Pages

mercredi 26 août 2015

(... Blog au ralenti ...)


Je n'ose mettre ce blog "en pause"... car par le passé, mes tentatives se sont souvent soldées par des échecs : c'était plus fort que moi, je craquais !... et finissais par poster un petit article ! ;-)

Néanmoins, soyons lucides : mes enfants sont très jeunes et trépignent dans leurs apprentissages - et ma cadette va bientot vivre sa première rentrée, je me dois d'être attentive !

Cette année, j'aurai également la grande responsabilité d'une trentaine  de 2/3 ans. Je prends cette tâche très à cœur ! ;-)

J'ai un livre à écrire... avec mon âme...

Et un p'tit homme à chouchouter, une maison et un jardin à faire vivre...

**Pause !! ** 

Rassurez-vous :  en janvier, mon manuscrit doit être bouclé, et ma classe sera lancée... Les enfants auront grandi (snif, snif ), et mon mari et moi, sans doute, aussi ? ;-)

Je reviens donc dans 4 mois dernier carat, j'ai hâte ! - mais je ne vous promets pas de ne pas craquer d'ici là...

See you ! ;-)

lundi 24 août 2015

Reggio : mettez-y le prix !

" Plus large est l'éventail des possibles offert aux enfants , 
plus intense sera leur motivation, et plus riches seront leurs expériences."
Loris Malaguzzi.



Pour les parents montessoriens qui découvrent en second lieu la pédagogie Reggio, celle-ci apparait comme une bouffée d'air pur au moins sur un point : le porte-monnaie ! :-)

On le sait, la pédagogie Reggio ne nécessite pas de matériel spécifique, et encourage la récup' en tout genre. Tant mieux, tant mieux, on va économiser nos sous... et puis, tout dépenser en matériel artistique, bien sûr ! :-D

Car c'est l'un des principes les plus connus de la philosophie Reggio : le matériel mis à disposition de l'enfant - et en particulier le matériel plastique - doit être de la plus haute qualité

Et si vous hésitez sérieusement à mettre 15 euros dans une pochette de feutres, pensez aux boites de cylindres colorés auxquelles vous avez su résister (ou dû renoncer...), qui valent le double et qui, même dans le cadre d'un usage intensif, n'auraient pas occupé votre enfant le 100e du temps qu'il va passer à manipuler ces superbes Faber-Castell... ;-)


Mais au fait, pourquoi acheter du matériel d'artiste pour nos enfants et nos élèves ?

Car franchement, vous les avez observés, ces petits démons ? Ils sont capables de réaliser vingt dessins en trois minutes, décrétant qu'il leur faut une feuille neuve après avoir tracé trois traits vagues.  Ils écrasent les mines, perdent les bouchons, mélangent les couleurs de la boite d'aquarelle... Ne peut-on, au moins dans un premier temps, leur proposer des machins "pour enfants" achetés en supermarché ?

Non, on ne peut pas. Car proposer du matériel de choix envoie un message éducatif, qui lui, n'a pas de prix. En proposant des matériaux de qualité à l'enfant, on lui signifie que ce qu'il va en faire est important. Que cela compte pour nous.

Du point de vue de l'enfant, de bon outils l'incitent, par eux-mêmes, à travailler plus précautionneusement, plus lentement. Ils lui apprennent à reprendre un travail délaissé la veille pour le poursuivre, ou à réinterpréter plusieurs fois un sujet qui lui tient à cœur.

Et puis, c'est inévitable : les fausses palettes de fausse gouache ne donnent qu'une couleur sale et falote, les colles de mauvaise qualité ne collent pas, l'encre des feutres bas de gamme tournent, les mines se fatiguent en un temps record. "Tous les enfants sont des artistes", disait Picasso, mais personne ne peut créer avec des matériaux qui ne font pas leur part du boulot, et qui, quant à eux, renvoient clairement le message suivant : "Ce que tu fais est tout juste bon à jeter, de toute façon ça ne tiendra pas dans la durée, et c'est, il faut l'admettre, assez laid".

Un autre argument de poids réside dans le rapport sensoriel de l'utilisateur à ses outils. Ah, oui, nous sommes montessoriens, tout de même ! Quid du plaisir de la couleur vibrante, du pinceau qui glisse sur ce papier au grain léger, de la lame qui tranche avec précision, de l'ébauchoir qui s'enfonce dans la terre fraiche ! Plaisir de tous les sens, auquel, nous le savons, l'enfant est extrêmement réceptif...


Entendons-nous bien : si on propose des outils professionnels à nos enfants, il est exclu de laisser le petit dernier machônner ses pastels Stockmar à deux euros la bête. En Reggio, on accompagne, et ça tombe bien, puisque l'essence de cette pédagogie est là. On transmet notre respect pour ces matériaux de choix, on explique comment les utiliser ("Non, on ne plante pas ce délicat pinceau de soie dans l'argile, il n'est pas fait pour cela ! Si tu veux creuser ce genre de trou, peut-être peux-tu essayer avec ce crochet ou ce tournevis ?"), et comment les ranger. Je peux vous affirmer d'expérience qu'à Noël de leur Petite section (vers 3 ans, donc), tous les enfants sont capables de laver leurs pinceaux et leurs palettes, de reboucher leurs feutres et de tout ranger à sa place. Et dans un cadre domestique, ces compétences peuvent être acquises bien plus tôt si l'adulte  ne se décourage pas ! Le jeune âge d'un enfant n'excuse pas les succédanés. Ne vous dites pas "Il/elle est trop petit(e), j'achèterai cela plus tard" !". La première bonne raison pour vous décider tout de suite, est que ce matériel artistique risque fort de durer très très longtemps - toute la longue enfance de votre enfant, en fait. De plus, les matériaux de qualité sont plus résistants aux petites mains, se laissent plus volontiers détourner au nom de l'art, et se lavent plus facilement - rien n'empêche donc de les proposer dès le premier signe de manifestation d'intérêt de l'enfant pour les arts plastiques !

Bien sûr, on peut parfois ruser un peu : le papier, par exemple, peut tout à fait être de récupération. Cette trame grossière, ces couleurs mates sont tout à fait intéressantes, et le papier d'emballage ne coûte rien. Pensons aussi au "papier machine", peu onéreux, pour les dessins aux feutres ou aux crayons, les découpages variés... C'est le papier idéal pour s’entrainer, mais je suis toujours déçue quand mes enfants, inopinément, réalisent un chef d’œuvre sur ce papier-là !! Bien fait pour moi !! :-(

Car c'est sûr, il est impossible de s'en contenter : le papier épais est nécessaire pour l'aquarelle, le papier à dessin format "raisin" ou le papier en rouleau s'imposent pour les travaux collectifs, le papier Canson permet de travailler la gouache, l'acrylique, le fusain et l'encre... Quelques vraies belles feuilles de papier glacé ou grainé seront de sortie dès que l'enfant manifestera son désir de faire un BEAU dessin. Dans l'idéal, le matériel est à disposition, et on essaie d'inculquer patiemment, jour après jour, le discernement nécessaire : "Que veux-tu faire aujourd'hui ? Beaucoup de dessins rapides, des esquisses, pour t’entrainer ? Prends plutôt ce papier moins cher. Mais si tu as envie de passer beaucoup de temps sur ton travail, d'enrichir encore et encore en vue d'un objectif précis, prends alors une belle feuille comme celle-là.". Parlons avec nos enfants de leurs intentions avant le travail - quand le climat s'y prête, car la plupart du temps, ils sont tant dans l'action qu'il n'est pas possible de discuter !! ;-)

Mais ainsi, petit à petit, l'enfant fait la distinction entre une ébauche, une recherche, ou un réinvestissement des derniers gestes exercés. Et sait alors quel support choisir en conséquence. L'adulte peut aussi, lorsqu'il a observé une phase d'entrainement intensive, proposer une belle feuille de papier pour inviter l'enfant à réaliser une synthèse de tout cela.

"Sirène à oreilles", Antonin, crayons aquarellables Caran d'Arches et Mitsubishi, carnet à dessin Canson 90g, août 2015.

Je termine par mes marques coups de coeur... Je n'ai pas encore tout exploré : chaque boite achetée dure une éternité malgré un usage intensif, et de ce fait, je n'achète pas des matériaux à tour de bras... Bonne nouvelle, non ? Mais qui explique que je suis friande de vos retours d’expérience si vous en avez... :-)

La marque Stabilo est facile à dénicher, et elle est d'un excellent rapport qualité/prix. Tout est bon : les crayons ("Woody", pour les petits), et les feutres : prenez les Cappi pour le coloriage, le point 68 pour le dessin et le point 88 pour la réalisation des détails - c'est mon dernier achat, qui correspond tout à fait à l'intérêt graphique d'Antonin, et ses œuvres en ont été transformées ! De plus, la palette offerte est digne, en variété et en délicatesse, d'une troisième boite de couleurs Montessori, je ne vous dis que cela !! ;-)

Je n'ai acheté qu'une boite de pastels à l'huile - qui, je pense, va durer encore quelques années ! Il s'agit de la marque Pentel, chez qui j'achète également nos pinceaux à eau pour l'aquarelle. Excellent rapport qualité/prix, rien à redire !

Pour les crayons de couleurs, nous utilisons ici des Caran d'Aches (Swisscolor). Moins vibrants, mais bien moins chers, les Conté restent très honorables. Le critère de choix pour ces outils est qu'ils permettent les estompes et les dégradés. C'est la moindre des choses, sinon, autant prendre des feutres, hein ? :-)

Pour le papier, Canson propose des rouleaux à 3 euros les 5 mètres. C'est plus cher qu'Ikéa, mais ce n'est pas comparable. M'enfin franchement, acheter son matériel d'art en même temps que son canapé, c'est un peu louche, non ? :-D
Canson reste la marque incontestée, facile à dégoter et pas trop cher, pour tous les projets spécifiques - papier de couleurs en tête.

Pour l'aquarelle... Nous utilisons depuis des années deux petits coffrets, achetés avant la naissance des enfants, de la marque Winsor Newton (dont celle-ci, excellent rapport qualité/prix !). J'ai presque hâte de les terminer, malgré leur qualité, pour tester d'autres produits... Mais ce n'est pas demain la veille, comme on dit ! :-D

Pour les ciseaux, chez nous, on est fidèle à Maped. Ca fait "Tchlack ! Tchlack !" à chaque mouvement (plaisir sensoriel, vous dis-je !!) et... ça coupe. Bien.

La pâte à modeler est toujours faite maison, l'argile ne nous a jamais déçus - ne me demandez pas la marque, je crois bien que j'achète la moins chère, à 5 euros le gros pâton de 5 kilos.

Je teste les colles écologiques à tour de bras - la dernière en date : Tessa, mais la liste des ingrédients me laisse un peu sceptique. D'autres idées ?

Pour la gouache, je suis fidèle à Giotto, même si je crois que je vais tester d'autres marques bientôt - mais encore un fois, d'ici qu'on ait vidé les bidons... l'eau - enfin, la peinture... - aura coulé sous les ponts !

Et vous, quels sont vos coups de cœurs ? :-)

dimanche 16 août 2015

Sciences concrètes pour jeunes chercheurs

Vous connaissez ma position : en sciences, comme dans les autres domaines d'apprentissage d'ailleurs, l'adulte n'a pas à choisir les thématiques et à les proposer pré-construites aux jeunes enfants - il lui suffit de mettre à disposition un matériel attrayant. L'enfant fait ensuite ses propres découvertes, avec l'assistance de l'adulte qui s'emploie à ce que les expériences menées élargissent sa connaissance et sa compréhension du monde... Easy, isn't it ? ;-)

 

L'article d'aujourd'hui est une synthèse des thèmes favoris des tout-petits, et est divisé en plusieurs chapitres : l'étude de la vie des animaux, des plantes et des êtres humains ; celle de l'air, de l'eau, du sable et de la terre ; et l'étude physique du magnétisme et des dispositifs mécaniques simples. L'objectif n'est pas de proposer une programmation exhaustive, mais de constituer une réserve d'idées dans laquelle piocher pour rebondir sur la question scientifique inopinée...

(Dernières en date chez nous :
Louiselle, 3 ans : "Maman, pourquoi, quand j'ai la tête sous l'eau, je n'entends plus ce que tu dis ?"
Antonin, 4 ans et demi :
"Bon, les nombres ne s'arrêtent jamais... Est-ce qu'il y a autre chose qui ne s'arrête jamais ? Maman, est-ce que le ciel ne s'arrête jamais ?"
Réponse de la mère absolument au taquet - moi ! : "MghffgdtAAAAArg....?" :-D )

Les suggestions ci-dessous sont toujours très ouvertes (oui, c'est à vous de faire le boulot, en fonction de votre enfant - ou de vos élèves...!!), simples, ludiques, s'appuient sur ce que l'enfant, même très petit, peut connaitre seul, et proposent des chalenges pour piquer la curiosité des jeunes chercheurs et les inviter à aller plus loin. Bref, il y en a pour tous les goûts et tous les âges, et j'espère que cette petite synthèse vous sera utile comme à moi ! :-)

SCIENCES DE LA VIE : ANIMAUX, VÉGÉTAUX, ÊTRES HUMAINS

LES ANIMAUX

Cf. ICI

Privilégions les expériences directes - les cartes de nomenclature, c'est bien, mais ça ne suppléera jamais au contact régulier avec les bestioles de tous poils. Promenons-nous en famille pour aller nourrir les chevaux du voisin ou traquer les lézards. Programmons des sorties dans les zoos, les fermes et les centres d'élevage - il en existe même de gratuits ! Si vous avez un animal familier, laissez l'enfant s'en occuper, en aménageant les choses si nécessaire. Par exemple, chez nous, nous achetons les croquettes du chat par sacs de plusieurs kilos, mais remplissons régulièrement une boite légère - type Tupperware - pour que les enfants puissent remplir la gamelle tout seuls. Notre chat n'a jamais faim ! :-D Discutons en famille des besoins de notre animal de compagnie, et de la responsabilité que nous partageons tous à son égard. 
Les aquariums et les terrariums s'appliquent à reproduire l'habitat naturel. C'est passionnant en soi de dégager les caractéristiques d'un milieu et d'essayer de les restituer... Et puis, ce sont d’extraordinaires supports d'observation. Approchons-nous de l'enfant qui observe et engageons la conversation pour l'aider à mettre en mots ce qu'il perçoit du monde animal : "Tu regardes ce poisson noir ? Il nage. Grâce à quoi ? Il nage vite ? Comment expliquer cela ? Est-ce que les poissons peuvent nager à reculons ? As-tu déjà vu cela ?"
Les jeunes enfants sont souvent intrigués et touchés par les bébés animaux. Ensemble, essayons d'établir à quoi un bébé animal ressemble et ce qu'il est capable de faire. Est-ce que ses parents le nourrissent, le protègent, l'enseignent ? Essayons de mesurer et d'illustrer leur croissance par des moyens variés...
Observer et imiter le mouvements des animaux est souvent prisé. Rebondissons sur cet intérêt pour proposer des danse, mimes, ou mises en scènes variées.
Comparons : quels sont points communs et les divergences entre cet animal et l'homme ? Trions des images : les animaux à fourrure, à plumes, à peau ou à écailles... Qui a des moustaches, qui a des dents ? Ces comparaisons sont capitales pour comprendre, ensuite, la classification des animaux.

LES PLANTES

Cf. ICI
C'est une activité classique, mais oh combien capitale ! Elle apporte une profonde satisfaction à quiconque l'accomplit, et procure un sentiment de responsabilité et de compétence. Très simplement, les enfants apprennent ainsi à identifier les besoins de la plante (air, lumière, eau, nutriments), et vivent les conséquences qui découlent d'un de ces manques fondamentaux.
Bien sûr, il faut observer les plantes dans leur milieu naturel... C'est la condition de possibilité d'un vrai savoir. Commençons par les classiques : observons et photographons la croissance de l'herbe (c'est assez spectaculaire !) dans les pelouses, les près, ou les fissures du trottoir. Entamons une collection de feuilles mortes, dont nous réalisons un "herbier". Choisissons un arbre-ami à qui nous rendons visite régulièrement et chez qui nous observons les changements, saison après saison. Plantons un jeune arbre dans notre jardin ou dans la cour de l'école pour observer sa croissance au fil des ans. Lançons un jardin : plantons des bulbes en automne, et des graines de fleurs au printemps. Profitons de ces temps de partage intense pour instiller chez l'enfant notre propre respect de l'environnement et nourrir son émerveillement.
Collectionnons et trions les graines récoltées dans la nature. Prélevons les graines des fruits et légumes que nous mangeons, et observons leurs différences et leurs similitudes. Quelles sont les graines que nous consommons (tournesol, lin, sésame...) ? Mettons en paire les graines avec les photos des aliments dont elles proviennent. Ensemble, partons à la recherche du fruit qui contient le plus de graines. Les fruits de la même espèce ont-ils tous le même nombre de graines ? Observons le chemin réalisé par la graine et ses moyens de locomotion (l'eau, le vent, les animaux...).
Aidons les enfants à comprendre que le même type de graines donne toujours naissance au même type de plantes. Prenons soin des "bébés plantes" cachés dans les graines. Faisons tremper des graines de haricots Lima toute une nuit, puis ouvrons-les délicatement, pour découvrir l'embryon de plante enroulé à l'intérieur. Plantons des haricots, en essayant différents substrats : sable, terre et eau. Faisons germer des haricots dans du sopalin humide, du papier buvard, du coton ou du tissu éponge, afin que les enfants puissent observer à la fois le developement du germe et celui des racines.
Faisons un bouquet en coupant les tiges d'une plante d'intérieur et comparons sa vie dans la terre et dans l'eau. Coupons le "chapeau" des carottes, des oignons et des ananas, et faisons les revivre dans une bassine de cailloux contenant un fond d'eau. Prélevons des morceaux de racines traçantes, comme la menthe, pour la replanter en pots.

L'ANATOMIE

Cf. ICI

  • Mon extérieur : 
Vient un âge où les enfants comprennent que leur peau protège l'intérieur de leur corps et empêche le sang de se répandre. Ils essaient de comprendre les différences de couleurs de peaux, et demandent pourquoi leur peau change de couleur au soleil. Nous pouvons, à ce stade, leur faire observer que leur peau est absorbante : on applique une huile dans une paume, et une lotion dans l'autre, et on compare le ressenti. Comment est-ce, au toucher, quelques instants plus trad ? Où sont passés les produits ?
Les enfants s'intéressent de près à leurs petites (ou grandes !) blessures - coupures, éraflures, bosses et bleus... Laissons-les nous assister quand nous soignons un autre enfant. Observons ensemble les différents stades de la cicatrice, qui témoignent de la capacité du corps à se réparer tout seul. Dialoguons de nos sentiments et de nos peurs relatifs à ce phénomène, et de la manière dont on peut conserver son corps en bonne santé. 
Les cheveux, enfin, peuvent être un objet de fascination. Si nos enfants aiment toucher les cheveux les autres, amenons-les à comparer les textures et les couleurs, et à accepter l'idée que chacun est - pour le meilleur ! - unique. On peut aussi comparer les cheveux humains aux fourrures des animaux familiers. Observons la diversité de couleurs et de textures des pelages, et discutons de leur utilité dans la nature.
Les enfants aiment tâter leurs os à travers leur corps, et comparer ce qu'ils sentent avec des images ou des modèles réduits de squelette. Concentrons-nous sur les articulations pour réaliser des danses rigolotes. Explorons les différentes possibilités de nos jointures - qui se plient dans certains sens, mais pas dans d'autres : "Ton poignet peut bouger de combien de manière différentes ? Et tes genoux ?".
Les dents sont un autres sujet d'émerveillement, particulièrement à l'âge où on les perd. Les brochures glanées chez le dentiste, ou les mâchoires géantes en plastique, sont alors tout à fait intéressantes à observer.
Les jeunes enfants sont conscient de leur force de bonne heure, et ils aiment gonfler leurs biceps. Aidons-les à percevoir que les muscles sont innombrables, et que chacun d'eux remplit une fonction précise.  Invitons-les à expérimenter : "Que font les muscles des doigts ? Quels muscles utilises-tu pour pousser, soulever, porter, sauter... ? Sens-tu tes muscles bouger lorsque tu mâches ?"...
Les enfants adorent être mesurés et observer leur propre croissance. On peut reporter les mesures de chacun sur un graphique personnel qui permet de visualiser les "pics" de croissance. Les conversations décrivant tous les changements que l'enfant a vécu depuis sa naissance sont également d'un grand intérêt - ainsi que l'énumération de tout ce qu'on ne savait pas faire avant et qu'on maitrise à présent ! Observons avec l'enfant des photos de lui quand il était bébé, décrivons des images, invitons les bébés de nos amis au même titre que les petits copains du même âge : les interactions sont tout aussi passionnantes !


SCIENCES DE LA TERRE : AIR, EAU, SABLE ET TERRE

L'AIR


Les jeux de plein air permettent de faire l'expérience de l'air assez facilement, en particulier s'il y a du vent. Montrons aux enfants comment imiter un mouvement d'ailes avec nos bras à l'horizontale pour sentir la résistance de l'air qui se froisse, comment aspirer l'air pour en remplir nos joues, notre poitrine ou notre estomac, comment expirer en prêtant l'oreille au bruit de l'air qui quitte notre corps...
Utilisons une pipette ou une poire en caoutchouc pour chercher comment faire bouger l'air. Laissons les enfants manipuler ces outils, et "asperger" d'air leurs mains, leurs joues... Que ressentent-ils ? D'où pensent-ils que l'air provient ? Essayons d'injecter de l'air dans de l'eau. Que se passe--il ? d'où viennent les bulles ?
  • L'air peut déplacer des objet :
Expérimentons la capacité de l'air à déplacer des objets légers, comme les balles de ping-pong, des plumes, des chutes de papier de soie... Soufflons dessus avec notre bouche ou à travers des pailles... soufflons sur des moulins à vent. Questionnons : pourquoi ces objets bougent-ils ? Quelle méthode marche le mieux ?

L'EAU


Encourageons les expériences en proposant un large panel de contenants, de toutes tailles et de toutes formes, avec leur couvercles. Ajoutons quelques gouttes de colorant alimentaire dans l'eau manipulée, cela permet au jeune enfant de mieux la visualiser, et cela rend l'activité plus attractive. Proposons des outils pour injecter, pulvériser... : poire, compte-gouttes, vaporisateur rechargeable... Ajoutons des entonnoirs et des tubes, de façon à ce que l'enfant puisse combiner les éléments entre eux et construire son propre circuit à eau.
Aidons nos enfants à comprendre que l'eau peut revêtir différentes formes, très distinctes sensoriellement.
Pulvérisons une brume d'eau fine, à l'aide d'un brumisateur. Faisons le lien avec le brouillard, que les enfants peuvent observer et dont ils sentent l'humidité dans leur corps. Faisons bouillir de l'eau, idéalement dans une casserole en verre transparent, et laissons l'enfant observer le phénomène (en toute sécurité, bien sûr !). Voit-il le niveau de l'eau baisser ? Parlons de la vapeur, recueillons l'eau dont elle est formée sur une assiette froide. Expliquons que les gouttelettes d'eau constituant la vapeur sont si petites, qu'on ne peut les voir à l’œil nu. Relions tout cela à ce que l'enfant a pu observer de l'évaporation...
Un jour de pluie, sortons pour observer.  Que sent-on, que voit-on, qu'entend-on ? Le son de la pluie diffère-t-il selon les surfaces ? Un jour d'hiver, laissons tomber quelques flocons de neige sur un tissu noir et observons-les à l'aide d'une loupe. Faisons le lien avec le brouillard : la neige est composée d'eau sous une forme différente. Invitons l'enfant à souffler sur une vitre glacée pour observer la condensation. Prélevons un morceau de glace lorsque vous dégivrons le congélateur et scrutons-le à la loupe.
Laissons les enfants nous dire tout ce qu'ils savent sur la glace - ils en savent généralement beaucoup. Fabriquons de la glace ensemble pour confirmer ou infirmer leurs théories, et laissons-la ensuite fondre et redevenir de l'eau...
  • Coule ou flotte ?
Les enfants observent ces propriétés depuis qu'ils sont en âge de manipuler leurs jouets de bain. Aidons-les à mettre en mots ce qu'il savent et à mener l'investigation un peu plus loin. Asseyons-nous au bord de la baignoire pendant qu'ils jouent. Lorsque l'occasion se présente, posons des questions et attirons leur attention sur leurs découvertes : "Regarde, cet objet tourne sur lui-même ! Je me demande quel autre objet pourrait faire la même chose... Qu'en penses-tu ?". Proposons un panel de bateaux, et engageons l'enfant à remarquer s'ils flottent tous de la même manière. Comment faire si nous voulons les couler ?

LE SABLE ET LA TERRE

Cf. ICI

  • Qu'est-ce que la terre ?
Aménageons une aire d'exploration, à l'extérieur, avec des outils et des ustensiles, pour que l'enfant puisse creuser. Observons leur exploration et aidons-les à mettre des mots sur les textures, les couleurs et les parfums. Qu'est-ce que la terre, de quoi est-elle faite ? Tiens, nous y découvrons des morceaux de végétaux décomposés... Pourquoi ?  Que trouve-t-on aussi dans la terre ?
Jouer avec du terreau est également une activité intéressante. En quoi diffère-t-il de la terre du jardin ?
Enfin, faisons notre propre compost, c'est simplissime (même sans jardin !) et gratifiant ! :-)
Observons le bac à sable à la loupe. Que voyons-nous ? Aidons les enfants à identifier les particules de pierre, de coquillage, voire de corail... proposons des sables de couleurs et de textures variées pour induire les comparaisons. Touchons du sable sec, et celui que nous avons mouillé. Quelle différences ? Que se passe-t-il si nous essayons de les transvaser ? Quel sable choisir pour élaborer une construction ?
C'est universel : là où les adultes ne voient qu'un cailloux sale et grossier, les enfants voient un trésor sans nom - et ce sont eux qui ont raison. Collectionnons avec ardeur, aménageons un mini-musée. Ensemble, remarquons l'incroyable diversité de formes, de textures, et de couleurs. Cherchons de petits morceaux de pierre dans le sol pour amener les enfants à comprendre qu'une part de la terre vient de roches concassées. Invitons-les à les trier par tailles, textures, formes ou couleurs.
Lors d'un séjour en bord de mer, récoltons une collection de coquillages pour que les enfants puissent les manipuler, les mettre en paire et les identifier. Dialoguons autour du fait que les coquilles se cassent en petits morceaux sous l'action de le marée, et constituent une partie du sable. Observons que de petits animaux vivent dans les coquilles, qu'ils utilisent comme protection de leur vivant.

SCIENCES PHYSIQUES ET TECHNOLOGIQUES

LE MAGNÉTISME
 
Cf. ICI


La plupart des enfants sont fascinés par l'énergie magnétique invisible. Parfois, deux aimants se collent l'un contre l'autre et sont alors très difficiles à détacher ; d'autres fois, ils se rejettent mutuellement avec une force que rien ne peut contraindre. Lorsque l'être humain exerce sa propre force pour joindre de tels éléments, il expérimente celle du champs magnétique - qui le dépasse.
Commençons par proposer une exploration libre d'aimants de tailles et de formes variées. Ne proposons que des aimants, de manière à ce que l'enfant puisse expérimenter ces forces d'attraction/répulsion. Aidons-le à verbaliser ses expériences, et à évoquer d'autres situations de ce type (l'utilisation de sa propre force pour pousser/tirer, ou le fonctionnement de machines familières - essoreuses à salade, levier, poulie...). L'objectif est d'accéder  la notion d'énergie - non, ce n'est pas facile, mais je trouve que les enfants y parviennent, en général, mieux que moi ! :-)
  • Les aimants :
Proposons cette fois des aimants variés avec de petits matériaux magnétiques : trombone, capsules de canette... Invitons l'enfant à comparer le pouvoir d'attraction des aimants, et à parvenir à la conclusion que certains sont plus puissants que d'autres. Ils découvrirons peut-être aussi que la force des aimants peut s'additionner, ou se transmettre...
Lorsque les enfants sont familiarisés avec le phénomène du magnétisme, proposons-leur un assortiment d'objets en métal, en bois, en tissu, ficelle, plastique... Laissons-les manipuler tout cela librement. Proposons des paniers "MAGNÉTIQUE" et "AMAGNÉTIQUE" agrémentés d'étiquettes explicites pour induire un tri entre les objet qui sont attirés par l'aimant et ceux qui ne le sont pas. Invitons les plus grands à formuler des prédictions, et à trier sans aimant pour vérifier dans un second temps.

PREMIÈRES MACHINES

Cf. ICI

  • Leviers :
Les trébuchets et autres "tape-culs" offrent une leçon parfaite de la manière dont les leviers fonctionnent. Antonin et Louiselle en ont une chez leur Mamayou, et je l'ai constaté : en jouant, ils évoquent la manière dont le mouvement de bascule altère leur poids ; l'éloignement par rapport au socle (point d'appui) joue également un grand rôle qu'ils expérimentent dans leurs corps. Plus simplement encore, offrons aux enfants un maximum d'opportunités de soulever de la terre à l'aide d'une pelle : ils apprennent ainsi que plus la charge à soulever est lourde, plus il leur faut exercer de force sur le manche. Pensons aussi aux balances à plateaux (on peut même les fabriquer soi-même !).
  • Balançoires :
Laissons les enfants se balancer !... C'est le principe du pendule : quelle énergie doivent-ils exercer, et quel angle doivent-ils suivre pour monter plus haut ? Une autre expérience capitale réside dans le fait qu'il est difficile de s'arrêter une fois lancé... ;-)
  • Rampes :
Vive les toboggans, vive les circuits ! Ils permettent à l'enfant de découvrir  que l'inclination et la poussée sont capitales pour obtenir telle vitesse.
  • Poulies :
Il est facile d'installer une poulie à partir d'un simple fil à linge - à l'intérieur ou à l'extérieur. L'enfant comprend rapidement qu'il peut, grâce à elle, soulever des poids plus facilement qu'il ne le ferait à bout de bras. Proposons un petit panier à attacher pour transporter de petits objets d'un bout à l'autre du jardin ou de la maison. Invitons l'enfant à charger, hisser et vider des seaux de sable ou de terre.
  • Roues :
La roue... la plus grande invention de l'humanité ! On le comprend facilement en observant le plus simple des rouages - qui initie déjà l'intelligence à des machineries plus complexes. N'hésitons pas à observer, voire à démonter les bonnes vieilles essoreuses à salade, ou tout autre mécanisme de ce type, de façon à ce que l'enfant puisse observer les engrenages. Récupérons les rouages des jouets cassés pour monter de magnifiques "invitations à inventer". Ensemble, observons de près la manière dont les tricycles et autres jouets à roues fonctionnent. Parlons de leur pouvoir de traction et de la manière dont leurs éléments interagissent.
  • Un atelier à inventer :
Mettons de côté les appareils défectueux, récupérons les composants qui ne comportent aucun risque pour l'enfant et proposons-les, avec des outils authentiques mais taille enfant, sur un établis bas. C'est en jouant à "faire semblant" que nos enfants font encore les plus incroyables découvertes ! ;-)

Enfin, n'oublions jamais que ces invitations doivent être dépourvues de tous éléments dangereux... et que ces pistes ne font qu'effleurer la partie visible d'iceberg des investigations scientifiques que NOUS mènerons avec NOTRE enfant...

Enjoy ! ;-)

jeudi 13 août 2015

Images séquentielles '1, 2, 3 Montessori' : le verdict !


Roulements de tambour ! ;-)

Mon homme a rendu son verdict, et a choisi ses trois coups de cœur parmi tous vos mots d'enfant ! Il fallait le voir lire et relire vos commentaires en suant sur sa tablette : "Oh, c'est duuur ! C'est trop duuur de choisir !!" :-)

Le plus époustouvant :

Le fils de Lilune a 10 mois et il ne parle pas encore - du moins, pas avec sa bouche... ;-)
Il regarde la jaquette d'un livre avec sa Maman et lui montre le portrait en 4e de couverture. Lilune  explique :
" Ça, c'est l'auteur, le monsieur qui a écrit le livre". 
Son fils la regarde avec des yeux ronds d'incompréhension et... signe "HAUTEUR ??" en tendant un bras vers le haut. 
Voilà ce que c'est, d'avoir un lexique de fou alors qu'on ne parle pas encore ! ;-)

Le plus poétique :

La fille de Pluied'étoiles, 3 ans et demi, redécouvre un collier coincé dans le canapé :
" Oh, regarde mes perles, Maman, comme elles brillent ! 
C'est ça, la musique du soleil, c'est aussi de l'eau ... "

Le plus généreux :

Elliot, le fils de Mélanie, a deux ans et demi, et déjà un certain sens du sacrifice :
"Aie ça gratte ! 
Elliot veut pas les petits points rouges, les petits piques des moustiques c'est pas pour Elliot, 
c'est pour Papa et Maman ! " 
 :-D 

BRAVO aux trois gagnantes, j'espère que les cartes plairont à vos enfants !
Écrivez-moi un petit mot sur ouestucoquelipop@gmail.com 
afin que je vous mette en relation avec le site 1, 2, 3 Montessori ! :-)

mercredi 12 août 2015

Des attentes

Je dédie cet article à mes lectrices Facebook qui m'ont aidée, un soir de brume, à clarifier tout cela... Merci ! :-)

Mon métier de Maman m'apprend beaucoup de choses sur mon métier d'enseignante - bien plus que l'inverse, le croyez-vous ? ;-)

Je suis d'ailleurs une enseignante assez maternelle - du genre de celles qui ne ferment pas l’œil de la nuit parce que le petit Paul ne comprend pas le principe opératoire de la multiplication avec plusieurs chiffres au multiplicateur. Je veux toujours faire au mieux pour mes élèves, je veux faire tout bien comme il faut, mais je réalise en ce moment que ce perfectionnisme est une manière de nier les enfants que j'ai en face de moi dans leur individualité - et encore une fois, je dois cette révélation aux quatre ans et demi passés avec mes enfants...


Lorsque ma fille décrète qu'elle touchera le ciel un jour, je n'ai aucune raison de ne pas la croire. Mieux, si je ne comprends pas bien ce qu'elle veut dire, je sens dans ses propos une force de vie et une soif d'apprendre qui me pétrifient de respect. Et qui est vivante chez tous les enfants que je rencontre - bien que souvent occultée.

Grandir sans limite, c'est grandir sans attente.

Une attente ("Un élève de CE2 doit comprendre le principe opératoire de la multiplication avec plusieurs chiffres au multiplicateur") limite. Une attente, même pétrie de bonne intention ("Je veux que cet élève s'améliore.", "Je veux que mon enfant passe un bac S.") limite. Un enfant dont on attend quelque chose - même le meilleur - ne pourra jamais donner le meilleur.

Nos souhaits inhibent. Je souhaite à toute force que mon enfant soit musicien ? C'est intéressant. Pourquoi ? Parce que je trouve les musiciens séduisants ? Parce que je le suis moi-même ou parce que je n'ai jamais réussi à le devenir ? Il y a 90 % de chances que mon désir empêche mon enfant de devenir le sportif ou le menuisier qu'il rêvait d'être (souvent confusément, voire inconsciemment, tant on s'applique à coller aux attentes parentales...). A dire vrai, il y a 90 % de chances qu'il ne soit pas musicien non plus, ou qu'il décide de tout plaquer après 10 ans d'études acharnées.

Un enfant n'est pas un futur étudiant ou un travailleur en devenir que nous pouvons fantasmer. C'est un apprenant actuel, un chercheur de l'instant présent, doublé d'un révolutionnaire. 


Nous avons été formés, dans notre métier, pour nier tout cela. Nous avons appris à fabriquer des programmations, des progressions, des fiches de séquences, des fiches de séances, qui, toutes, se rédigent dans un même vocable - clinique et désincarné - que reprendra l'évaluation finale. Histoire d'avoir l'impression que la boucle est bouclée est que toute cette énergie (car il nous en coûte !!!) sert à quelque chose.

Je VOIS mes enfants, et je VOIS mes élèves. Et puis je VOIS les livrets d'évaluation qu'il est de mon devoir professionnel de remplir, et je pleure

Pas trop longtemps, allons ! ;-)

Voici mes deux petits pas pour l'année scolaire à venir :

1. Pas d'évaluations sommatives ( les contrôles notés, cela fait bien longtemps que j'y ai renoncé), mais il va bien falloir que je mène des évaluations formatives - évaluer est un devoir professionnel. 

Question à 1000 euros : pourquoi le parent sait-il toujours mieux que l'enseignant où en est l'enfant ? On ne passe pourtant jamais aucune évaluation, à la maison... ;-)

L'année prochaine, je veux dégager du temps, chaque jour, pour ralentir et être pleinement présente à mes élèves. Pour suivre des projets qui n'étaient pas inscrits sur ma fiche de prép', mais s'invitent à l'improviste. Pour rebondir sur une question inattendue, un centre d'intérêt naissant. Pour laisser l'enfant déambuler, voire s'ennuyer un tantinet - le nombre d'idées de génie qui naissent de l'ennui ! 

Ce n'est pas si facile que cela en à l'air, et cela va à l'encontre de tout le contrôle qu'on nous a appris à avoir sur les choses. La "maitresse" a peur de perdre sa classe, que les choses dégénèrent... Mais en tant que Maman, je me suis exercée à être présente et à suivre l'enfant, et j'ai maintenant quelques outils : l'écoute réelle, et la conviction que ce qui passionne l'enfant en ce moment est le plus beau sujet d'apprentissage possible.

Évidemment, la perspective de laisser des trous, nécessaires au vagabondage de l'esprit, dans mon cahier journal remplit de terreur la bonne élève que je suis. Mais j'ai confiance !! :-)

2. Je reformule. 

Imaginez cinq minutes : vous êtes parent depuis trois ans, et parent d'élève depuis trois mois. Vers Noël, un livret de plusieurs pages vous est remis, qui porte en gros le label d'EVALUATION. Vous êtes un peu surpris (oui, votre petit est vraiment petit...), mais vous faites confiance, n'est-ce pas ?

Et là, vous lisez le premier item :"Agir, s'exprimer, comprendre à travers les activités artistiques :
Choisir différents outils, médiums, supports en fonction d'un projet ou d'une consigne et les utiliser en adaptant son geste : En cours d'acquisition".
 

Il y a de quoi perdre le souffle, d'ailleurs vous l'avez perdu. Et dire qu'il y a, au premier trimestre de Petite section, des dizaines de formulations de ce genre qui s'enchainent sans espace !!

Je crois qu'à force de tremper dedans, nous, les enseignants, oublions à quel point un tel discours est VIOLENT

L'année prochaine, c'est décidé, je recours aux bulletins "à l'ancienne" : de grandes cases aérées, modestement intitulées ("Art", "Langage", "Sciences"...) et remplies à la main et en conscience : "ART : Paul a découvert beaucoup d'outils ce trimestre et affiche une préférence marquée pour la peinture. Il n'a pas encore choisi quelle main il préférait pour travailler, et exerce les deux indifféremment. Il s'initie au coloriage et a toujours beaucoup à dire sur ses dessins. Bravo !"

Le livret d'évaluation ? On le réserve aux collègues de l'année prochaine (qui de toute façon ne le liront pas...).

Allez, cette année à venir sera une bonne année... Pleine d'éclat, de perspicacité et de créativité enfantines... A suivre ! ;-)

vendredi 7 août 2015

Petit jardin pour petites mains

J'ai passé les 9 premières années de ma vie en appartement - et ma mère, en particulier, souffrait beaucoup de cette situation. Pour nous mettre un peu au vert, elle confectionnait avec moi d'adorables "jardins japonais". Hélas, le chat les confondait invariablement, malgré nos précautions, avec ses bacs de litière, et nos petits bijoux finissaient dans un carnage épouvantable ! :-)

Vous comprendrez que ces mini-jardins aient pour moi un parfum de madeleine de Proust... Mais c'est aussi un petit projet coloré, facile, amusant et rapide à mettre en œuvre, et si pédagogique !! Alors, si vous cherchiez l'activité rêvée pour ce week-end... ;-)


C'est un petit projet que l'on peut re-proposer indéfiniment, et qui évoluera énormément selon les centres d'intérêt des enfants impliqués. Il sollicite l'imagination aussi bien que les compétences pratiques... A fois jeux d'imitation et expériences scientifiques, les "fairy gardens" sont une activité complète !


Nous avons lancé notre jardin un jour frileux - mais nous avons le luxe, contrairement à la petite fille que je fus, de pouvoir le construire à l'extérieur. Si vous vivez en appartement, ne reculez pas ! Il vous faudra bien sûr un peu plus de courage (oui, en intérieur, c'est une activité salissante !), mais je parie que vos enfants s'amuseront encore plus... Salir, c'est fun ! Prévoyez une bâche sur laquelle disposer tout votre nécessaire et procédez par étapes :

- Dans  un récipient large et peu profond, disposez une bonne couche de cailloux ou mieux, du charbon actif, que vous trouverez en animalerie au rayon aquarium, et qui permet de drainer tout en enrichissant la terre.

- Ajoutez une couche de terre.

- A mi-pot, disposez une couche de mousse sphaigne. C'est facultatif, et rien de vaut la sphaigne fraiche - vous n'en aurez peut-être pas sous la main. A défaut, elle peut s'acheter en sachet - ou il existe des terreaux enrichis en sphaigne, que vous pouvez incorporer à votre terre. La liste de ses qualités est très longue, mais pour les cultures en pot, son atout majeur est d'être anti-bactérienne : exit les moisissures à la surface de la terre et l'odeur de vase... Laquelle, après tout, est très sensorielle. Je vous le dis, hein : la sphaigne, c'est facultatif. Mais ouvrez l’œil à votre prochaine balade. :-D

- Ajoutez une couche de terre, jusqu'à la hauteur voulue.

- Disposez des graines. Celles que vous voulez. Si, comme moi, vous craquez pour les graines "à germer" (ici, des graines d'amarante), mélangez-les à une poignée de gazon... ou de toute autre graine plus durable : les graines à germer ont l'avantage de pousser très vite, mais s'épuisent au bout d'une quinzaine de jours, et meurent. L'autre espèce, semée en "substrat", prend alors le relais, et le jardin reste vert ! ;-)

- Recouvrez vos graines d'une fine couche de terre. Certaines graines restent à la surface, ce n'est pas grave, mais tassez légèrement la surface avec vos doigts.

- Décorez ! :-)


Et voilà notre premier petit jardin : des graines en surface, agglomérées à la terre humide, deux plantes prélevées au jardin (qui ne survivront pas, car ce n'est pas l'époque des rempotages, mais qui permettent de mettre un peu de vert en attendant que l'herbe pousse), quelques plumes frémissantes, des éléments naturels et des jouets choisis avec amour... Un jardin de jolies choses, en somme, qui fait forte impression sur les enfants qui l'ont agencé - avec leurs goûts et leur inspiration du moment, je ne me suis pas autorisée à intervenir ! ;-)

C'est un petit monde qui nait sous leur doigts, un monde de fantaisie où le grand tigre blanc monte la garde auprès du petit veau. Un Eden un peu magique, aux arbres-pommes de pin et aux rochers-coquilles...


Et puis, quotidiennement, on arrose...


... et quotidiennement, ça pousse. Les graines d'amarante germent dès la fin du deuxième jour, et leur croissante est très rapide.


Tellement rapide que lorsque le ray-grass commence à pousser lui-aussi, on décide d'entretenir un peu tout ça - oui, hein ? Tout est prétexte à un peu de vie pratique ! ;-)


Et c'est l'occasion de refaire la déco ! :-)

Les enfants y mettent tellement d’enthousiasme que bientôt, la terre disparait sous les jouets...


Si vous vous lancez dans ce projet, n'hésitez pas à m'envoyer les photos des réalisations de vos enfants !

( ouestucoquelipop@gmail.com )

Et si vous avez besoin d'inspiration, voici mon tableau Pinterest sur le sujet - merci de me signaler vos liens coups de cœur si je les ai oubliés ! :-)

Bon week-end chez vous ! :-)

jeudi 6 août 2015

Invitation : la chasse aux insectes


En langage reggian, je préfère de loin le terme d' "invitation" à celui de "provocation" qui me renvoie irrésistiblement à son sens premier en français - appel au combat, au duel. Une provocation, c'est un comportement qui excite l'interlocuteur dans un but précis. Le provocateur est manipulateur, et sait très bien quel type de réactions il désire susciter chez son adversaire. L'invitation, à l'inverse, est ouverte. Lorsqu'on invite, on ne sait pas très bien à quoi. On engage l'Autre à s'impliquer dans une relation, dont on ne sait pas à l'avance ce qu'elle va être, et quelle va y être la part de chacun.

C'est la malédiction de la plupart des Mamans qui s'intéressent à la pédagogie Reggio : nous sommes obligée de passer par l'Anglais et la nécessaire déformation qu'il implique. "Provocation" (in english !), voilà bien un de ces faux amis - et de la pire espèce : il est si peu "faux amis" qu'on aurait tendance à l'adopter dans notre langue, en sautant allègrement le tout-petit pas qui le sépare de son homologue français... J'aimerais bien savoir quel mot était utilisé par Loris Malaguzzi, et surtout j'aimerais être suffisamment linguiste pour comprendre ce à quoi ce mot renvoie les Italiens, dans son étymologie et ses connotations ! :-)


L'invitation, donc. Pratiquement, elle peut tenir sur un plateau ou remplir toute une pièce. Elle se monte souvent à partir de ce que l'on a sous la main. C'est de l'agencement de différents matériaux familiers de l'enfant, que va naitre l'intérêt. Une invitation se passe de toute consigne, de toute médiation orale ou gestuelle. En rapprochant physiquement plusieurs objets qui ne l'étaient pas dans l'environnement, l'invitation met l'intelligence en branle : l'enfant fait des liens. Et s'engage de lui-même dans l'action - c'est le propre de l'enfant de penser avec son corps - de la manière dont il l'entend. Il n'y a pas de mode d'emploi, et donc pas de "mauvais emploi" possible.


Mes enfants sont passionnés par les petites bêtes. 

Voilà plusieurs jours que l'envie de leur concocter une invitation à leur sujet me tenaillait, mais j'avais tendance à me focaliser sur les accessoires que nous n'avions pas : attrape-insectes, boite d'observation... Puis, j'ai réalisé qu'ils pouvaient être aisément remplacés par des ustensiles ordinaires (bâtonnets de glace, ramequins et mini-flacon). Avec bénéfice ! Car détourner les objets quotidiens et leur trouver d'autres utilisations est une démarche créative...


La chasse aux insectes et autres petites bêtes permet une investigation scientifique authentique : on cherche (et on repère rapidement les meilleurs coins : dans le bac à compost, le jardin des simples, sous les grosses pierres et le tas de bois...), on prélève les spécimens avec délicatesse pour les observer, avant de les relâcher à l'endroit où on les a pris. On questionne ("Qu'est-ce que c'est que cette bête rigolote, qui se laisse si facilement attraper ? Elle change de forme ou quoi ?"), on identifie ("C'est un cloporte"), on teste ("Comment faire pour qu'elle change de forme ? Que se passe-t-il si je la touche ?"), on théorise ("Le cloporte se roule en boule quand il a peur.").


Les prolongements de cette activité sont multiples en fonction de l'âge de l'enfant et de ses envies : on peut dessiner les spécimens capturés temporairement, mener des recherches à l'aide d'Internet et de guides entomologiques, fabriquer un répertoire illustré des espèces de son jardin...


Bonne chasse chez vous ! ;-)

mercredi 5 août 2015

Numération - différenciation


La différenciation est un concept pédagogique qui consiste à fournir à chacun les outils dont il a besoin. Si elle relève rapidement du casse-tête lorsqu'on a trente élèves à choyer (...), au sein d'une fratrie, elle est relativement aisée à mettre en œuvre.


Une manière concrète - parmi bien d'autres ! - de pratiquer la pédagogie différenciée, est de concevoir un matériel d'apprentissage polyvalent, qui se plie à divers usages en fonction des différents besoins des enfants. Et parfois, un rien suffit : pour moi, un matin qu'Antonin me sollicitait depuis plus d'une heure pour que je lui propose "une activité", j'ai soudain réalisé que la séance de numération que j'avais en tête, et pour laquelle je comptais passer par traitement de texte et plastification, n'avait finalement pas besoin de tout cela... 

Dix minutes plus tard, c'était parti : 


Un feutre noir, quelques rectangles de carton blanc léger, un bol de petites pinces à linge... et voilà les enfants au travail.


Il est difficile aux petits doigts de résister à la tentation des mini-pinces à linge... Et ici encore, nul mode d'emploi ne sera nécessaire ! ;-)

En positionnant les pinces en regard de chaque point, Louiselle travaille, en même temps qu'elle muscle ses doigts, la lecture des nombres, la correspondance terme à terme, et la compréhension du système ordinal.


Elle s'entraine à ranger les cartes par ordre croissant, pince, compte, repince, lit les nombres,  recompte, compte, vérifie, compte et re-re-compte. :-)


Pour Antonin, bien qu'il prenne lui-aussi un réel plaisir à cette situation de base, le matériel lui permet d'aller plus loin - sans quoi, d'ailleurs, il se lasserait bien vite. Ces petites cartes nous servent donc à illustrer les petits problèmes additifs et soustractifs qui le passionnent depuis quelque temps... et dont je vous parlais déjà ICI.

Le Damoiseau choisit deux cartes-nombres, et y fixe la quantité de pinces correspondante.

Puis j'invente "une petite histoire" à partir des nombres choisis : "Il y a un pigeon sur un fil, un pauvre pigeon tout seul. Soudain, il est très content, car il voit deux amis-pigeons qui viennent le rejoindre...".

Question fatidique (Antonin ne se trompe jamais !) : "A la fin de cette histoire, est-ce qu'il y aura PLUS ou MOINS de pigeons sur le fil ? C'est une histoire de PLUS ou de MOINS ? - De PLUS ! ". L'enfant place alors le signe correspondant entre les deux chiffres. Reste à savoir, bien sûr, combien il y aura de pigeon sur le fil à la fin de l'histoire, et on vérifie le résultat par manipulation, avant de placer la carte "résultat" de l'autre côté du signe "égal".

N. B. 1 : Il est important d'expliquer à l'enfant que les deux termes, de par et d'autres du signe "égal" sont LA MÊME CHOSE, deux écritures de la même situation. Les réglettes cuisenaire sont une aide précieuse pour travailler l'équivalence de ces deux écritures.

N. B. 2 : Très vite, les petites pinces ne sont plus utiles, et il est bon de proposer d'autres situations concrètes à l'aide de matériaux variés - afin que l'enfant ne reste pas attaché à une procédure mécanique.


Ainsi : "DIX pommes de pin sont tombées de l'arbre... Mais tout à coup, il y a un grand coup de vent, et UNE autre pomme de pin tombe aussi ! A la fin de cette histoire, est-ce qu'il y aura PLUS ou MOINS de pommes de pin par terre ? C'est une histoire de PLUS ou de MOINS ?"


Ou bien : "SEPT plumes dansent sur la pelouse. Mais les enfants arrivent et en prennent DEUX pour faire des coiffures d'indiens. A la fin de cette histoire, est-ce qu'il y aura PLUS ou MOINS de plumes par terre ? C'est une histoire de PLUS ou de MOINS ?"


Dès que "l'opération" (quel joli mot aux oreilles d'un 4 ans !!) est posée sur le tapis, on peut s'amuser à la recopier... Antonin, qui est dans une phase graphique sévère, l'exige à chaque fois - et les nombres-modèles inscrits sur les cartes sont encore d'un grand secours à ce stade !!

Et c'est ainsi que ces petits signes étranges, tellement abstraits, de "+", de "-" et de "=", font leur petit bonhomme de chemin ... ;-)

Enjoy ! :-)