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samedi 26 septembre 2015

Reggio/Montessori chez nous : septembre 2015

Ah, ah, le retour des bons vieux articles "en vrac"... :-)

Que voulez-vous, c'est un crève-cœur de ne pas tenir le journal des apprentissages de mes enfants... Je ne puis m'y résoudre, et j'essaierai donc de revenir, malgré ma pause, faire un petit point tous les mois... Vous n'en attendiez pas moins de moi, n'est-ce pas ? :-D 

Alors, chez nous, en septembre, les activités furent plus montessoriennes que reggianes, plus numériques que langagières, plus "antonesques" que "louiselliennes"... Ainsi c'est ainsi, nous verrons bien de quoi sera fait le mois prochain ! ;-)

Antonin, 4 ans et demi...

... ADDITIONNE :  


Situation d'apprentissage quasi improvisée et très reggianne, s'appuyant sur nos cubes à compter :


Antonin s'est vu offert un cahier de coloriage quelque peu complexe, puisqu'un code couleur est à respecter... qui se présente sous forme d'additions. Devant la difficulté, nous décidons de piocher dans l'atelier le matériel susceptible de nous aider et de concrétiser les opérations à effectuer.


L'addition est matérialisée grâce aux cubes - Antonin choisi librement les couleurs, une par ensemble à traiter. Il les place de part et d'autre d'un signe "+" que j'ai inscrit sur un carton, puis les empile pour dénombrer l'ensemble obtenu. Reste à identifier, sur son cahier, à quel code couleur correspond le résultat.


C'est une belle occasion pour repérer les équivalences...


... et s'entrainer à remplir les zones à colorier de motifs graphiques variés.


...CONÇOIT LA DIZAINE, LA CENTAINE ET LE MILLIER : 


Attention, l'acquisition de ce matériel sur le site Wesco est l'histoire d'un cafouillage !! :-(

Je voulais acquérir le système décimal en bois, bien sûr !, pour au moins deux raisons majeures : 
- D'abord, le bois, c'est sensoriel et les pièces en bois plein présentent des poids proportionnels à la quantité qu'elles représentent : le cubes de 1000 est, si le matériel est bien fait, mille fois plus lourd que le cube unité.
- Ensuite, le bois est neutre. Nous possédons déjà les perles Montessori et reglettes cuisenaires, qui n'utilisent pas le même code couleur. Même si cela ne perturbe absolument pas mon Damoiseau, qui a une capacité d'abstraction musclée, je ne voulais pas multiplier les coloris...

Je devais être fatiguée en passant ma commande, car je me suis trompée... et j'ai reçu le set en plastique creux et coloré, aille ! 

Qu'à cela ne tienne, me direz-vous : on renvoie, on échange, et le tour est joué. Sauf qu'Antonin est tombé sur le colis à peine ouvert et qu'il ne fut ABSOLUMENT PAS QUESTION de renvoyer quoi que ce soit... :-/

J'ai donc ravalé ma déception devant l'enthousiasme de mon fiston, et j'ai procédé à la démonstration classique : on commence avec une unité, une dizaine, une centaine et un cube de mille pour présenter le vocabulaire. Ce fut vite réglé.

Puis, un autre jour, nous jouâmes avec un plateau composé d'une multitude d'éléments de chaque espèce (nommé "3e plateau du système décimal" en pédagogie Montessori) : le matériel est posé sur un tapis, et je demande à Antonin d'aller me chercher tant d'unités, puis tant de dizaines, puis tant de centaines et un millier (hum, nous n'en possédons qu'un !) et de les disposer sur un deuxième tapis, en respectant l'ordre de construction décimale, de droite à gauche. Puis je lis le chiffre, cette fois de gauche à droite (oui, notre système se lit à l'encontre de ce qu'il se construit, finalement !), au grand bonheur du Damoiseau :

"Mille deux cent soixante-dix neuf"

Grand succès auprès d'Antonin qui décide rapidement de matérialiser les équivalences : dix cubes unités forment une barre d'une dizaine, dix dizaines forment une plaque de cent, dix centaines forment un cube de mille. Easy, isn't it ?


La manipulation de ce matériel passionne Antonin, qui ne veut pas s'arrêter : il place devant lui l'ensemble du "3e plateau" et entreprend de compter le nombre d'unités, de dizaines et de centaines. Les lots sont conséquents (surtout pour les unités et les dizaines), il faut donc élaborer une stratégie... Mais laquelle ?


Faire des paquets de dix lui a semblé être une bonne idée. ;-)


Il a fallu que je l'épaule pour compter ensuite de dix en dix, mais le principe est là : Antonin vient de me prouver qu'il a parfaitement compris l'essence de notre système numérique, dit "décimal" parce qu'il fait, justement, des paquets de dix !!!  :-o

... S'INITIE A LA FORMATION DES GRANDS NOMBRES :

Il arrive 9 fois sur 10 qu'Antonin soit fort grognon au réveil. Un des moyens de lui redonner le sourire est bien sûr de lui témoigner un maximum d'attention et de patience : les câlins viennent généralement à bout de sa mauvaise humeur, mais ce qui le déride le plus efficacement, c'est une proposition d'activité. Je crois qu'Antonin y lit mon désir de lui consacrer du temps spécial ; il sait que le "petit travail" est concocté sur mesure, et à travers lui, il sent que j'ai réfléchi à ses centres d'intérêt propres. Mes propositions le grandissent et l'enthousiasment, c'est un plaisir ! :-)

Ce samedi-là, alors que mon Damoiseau boudait dans l'escalier, refusant de descendre pour prendre son petit déjeuner, je le pris donc mes genoux et lui demandait : "Est-ce que tu veux que je t'apprenne à écrire cent et mille ?". Antonin semble s'éveiller d'un mauvais songe, me fait un gros câlin et me répond posément, toute mauvaise humeur envolée : "Mais Maman, je sais déjà. Cent, c'est un un suivi d'un zéro, suivi d'un zéro. Mille, c'est un un suivi d'un zéro, suivi d'un zéro, suivi d'un zéro."


Bon. Je savais bien que j'étais très en retard concernant mes propositions numériques. Depuis le début de l'été, je me dis qu'il faut que je nourrisse Antonin concernant le système décimal, mais le temps m'a manqué...  Alors, cette fois, il faut y aller !

Quelques minutes plus tard, le Damoiseau se retrouve donc face au plateau suivant :


Encore une fois, le déroulé est archi-classique, hormis le fait que c'est Antonin himself qui dispose le matériel sous ma guidance.

(N. B. : les "étiquettes - nombres" viennent de chez Wesco, elles sont très belles !) 


L'exercice ne pose aucun problème à Antonin : je montre un symbole, il me le nomme. A ce stade, d'après la progression Montessori, l'enfant ne connait pas encore les mots-nombres au delà de 9, et doit donc répondre "une dizaine" lorsqu'on lui montre "10", "5 dizaines" lorsqu'on lui montre "50", etc. Chez nous, tous ces savoirs se construisent de front, et Antonin commence à lire certains nombres ronds. Mais je l'incite tout de même à verbaliser la gymnastique mentale correspondant à la manipulation du jour : "30, c'est trente, oui. C'est 3 dizaines."

Il s'agit ensuite d'aller chercher le nombre de petits cubes correspondants, et de les compter - on compte les paquets (3 dizaines, dans mon exemple), bien sûr, pas les unités !! :-)


Cet exercice dérive au bout d'un moment par un autre que s'impose le Damoiseau et qui lui tient très à coeur en ce moment : Compter jusqu'à cent ! Antonin prend appui sur les étiquettes, que je pointe du doigt pour l'aider - il a tendance à sauter les 24, 34, 44, 54,..., ne me demandez pas pourquoi ! :-)

A l'instar de Family&co, je lui ai promis de l'enregistrer le jour où il maitrisera parfaitement ce comptage, il est trèèès motivé ! :-)

Et moi, j'ai la tête comme une pastèque, car, dixit Antonin :"C'est looong de compter jusqu'à cent, hein, Maman ? On recommence ??" :-D

Un autre jour, nous reprenons ce plateau, mais je l'engage à combiner les ordres - dizaines et unités par exemple.


La superposition des étiquettes permet d'obtenir le nombre tel qu'on l'écrit dans notre culture décimale - la méthodologie Montessori la théâtralise en annonçant : "Touuuur de magie !!". L'effet de surprise n'en est plus un pour Antonin qui a déjà beaucoup travaillé la construction du nombre avec son porte-perle, mais le plaisir est sauf ! ;-)


Une fois le principe acquis, plus rien n'arrête l'enfant... A lui de choisir ses étiquettes pour composer les nombres de son choix - le fait qu'il ne puisse pas les lire n'empêche pas l'appréhension de la quantité représentée et la compréhension profonde de la manière dont on l'écrit.


Bien sûr, l'écriture des grands nombres est un savoir complexe, qui se construit dans la durée, sur plusieurs années de pratique ! Mais pour le Damoiseau, les premières graines ont été semées ! :-)

Et à chaque fois que nous sortons ce matériel, Antonin passe un long moment à construire matériellement les équivalences (cent, c'est dix dizaines, etc.) et à s'exercer à compter jusqu'à cent (en dénombrant les petits cubes de la centaine un à un). Période sensible, quand tu nous tiens ! :-)

... APPROFONDIT SA CONNAISSANCE DES NOMBRES DE 10 à 19 :


Parallèlement, l'exploration de la première table de Seguin se poursuit. Antonin sait dénombrer jusqu'à 19 et bien au delà, et il connait bien les symbole de 11 à 19. Mais les lire dans le désordre lui pose encore parfois problème - ah, cette fichue suite irrégulière à l'oral de 11 à 16...


Nous jouons donc à la leçon en trois temps : "Montre-moi 13", "Montre-moi 15"... Antonin me fait jouer aussi ! : "Maman, montre-moi douze !".


C'est une autre manière, encore plus ludique, d'oraliser les nombres lus.

D'autres variantes : Antonin s'entraine à réciter cette suite à l'envers, en pointant chaque écriture, mais à rebours. C'est très drôle ! Ou bien j'écris un nombre sur l'ardoise et je lui montre furtivement : il essaie de le lire le plus vite possible. Il adore !


Archi-simple pour le Damoiseau, mais non moins essentiel, est l'association des symboles et des quantités, qu'il réalise avec ses barrettes de perles et ses cubes numériques.


Il ne s'en lasse pas, et admire longuement le résultat... "Maman, c'est joli, hein ? Est-ce que je peux garder le tapis un peu comme ça ? Je rangerai tout à l'heure..." ;-)



... COMBINE :


La tour rose et l'escalier marron étant durablement boudés malgré mes encouragements, j'ai pris une grande décision.


J'ai téléchargé ces cartes-ci pour relancer l'intérêt... allant ainsi à l'encontre de ma progression idéale, dans laquelle, bien entendu, on laisse l'enfant manipuler longuement et librement et inventer par lui-même la plupart des figures "classiques "(et bien d'autres !).


Je me basais alors sur l'engouement actuel de mes enfants pour les reproductions de modèles en tous genres (puzzles, lego), et... bingo ! :-)

L'exercice a beaucoup plu à Antonin, malgré sa grande difficulté : il s'agit de passer de la manipulation 3D à sa représentation aérienne, ouille ! Voilà un exercice qui gagnerait à être pratiqué régulièrement jusqu'à la fin de la scolarité élémentaire - enseignants d'élèves dyspraxiques, si vous me lisez... ;-)


La figure la plus "affective" est aussi la plus concrète. Et pour représenter l'escargot, Louiselle, qui boude d'ordinaire volontiers mes petites propositions montessoriennes, a rejoint son grand frère avec autant d'enthousiasme que de sens de la structuration spatiale. :-)

Je précise que chez nous, cet exercice ne peut être encore exécuté en autonomie : les enfants ont besoin de mon étayage : "Regarde bien : quel cube faut-il mettre ensuite ? Le plus gros parmi ceux qui restent, oui. Le vois-tu ? Comment faut-il le placer par rapport à la figure ? Es-tu d'accord avec ce que vient de faire ton frère ?", etc. Je le répète : la réalisation de ces modèles est très difficile !!

Et en parlant de la Damoiselle et du matériel sensoriel, Louiselle, 3 ans...

... MANIPULE LE SYSTEME METRIQUE :


Je parle des barres rouges, peintes par les enfants il y a quelque mois - n'allez surtout pas dire que c'est mal fait ! :-D


Ici encore, l'interaction avec son grand frère est motivante pour la Damoiselle - n'est-ce pas là, d'ailleurs, la quintessence de l'organisation des classes montessoriennes ? Les plus grands montrent aux plus petits...


... et les petits sont fiers de se mesurer (au sens propre ! ) aux plus grands ! :-)


Louiselle a nettement progressé dans la manipulation de ce matériel, et parvient désormais à gérer de front l'alignement des bases et le rangement par ordre de taille. Que du bonheur ! :-)

Bonjour, octobre ! ;-)