ici ceux de nos Corda Doudou).


Objectifs :
-  Coudre. Et comprendre que coudre, c'est joindre deux parties à l'aide de points.
- Trouver comment faire techniquement, et s'exercer.


But du jeu :
Réaliser une œuvre... très Steven Siegel, isn't it ? ;-)

3. Découverte de l'aiguille 



Matériel :
- Formes à lacer (Ici, les Corda Doudou, de Djeco).
- Grosses aiguilles à laine (on peut les choisir en plastique, pour commencer, mais ce n'est pas une obligation).
- Fil à broder.

Attention : Prenez soin de doubler l'aiguillée (voir la première photo de cet article si vous vous demandez de quoi je parle). Au début, l'enfant ne peut gérer le fait d'avoir à maintenir le fil au niveau du chas à chaque fois qu'il réalise un point.


Objectif : 
- Découvrir l'aiguille, son maniement et ses dangers.
- Découvrir le fil à broder, plus souple que les lacets.


But du jeu :
Réaliser de vrais points, en utilisant un matériel authentique, en s'aidant des trous.


... Et Louiselle inventa le surjet ! :-D

4. Points libre sur cercle à broder



Matériel :
- Un cercle à broder.
- De la toile à broder (trame épaisse : 5.5, par exemple).
- Du fil à broder et une aiguille à laine.


Objectif : réaliser ses premiers points dans un contexte authentique... Jouissif !

But du jeu :  produire un "dessin" libre à l'aide de matériaux inhabituels.

Je vous renvoie à cet article, dans lequel je détaillais cette étape, hautement satisfaisante, au moment où je la proposais la première fois à Antonin.


Vous voyez qu'Antonin anticipe à présent le résultat de son action : ci-dessus, il a dessiné... une étoile ! ;-)

5. Coudre des boutons



Matériel :
- Un cercle à broder.
- De la toile à broder (trame épaisse : 5.5, par exemple).
- Du fil à broder et une aiguille à laine.
- De gros boutons et/ou des objets troués divers (anneaux de bois ou de métal, grosses perles...)


Objectif : Coudre un bouton dans un contexte authentique.

But du jeu : Réaliser un dessin de son choix.

6. Suivre un motif
 

Matériel :
- Un support de Fantacolor.
- Lacets colorés (toujours ceux de nos Corda Doudou).
- Un feutre effaçable.


Objectifs :
- Ajouter un motif fait de fil sur un support.
- S'interroger sur la mise en œuvre et élaborer des stratégies : comment suivre une courbe ? Comment régler la taille de son point et pourquoi ?, etc.


But du jeu : Repasser le tracé d'un dessin, lui "donner corps" en quelque sorte.

Voilà ce qu'on appelle la "couture couchée" ! :-D

En amont, j'ai expliqué aux enfants ce que signifiait broder : il s'agit de dessiner à l'aide de fils. Je leur ai demandé ce qu'ils souhaiteraient broder, et il me fut répondu : "Un poisson-chat !" Allons-y pour un poisson-chat... :-)


7. Broder



Matériel :
- Un cercle à broder.
- De la toile à broder (trame épaisse : 5.5, par exemple).
- Du fil à broder et une aiguille à laine.
- Un crayon à papier.
- Un dessin d'enfant.

Objectif :
- Réaliser une broderie dans un contexte authentique et gratifiant.
- S'interroger sur la mise en œuvre et élaborer des stratégies : quelle longueur doit avoir le point pour épouser la ligne ? Où ressortir l'aiguille sur l'endroit du travail ?, etc.

But du jeu : reproduire un de ses dessins sur une toile, qui sera encadrée et offerte à la grand-mère des enfants.


Tout le sel de cette activité consiste à rebondir sur un dessin d'enfant particulièrement réussi - et à l'immortaliser d'une manière originale. Ici, ceux d'entre vous qui me suivent sur Instagram reconnaitront peut-être le poisson-éléphant qu'Antonin réalisa il y a quelques semaines et qui m'avait beaucoup parlé... Je me suis appliquée à le reproduire sur la toile, et le Damoiseau s'exerce à le dessiner à l'aide de (ce qu'il ignore être) un point avant.

Je suis fascinée par les contours et les lignes des dessins d'enfants. Dessiner, d'ailleurs, c'est tracer des lignes, reproduire sur papier les lignes que dessinent les formes des choses dans l'espace. Si vous vous demandez comment dessiner, essayez : placez-vous devant quelque chose et concentrez-vous sur les lignes. Tout est là.

Autant dire que le dessin et la broderie vont main dans la main. La seconde dote le premier d'une texture, d'une souplesse, d'une douceur et d'une solidité qui lui manquaient... La broderie est un dessin-doudou, rien de plus, rien de moins ! ;-)

Et si le sujet vous intéresse, je vous renvoie à mon tableau Pinterest "Travaux d'aiguilles". I hope you enjoy it ! :-)

samedi 23 janvier 2016

"Pot commun" en ligne pour Coralie


Je relaie un peu tard une information qui, je l'espère !, a certainement fait le tour de la toile aujourd'hui... J'étais clouée au lit pour cause de gastro, ce qui explique mon silence de ces derniers jours... ;-)

Vous êtes nombreuses à m'avoir contactée, après mon dernier message à ce sujet, pour avoir l'adresse mail ou postale de Coralie, alias "La Puce" de l’École des Amours... Merci pour cela !

Aujourd'hui, il y a plus simple pour les dons : vous pouvez donner directement en ligne, sans passer par Paypal si cela vous ennuie, et c'est ICI. C'est vraiment simplissime et rapide, les dons peuvent se faire de manière anonyme et vous n'êtes pas obligé de dévoiler le montant versé.

Je n'ai pas trop l'habitude de "défendre des causes" et je ne crois pas être douée pour cela. Mais voilà, cette histoire me frappe en plein cœur, je ne saurais même pas vous dire pourquoi ! Cette famille du bout du monde, je ne la connais seulement pas !

Je songeais cette semaine, en prenant soin de Louiselle alitée - oui, fichue gastro, encore... - à cette souffrance très particulière qu'une mère ressent face à son enfant malade : sentiment d'impuissance, ah ! Si seulement nous pouvions prendre son mal et ainsi l'en débarrasser, nous le ferions sans hésiter, n'est-ce pas ?!

Je me suis alors répété les mots du Papa de Coralie (à lire ICI), et ils m'ont aidée. Un père du bout du monde, qui parle d'une maladie atroce, et qui me réconforte, moi, face à ma petite gastro passagère... Ironie du sort ?

Finalement, c'est ce lien-là que j'ai avec cette famille : l’École des amours a toujours été un lieu sincère, bourré de générosité et de simplicité. Pas d'esthétique sucrée à la mode. L’École des amours ne vend rien - ah, si : de l'amour, plein d'amour. Mais c'est gratuit.

Alors, je sais bien... Je sais bien que je suis en train de vous demander de donner des sous. Et qu'il y a quelque chose en nous qui aimerait faire les choses autrement - l'argent, pouah ! Pas de "ça" entre nous, n'est-ce pas ?

Mais je maintiens qu'au vu des kilomètres qui nous séparent, qu'au vu de la situation de cette famille, c'est vraiment la meilleure façon d'aider. Vous n’êtes pas obligé de donner beaucoup ! Comme l'écrit très justement Euryale ICI : "

"Un euro sera reçu avant tout comme une main sur l’épaule de cette maman."

Il est très important pour moi que cette maman et ce papa sentent des centaines de mains sur leurs épaules en ce moment.

Si mon intervention a pu aider certains hésitants à sauter le pas, je leur adresse un immense merci.

P.S. Je considère le présent article comme "libre de droit" : faites circuler comme bon vous semble ! :-)

mardi 19 janvier 2016

Activités de petite neige


Pourquoi ne jure-t-on que par les bonshommes de neige ? Pourquoi ne fait-on jamais de bonne-femme de neige, ou d'enfant de neige ? C'est vrai, quoi.

Ici, façonner un bonhomme de neige est encore difficile pour mes enfants cette année. Et puis, pour faire un bonhomme, il faut bénéficier d'une neige vraiment abondante, et ce n'est pas toujours le cas...

Ce soir, par exemple, il en restait un peu dans le jardin. Suffisamment pour que l'activité de la fin d'après-midi soit toute trouvée, mais pas assez pour faire un enième bonhomme.

"Et si nous faisions un animal de neige ?, demandè-je aux enfants. Qu'est-ce que vous aimeriez faire, comme animal ?
- Un oiseau !", me fut-il répondu. ;-)


Avec un peu d'imagination, n'importe quel animal peut être modelé dans la neige, et c'est l'occasion de mettre à profit toutes les ressources naturelles trouvées sur place : bâtons, cailloux, herbes givrées... Ici, des gousses de graines d'hibiscus ont servi pour la queue, des feuilles de néflier du Japon figurent les plumes des ailes, une feuille de troène pliée en deux dessine un bec parfait...


... et Louiselle a trouvé deux pâquerettes gelées qui font des yeux très expressifs : "Oh, s'est exclamé Antonin, il a des cils, le pigeon !".

Car notre oiseau est un pigeon... Mais vous l'aviez reconnu, n'est-ce pas ?  ;-)

Ce type de sculptures présentent plusieurs avantages : elles nécessitent peu de neige, se façonnent assez rapidement (il est difficile pour mes enfants de rester concentrés de A à Z pendant la confection d'un bonhomme), stimulent la créativité. On peut facilement les réaliser dans un parc, sur un bout de trottoir ou même un balcon bien exposé. Mais confectionner un oiseau comme celui-ci est encore irréalisable par mes enfants seuls, qui se positionnent alors comme mes petits assistants - alors que je n'aime rien tant, moi, que l'inverse : quand c'est moi qui les suis ! ;-)

Bon, me dis-je, peut-être notre pigeon du jour leur aura-t-il donné des idées pour qu'à la prochaine neige, ils aient envie de développer leurs propres projets et de construire ce qu'ils voudront, un peu comme ils le font avec l'argile ou leurs cubes...


LEURS CUBES ??!! Euréka !

J'avais trouvé l'activité idéale pour mes petits fans de construction ! ;-)

Je réquisitionnais en cuisine un petit récipient en plastique, et montrais rapidement aux enfants comment mouler des briques de neige. C'est le même principe que les pâtés de sable, en plus facile : la neige fait bloc et ne s'effrite pas, et se démoule très aisément.


Les enfants n'ont pas eu l'idée de construire "quelque chose", et je ne leur ai pas soufflé. Ils se sont simplement beaucoup investis à fabriquer ces cubes d'un nouveau genre et à les monter en un petit mur pyramidal...


... complètement fondu à l'heure où j'écris ces lignes ! La nuit s'annonce douce !

Pour moi, je sirote en ce moment une tisane en terminant cet article et contemple la nuit dégoulinante de dégel sereinement : la neige peut fondre, on a bien profité de chacun de ses flocons... ;-)

Vivement la prochaine ! :-)

mardi 12 janvier 2016

La mort, etc.


Oui, il s'agit bien de la photographie d'un petit cadavre de rouge-gorge, découvert par Louiselle au jardin dimanche dernier. Ce ne fut pas une découverte macabre, et je le trouve plutôt pudique, ce petit corps raidi dans la mort... Nous l'avons enterré. Louiselle voulait le faire soigner à l'hôpital, bien sûr, mais on ne peut pas guérir la mort. Bien sûr. Tant pis, l'enterrer fut très amusant aussi.

La mort. Lorsque mes enfants étaient bébés, je me demandais bien comment j'aborderai cette grande question, mais la vie au lent cours m'a tirée de cet embarras. Il fut un temps où mes enfants n'interrogeaient même pas les cadavres d'oiseaux que nous rencontrions ; pour eux, ils étaient comme les cailloux du chemin - que dis-je, bien moins intéressants que les cailloux du chemin !! Plus tard, ils posèrent des questions simples, dont les réponses simples semblèrent les satisfaire - très simplement.

La plus élémentaire de toutes ces questions, celle dont toutes les autres furent longtemps des variantes, était :

"C'est quoi, être mort ?"

Après avoir un instant hésité, je décidais de m'appuyer sur les caractéristiques du vivant pour répondre :

"Être mort, c'est ne plus être vivant. C'est ne plus pouvoir respirer, se nourrir, faire caca, ni avoir des bébés."

Cette définition est toujours la nôtre à ce jour ! :-)

Aujourd'hui, Louiselle, 3 ans et demi, a des mouvements de révolte - principalement à l'idée de la mort de ses parents :

"Moi, je ne veux JAMAIS que tu meures, Maman, jamais, jamais, JAMAIS !"

Ce à quoi je réponds que quand je mourrai (dans très très très longtemps), elle sera elle-même très très très grande, voire très très très vieille, et qu'elle sera prête. Très très très prête : "Tu seras triste, mais tu seras prête." Bien sûr, dans cette histoire, je tais quelques inconnues, les aléas de la vie au lent cours, dont elle intégrera les méandres... quand elle sera prête...

Chez Antonin, 5 ans, le questionnement prend un autre tour :

"Maman, avant de naître, j'étais dans ton ventre? Et avant d'être dans ton ventre, j'étais où ?
- Et bien, en fait, personne ne sait vraiment... C'est un mystère...
- Et après ma mort, j'irai où ?
- On ne sait pas, Antonin, même les adultes se posent ces questions, tu sais...
- Mais qu'est-ce que tu en penses, toi ? 
- Et bien... Certaines personnes pensent que notre esprit reste vivant et quitte notre corps pour aller au ciel, d'autres...
- Mais TOI, qu'est-ce que tu en penses, TOI ?"

Je me concentre quelques instants. Ce qui se conçoit clairement s'énonce clairement, dit-on. Il ne faut pas avoir peur.

"Je pense que la quantité de vie reste toujours la même dans le monde. Je pense que quand on est mort, on n'est plus vivant, on n'est plus soi, mais l'énergie qui servait à notre vie se déplace. Elle va dans la terre, dans les airs... Elle nourrit des végétaux, des animaux, et cette énergie redevient de la vie, mais différente."

Antonin hoche la tête.

"Et toi, qu'est-ce que tu en penses ?
- Moi, me répond-il, je pense qu'après ma mort, je redeviendrai un petit bébé dans le ventre d'une Maman."

Il me regarde et nous nous sourions. Je n'ai jamais eu autant envie de croire à la réincarnation.

Inch'Allah, mon fils, Inch'Allah ! :-)

jeudi 7 janvier 2016

Premières notions d'électricité


Depuis quelque temps, des constructions d'un nouveau genre fleurissent sur le sol de la chambre d'Antonin. Le Damoiseau n'a de cesse que de connecter entre eux les éléments technologiques de récup' qui sont à sa disposition depuis quelques mois dans un panier consacré, et son seul regret est qu'ils ne fonctionnent pas pour de vrai... :


Bon, début décembre, j'ai su qu'il était temps pour moi de mettre sur pied notre première séquence d’électricité, et c'est elle que je viens partager avec vous aujourd'hui.

L'acquisition du matériel :



Trouver du matériel pédagogique quand on souhaite commander en tant que particulier n'est pas toujours aisé, n'est-ce pas ? J'ai cependant trouvé chez Aduis un rayon technologie qui proposait tous les composants que je cherchais. Les prix sont très corrects, la livraison hyper rapide, je garde cette adresse sous le coude ! (Mais si vous en avez d'autres du même type, je prends néanmoins !!).

Voici de quoi se compose aujourd'hui notre kit électrique de base :

- Des fils électriques pince crocodiles : j'en ai acheté 10 chez Aduis, mais hélas le ressort des pinces est trop serré, et elles sont difficiles à ouvrir par les enfants. Heureusement, mon mari en a rapporté un petit lot de son travail... Je ne peux pas acheter aux enseignes pro où sa maison se fournit, et c'est dommage, car il est indéniable que la qualité n'est pas comparable !!

- Des générateurs. Entendez : des piles, tout bêtement. ;-) Elles sont plutôt faciles à dégoter dans le commerce, et peu chères (magasin de bricolage, de jouet, grandes surfaces...). 
Le must-have est la grosse pile plate de 4,5 volts : elle est intéressante parce ses deux pôles sont clairement identifiables (ce sont les deux lamelles en métal qui sortent de son corps) et qu'il est facile d'y accrochez des pinces. 
Mais la pile ronde d'1,5 volts classique s'avère vite nécessaire également... Avec les enfants, procurez-vous un support afin de l'inclure facilement dans les circuits. Aduis en vend (ICI), mais on peut aussi facilement en récupérer sur des appareils usagés : le nôtre provient d'un petit train électrique bas de gamme acheté 3 euros par mon homme (dans un moment d'égarement) et qui n'a tenu que quelques jours entre les mains des enfants. Chez nous, rien ne se perd ! ;-)


- Des ampoules : J'ai acheté 10 ampoules d'1,5 volts chez Aduis, et mon homme a complété ce lot par 2 ampoules de 4, 5 volts (achetées en magasin de bricolage).
Attention : j'y reviendrai mais il est important de distinguer les différents voltages, si vous utilisez deux types d'ampoules. Très simplement, nous avons colorié les verres des ampoules de 4,5 volts au feutre permanent rouge, c'est très beau ! ;-)
Enfin, des douilles me paraissent indispensables dans un premier temps (j'ai achetée celles-ci).

- Un petit moteur. Acheté chez Aduis (ICI), le nôtre n'a pas survécu à la phase "découverte libre du matériel par la manipulation" ! :-D
Les enfants ont cassé un de ses pôles, et ce fut fichu ! Mais dans notre petite locomotive bas de gamme, il y avait aussi un petit moteur, que nous avons récupéré. Ouf !
Je me suis aussi procuré une hélice : indispensable, car à quoi sert-il d'avoir un moteur si on n'a rien à faire fonctionner ?? Le mouvement de l'hélice permet de visualiser la conformité du circuit créé.

- (Facultatifs) : des interrupteurs. J'ai un peu hésité à en acheter, car, dans un premier temps, l'enfant peut ouvrir et fermer seul le circuit pour allumer et éteindre l'ampoule ou le moteur. Mais puisque j'étais en train de passer commande, je n'étais pas à 5 euros près... Je ne regrette pas mon achat au vu du succès qu'ils ont rencontré ! Je précise que j'ai choisi des interrupteurs "basculants" qui permettent de mieux visualiser la notion qu'un interrupteur à pression. Mon interrupteur idéal reste néanmoins à construire (nous le ferons !) :


Et maintenant, le moment que vous attendez tous...

Quelques notions de sécurite ! ;-)


Rassurez-vous, elles sont très restreintes, et cette séquence est réalisable par n'importe quel parent néophyte. Les risques d'électrocution ou d'incendie sont quasiment nuls avec un tel matériel utilisé sous la surveillance d'un adulte. Par contre, le danger d'un court-circuit est bien réel. Il y a donc à la fois un risque de brûlure pour l'utilisateur et un risque d'endommagement des composants.


Hé, reveneeeeeez ! 

En fait, je vous assure, c'est très simple. A ce stade de nos expérimentations, je ne vois que deux règles de base à retenir, que votre enfant va intégrer en quelques secondes chrono (je sais de quoi je parle : je crois que mes enfants en savent plus que moi à ce jour sur ce vaste sujet qu'est l'électricité) :

1. Attention aux branchements. Les pinces croco sont très pratiques et permettent des prises précises. Veillez à ce qu'une pince connectée à un pôle ne soit en contact qu'avec ce pôle et aucun autre élément du composant. C'est un bon exercice pour travailler la motricité fine !

Et j'en profite pour montrer comment on intègre une douille à un circuit, parce qu'il me semble que c'est légèrement contre-intuitif (vous ai-je déjà dit que la science physique et moi avions été fâchées de looongues années ?) :

Voilà, c'est comme ça, en angle droit ! ;-)

(Les autres composants ne causeront pas l'ombre d'une hésitation, ni à vous, ni à votre enfant)

2. Attention aux voltages : si votre enfant branche une ampoule d'1,5 volts sur un générateur de 4,5 volts, l'ampoule va griller. L'énergie qu'elle reçoit, c'est trop elle, elle en meurt ! Cela arrivera (d'où l'intérêt d'avoir plusieurs ampoules en stock) et ce n'est dommageable que pour l'ampoule. C'est même une excellente occasion d'expliquer à votre enfant que les composants se divisent en deux catégories : ceux qu'on utilise avec les "petites" piles, et ceux qu'on utilise avec les "grosses". Sauf quand on branche les composants en série, bien sûr, mais nous y reviendrons... :-)

Et maintenant, le moment que vous attendez tous...

Place à la rigolade !! :-D



Car je dois vous prévenir : cette proposition a sérieusement fait de l'ombre aux cadeaux découverts, quelques jours plus tôt, sous le sapin. Moi qui ai pour principe de ne jamais offrir de matériel pédagogique... Je commence à douter de mes convictions !! :-D

La séquence ci-après se compose, à la manière Reggio, de plusieurs petits défis. Selon l'appétit de votre enfant, vous pouvez les proposer tous le même jour, ou étalez tout ceci sur plusieurs jours. Ne proposez jamais ce matériel sans surveillance de l'adulte. Si votre enfant "sèche", ne lui fournissez pas la réponse, mais relancez la situation par des questions ouvertes (à laquelle il ne peut répondre ni par oui, ni par non... mais les réponses "en acte" sont autorisées !).

Manipulation libre


Paf : on sort tout. On touche. On questionne : "Mais qu'est-ce que c'est ? A quoi cela sert-il ? Comment ça s'appelle ?" On laisse l'enfant produire ses propres définitions et ses propres hypothèses, on fournit les noms les plus scientifiques et précis possibles des différents éléments.

Défi n°1 : circuit simple



Annoncez à votre enfant que vous allez lui proposer un petit jeu. Rangez tout le matériel et ne ressortez QUE les éléments nécessaire à l'exercice.

Attendez-vous à ce que ça flotte un peu. Votre enfant ne va pas se jeter sur les composants en s'écriant : "Je sais !!". La notion de circuit est simple (pour qui la connait) : il s'agit de construire une boucle fermée. Elle est totalement accessible à l'enfant, mais ne sera solide que si vous le laissez la construire.

J'avoue avoir eu un moment de doute en voyant Antonin s'étonner, s'impatienter, essayer d'accrocher la pince crocodile sur tout et n'importe quoi... N'avais-je pas mis la barre trop haut ??

Il l'a fait. Il l'a fait ! Sous les yeux attentifs de sa sœur qui allait exiger de réitérer l'expérience "touuuuute seule !" deux minutes plus tard. ;-)


Bien sûr, j'ai "aidé", c'est-à-dire que j'ai étayé : j'ai rappelé l'objectif quand Antonin essayait de "mordre" la table (ou ses vêtements, ou les cheveux de sa sœur...) dans la pince croco : "Bon, tu veux faire quoi ? Faire fonctionner quoi ? Quel objet peut t'aider ici ?". Ce type de questionnement a suffi pour qu'il produise son premier circuit.


Premier constat (totalement jouissif) : ça maaarche ! L'ampoule s'allume !!!!

Puis on observe de plus près, on décrit : oui, le circuit forme un cercle... TOUT est là. :-)

L'énergie part de la pile, circule dans les fils, et alimente l'ampoule. L'électricité, si elle est invisible, se comporte comme n'importe quel matériau tangible. C'est concret !

Défi n°2 : Circuit simple (bis)


 
Cette invitation est une variante de la première situation. C'est ce qu'on appelle le "réinvestissement" en pédagogie. Si l'enfant a construit un savoir, il doit être capable de le transférer dans un autre contexte. Ici, l'ampoule est donc remplacée par un petit moteur, mais le principe de construction est le même.

Une fois la notion de circuit élaborée par l'enfant, tout risque d'aller très vite. Si vite que pour cette deuxième invitation, j'ai laissé les enfants prélever le nombre de fils dont ils avaient besoin, sans les pré-selectionner pour eux.


Aucun souci. Et ça touuuurne !!!!


Défi n°3 : Introduction de l'interrupteur


Devant l'attrait suscité par les interrupteurs, j'ai décidé de les introduire assez vite. La nouveauté ici est donc de placer un élément supplémentaire dans le circuit - les enfants sauront-ils compter les nombres de fils nécessaires, et respecter le montage "en boucle" des composants ?


La réponse est oui !!
Et quel plaisir d'actionner l'interrupteur... inlassablement...



Défi n°4 : Montage en série



A ce stade de leur investigation, les enfants ont parfaitement compris que les ampoules blanches s'utilisent avec la pile ronde, et les ampoules rouges avec la pile plate. Devant l'invitation ci-dessous, je m'attends à ce qu'ils manifestent de la surprise. Mais Antonin formule la solution avant d'énoncer le problème : "Ah, oui, on peut prendre les "petites" ampoules, parce qu'il y en a plusieurs !". Oui, voilà, l'énergie est "répartie" entre les différentes lampes, elle est divisée d'autant. Ce n'est donc plus 4,5 volt qui parvient à chaque composant, mais 4, 5 divisés par trois. Le Damoiseau n'est pas en mesure de réaliser cette opération, mais il a l'intuition du principe.


Le montage en lui-même ne pose aucun problème. En fait, pour les enfants, plus il y a de composants, plus c'est fun ! Et ils décident même d'ajouter un interrupteur à ma proposition - chouette, cela nécessite un fil de plus !!

"Il est GRANNND, notre circuit !!"

(Si quelqu'un peut m'expliquer, d'ailleurs, pourquoi les lampes montées en série ne s'allument pas toutes avec la même intensité, je veux bien ! Elles le devraient, non ?)
 
Au delà du défi



La boite de matériel est à présent en libre service. Même si la supervision de l'adulte reste nécessaire, les enfants connaissent les règles de sécurité énoncées plus haut, et les appliquent. Leur grand plaisir est de monter un maximum d'ampoules en série avec un maximum d'interrupteurs aussi ! :-D

Pour que les lampes s'allument, il faut donc que TOUS les interrupteurs soient fermés, ce qui suppose de tester un certain nombre de combinaisons avant d'y arriver.

Et quand vraiment ça ne veut pas... Il faut voir Louiselle vérifier chaque connexion en murmurant : "C'est ouvert quelque part, c'est ouvert...." :-D


J'espère de tout cœur que tout ceci vous donnera envie de vous lancez, si tant est que cela vous semble correspondre aux intérêts de votre enfant, car c'est du bonheur garanti sur facture ! ;-)

Et revenez nous racontez si vous essayez, hein ? ;-)