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mercredi 29 juillet 2015

La bibliothèque (... coquelipop)

Dédié à Maeva M. ;-)


Plus de 4 ans que je blogue d'arrache-pied... Bon, je commence à prendre de la bouteille ! ;-)

Sur Où es-tu, Coquelipop ?, j'ai l'intention d'éviter la tentation des articles "fourre-tout" à laquelle j'ai si souvent succombé sur Merci Montessori. D'abord parce que c'est brouillon, et que les infos sont difficiles à retrouver quelques mois plus tard. Ensuite, parce que ce type d'articles prend un  temps fou à rédiger (grrr, rien que le traitement des photos me prenait des jours...).

Exit donc les articles récapitulatifs hebdomadaires ou mensuels : désormais, lorsqu'une activité ne mérite pas un article, je poste une petite photo et quelques phrases sur Facebook. C'est clair, net, et nous sommes dans l'immédiateté (cela ne me prend que deux ou trois minutes) : ça, c'est fait, je peux penser à autre chose.

(Le fait que les recherches dans les "archives" facebookesques soient totalement malaisées voire impossibles n'est pas sans me poser problème, ceci dit... A voir dans le temps, donc.)

Et pour nos lectures, c'est pareil : chaque mois, je consacrais plusieurs jours à faire le point sur nos coups de coeur. J'oubliais la moitié des ouvrages que nous avions lu, et j'avais un mal de chien, quelques semaines plus tard, à retrouver l'article où je parlais de CET album-là, grrrr.

J'ouvre donc une succursale à ce blog - pensez-la comme une catégorie parmi les autres, même si, pour des raisons pratiques, il s'agit en fait d'un blog à part entière, avec ses catégories à lui et un mode de fonctionnement autonome.

Vous y trouverez nos lectures au jour le jour, brièvement présentées... J'espère qu'il vous plaira !

Pour y accéder, cliquer sur l'icône dans la marge juste-là à votre gauche :


N'hésitez pas à m'adresser critiques et suggestions, je note ! :-)

mardi 28 juillet 2015

Séquence : les polygones


J'ai déjà écrit tout le bien que je pensais du cabinet de géométrie montessorien, mais il faut tout de même avouer qu'il a un défaut de taille : c'est que je ne le possède pas. :-D

Voilà plusieurs semaines que je réfléchis à la progression que je souhaite pour mes enfants en géométrie plane. Je tiens à ce que l'entrée se fasse par la manipulation sensorielle - à défaut de cabinet, les blocs logiques remplissent des fonctions très analogues. Quel dommage que les formes qu'ils contiennent soient toujours en plastique !!, sans quoi il n'y aurait vraiment rien à en redire.

Le deuxième objectif est d'ordre lexical. Et c'est là que les choses se gâtent.

Les petits enfants intégrent le nom des figures géométriques avec une étonnante facilité : le carré est distinct du rectangle, qui est distinct du losange (qui, comme chaque le sait, est un carré posé sur la pointe). Est appelé "polygone" toute figure possédant plus de 4 côtés.

Sauf qu'en vrai, le carré EST un rectangle - un rectangle particulier. Je ne parlerais même pas de la fausse définition du losange (je considère cette figure comme étant "complexe", et la réserve pour plus tard...). Quant aux polygones, ils désignent une famille géométrique large - dont font partie les triangles, les rectangles, les trapèzes, et les autres figures couramment rencontrées en géométrie euclidienne.

Je sais que tout cela n'est pas simple, je surprends beaucoup d'adultes cultivés en train de se tromper. Ma question devient donc : comment construire tout cela dans le bon ordre pour éviter les confusions, si difficile à déconstruire ensuite ?

Je suis au regret de vous annoncer que mes conclusions m'ont largement éloignée de la progression et des objectifs montessoriens... Mais de toute façon, façonner une séquence sur le cabinet de géométrie SANS cabinet de géométrie... bof, bof, hein ? ;-)


Matériel

J'ai commencé par télécharger et imprimer les cartes de géométrie montessorienne ICI. Prise de remords à l'égard de ma pauvre cartouche d'encre, j'ai décidé de réduire par deux les dimensions de chaque carte... Puisque de toute façon nous n'avons pas les formes du cabinet à y apposer...

Finalement, la (petite) taille s'est révélée tout à fait adaptée, et je n'ai aucun regret.

Les cartes de géométrie originelles se composent de trois séries, qui reprennent les figures du cabinet de géométrie :

- Les figures pleines : ce sont les premières représentations des objets géométriques concrets que l'enfant a manipulé en amont. Il s'agit de mettre en relation l'objet et sa représentation.


Ici, j'ai décidé de découper les contours de ces figures, pour que mes enfants puissent les manipuler et les superposer aux deux autres séries.

- Les figures aux contours épais : elles s'inscrivent en épaisseur. Leurs côtés sont comme le vestige du mouvement effectué lorsque que l'index en fait le tour. Il s'agit d'un tracé rendu visible ; c'est la représentation du mouvement de l'enfant.

- Les figures aux contours fins : ce sont des objets abstraits, des concepts. On ne les considère plus dans leur matérialité mais comme un ensemble de points, dont les propriétés et les relations seules intéressent le géomètre.


Je tiens cette progression en haute estime, et je voulais absolument que mes enfants disposent de ce matériel. Et voilà ce que ces cartes nous permirent de faire :

Entrée sensorielle : ranger du plus petit au plus grand

Je commence par montrer les formes pleines aux enfants pour qu'ils les manipulent librement.

Ils s'aperçoivent très vite qu'il y a plusieurs tailles de disques (le "rond" est une figure très affective, qui attire les petits...) et décident spontanément de les ranger du plus petit au plus grand. Ça tombe bien, car c'était justement l'activité que je comptais leur proposer en premier ! :-)


Découvrir la notion de côté (tout seul !)

Fort satisfait de sa réalisation, Antonin cherche d'autres formes identiques à classer par ordre de grandeur. Son attention se porte alors sur la famille des polygones en "-gone" : pentagone, hexagone, heptagone, etc. Il entreprend un classement, mais tâtonne un peu pour exprimer son critère de tri... Ce n'est pas exactement que leurs tailles varient, non, mais alors quoi ?


Le Damoiseau se met alors, très naturellement, à compter les côtés des figures pour pouvoir les ranger en fonction de leur nombre. Royal. Il ne me reste qu'à verbaliser : "Ça, c'est un côté. Tu comptes les côtés. Cette figure a huit côtés."

Les cartes Montessori : tracé large


Je propose la première série de cartes (tracé large) et les enfants superposent les figures bleues avec leur empreintes. Ils sont très actifs tous les deux. Positionner la figure sans qu'elle ne glisse n'est pas si aisé et fait travailler la précision du geste.

Les cartes Montessori : tracé fin


Je demande aux enfants s'ils souhaitent s'arrêter là ou continuer. Antonin veut la suite, mais Louiselle se détourne pour aller bouquiner.

Même exercice, avec les figures abstraites.

Tri : découverte des polygones


Le lendemain, j'annonce à Antonin que nous allons reprendre les figures que nous avons manipulées la veille. Il choisit de travailler sur les cartes aux contours épais. Je lui demande s'il se souvient de ce que sont les côtés, et s'il pourrait les compter sur une figure piochée au hasard.

Après un rapide rappel, il peut. Et s'exécute. Vient le moment où le Damoiseau pioche un cercle. J'ai le souffle en suspens, et pour tout vous avouer, je ne sais pas encore avec certitude comment je vais lui expliquer qu'en géométrie euclidienne, le cercle se définit comme un ensemble de point équidistant d'un centre... :-D

Mais je fut sauvée, une fois de plus, par la réaction de mon Damoiseau (les enfants savent tant de choses !) qui, après avoir observé la figure quelques secondes, relève le nez en concluant - pas du tout déconcerté : "Ah, il n'a pas de côté." - "Pourquoi ?" - "Ben, il n'y a pas de coin qui pique." - Tu as raison, cette figure n'a pas d'angle. Et elle n'a pas de côté non plus." :-o


Je propose à Antonin de classer les figures en deux familles, sur deux tapis distincts : les figures qui n'ont pas de côté, et celles qui en ont. Je m'apprête à rédiger sous les yeux du Damoiseau deux belles étiquettes de ma plus belle écriture cursive, quand il décrète avec force : "Non ! Tout seul !".


Je lui tend le stylo... et il écrit : "Zéro côté" et "Plusieurs côtés", voilà donc nos étiquettes-concepts made by Antonin qui chapeautent nos deux tapis. :-)


Le tri ne pose aucun problème...


... à l'issue duquel j'introduis LE mot de vocabulaire auquel toute cette séquence tendait : "Quand une figure a des côtés, on l'appelle POLYGONE. Toutes les figures placées sur ce tapis sont des polygones. Les autres, à côté, n'en sont pas." J'écris le mot "polygone" sur l'étiquette, et Antonin le relis plusieurs fois à mi-voix, avec beaucoup d’intérêt.


Réinvestissement par la manipulation


Le jour d'après, je propose à Antonin de fabriquer lui-même des polygones à l'aide de batonnets de glace. Il suffit de compter les côtés et de les assembler en une figure fermée, il se débrouille très bien.



J'eus droit à cette question : "Maman, le "Z" a deux angles et trois côtés. Est-ce que c'est un polygone ?". Via la manipulation et l'observation de nos figures, nous concluons : non. Un polygone est une figure fermée, d'où l'importance de bien joindre les bâtonnets ! ;-)

Le géoplan aussi est réquisitionné...

Pas plus tard que tout à l'heure, Antonin est venu me demander d'imprimer un coloriage.

"Oui, qu'est-ce que tu veux, comme coloriage ?
- Des polygones !"

:-)

Bon, il semblerait que le vocabulaire soit intégré... ! :-D

Et après ?

L'étape suivante consistera à écarter les figures qui ne sont pas des polygones et à nous concentrer sur ces derniers : "Peut-on faire des sous-familles au sein de cette famille ? - Oui, selon leur nombre de côtés." L'enfant rédige les étiquettes correspondantes : "3 côtés", "4 côtés", "5 côtés",etc. et trie les figures dans chaque catégorie. On introduit ensuite le vocabulaire adapté, en écrivant chaque mot scientifique sous le nombre de côté : "triangles", "quadrilatères", "pentagones"... Ici, je n'exclue jamais une explication rapide sur l'étymologie ("triangle" = tri angulus, "trois angles" en latin) - car croyez-le ou non, je sais que cela a du sens pour Antonin.

La dernière étape consiste à identifier, au sein de chaque sous-famille, les individus particuliers. On se concentre en réalité sur les deux familles les plus riches. Ainsi, chez les triangles, il y a le rectangle, l'isocèle, l'équilatéral... Et chez les quadrilatères, il y a le rectangle, le trapèze, le parallélogramme... 

Je ferai un point, ici ou sur Facebook, lorsque nous en serons là ! :-)

samedi 25 juillet 2015

Bonhomme or not bonhomme ?

Antonin, 4 ans et demi, ne dessine pas de bonhomme.

Mais des araignées, souvent. Et des dragons. Et des camions...


... des chiens...


... des navettes spatiales...

... etc.

Que les psychologues se rassurent : si représentation du bonhomme rime avec construction de soi, mes enfants (se) construisent... oui !

Ici, les "bonshommes" sont toujours en 3D, avec tout ce qu'il faut de têtes, de corps, d'yeux (en perles, en boulons...), de chapeaux (de coquilles d'escargot ou de noix...), voire, dans les productions d'Antonin, de membres (en branchages ou bâtonnets...).

Voici, à titre d'exemple, la production du jour - cadeau de la Damoiselle à son Papa.


Car il faut que je vous dise : Louiselle, à trois ans, ne dessine pas de bonhomme...

;-)

mardi 21 juillet 2015

La semaine de Louiselle - en 7 plateaux


Ce qui me manque le plus, depuis que j'ai repris le travail, ce sont les moments seule à seule avec ma fille. J'ai toujours des moments d'intimité avec Antonin - pendant la sieste de sa sœur - mais je n'en ai plus avec Louiselle. Je m'aperçois de ce fait que j'ai tendance à proposer des activités en fonction des centres d'intérêt de mon aîné, d'autant que j'ai la ferme impression depuis quelques mois de cavaler derrière la variété de ses intérêts et la rapidité de ses apprentissages, sans vraiment parvenir à le nourrir...

Je constate par contre que Louiselle apprend "dans la foulée", sans effort et à son rythme, en jetant de temps à autre un regard par dessus l'épaule de son frère... Cela contribue à me déculpabiliser, hum ! Je remarque aussi qu'elle est beaucoup moins en demande que son frère : elle n'a jamais voué à l'atelier la passion sans borne que le Damoiseau lui porte, ses temps d'activité sont beaucoup plus courts, et certains plateaux ne l'intéressent pas du tout. S'agit-il d'un trait de son caractère ou est-ce en lien avec son jeune âge ? Je crois me souvenir qu'à 3 ans, les temps d'activités d'Antonin étaient très courts, eux aussi...

Bref, la semaine dernière j'ai voulu concocter des plateaux spécialement pour ma Damoiselle. En me concentrant sur SES goûts et SA sensibilité du moment.

Bien sûr, le Damoiseau n'est jamais loin et accourt. Je profiterai donc de mon sujet du jour pour dire un mot, dans chaque situation, de l'interaction de deux enfants autour d'un même plateau - appliquons-nous à considérer cet état de fait comme une chance et non comme un handicap ! ;-)


Le premier constat sur ce point est que si Louiselle a beaucoup aimé chacune de mes propositions (youpiii, c'est un zéro faute !), Antonin les a aimé encore plus. Généralement, il passait plus de temps sur chaque action que sa sœur, et allait plus loin dans la découverte. Alors, aux Mamans de bambins de 3 ans qui se désespèrent, je dis (et je redis) :

N'ayez aucune attente. Votre enfant passe 2 minutes 30 sur un plateau qui vous a coûté un quart d'heure de préparation ? L’activité se termine dans un désordre innommable, et il faut encore que vous preniez du temps pour ranger, nettoyer et doucher la maisonnée ?

Super. C'est que votre enfant a aimé.

Et n'oubliez pas : dans un ou deux ans, il aimera encore, et encore plus. Ne vous lassez pas de reproposez, c'est dans la répétition que l'enfant construit son  intelligence !

Et - bien que n'attendiez rien, nous sommes d'accord - vous constaterez, les semaines passant, que les temps d'activité s'allongent et que les temps de ménage diminuent... Mais chut, c'est un secret, et l'essentiel n'est pas là, n'est-ce pas ??!! ;-)

Voici donc la semaine de Louiselle... en plateaux. :-)

LUNDI : 

Matériel : un plateau, deux gros bols en verre, une petite serviette, une éponge naturelle,
l'équivalent d'un ou deux verres d'eau.

Ouf, il fait chaud... Tant mieux ! On va pouvoir jouer avec l'eau !! :-)

Le plateau de vie pratique ci-dessus est un classique de la maisonnée - d'autant plus prisé que, frileuse, je ne le propose pas en permanence dans l'atelier, non... Mais dehors, au printemps, ou à huis clos dans la cuisine les jours de fortes chaleurs, quel bonheur !! :-)

Cette activité classique est capable, je le sais, d'absorber mes deux enfants assez longtemps : j'ai donc commencé par la proposer à Antonin pendant la sieste de sa sœur. Il peut désormais mener un travail de ce type pendant une demi-heure - je crois bien qu'il lui rappelle sa dînette adorée...

J'espérais qu'au réveil de Louiselle, il en aurait eu son content et ficherait la paix à sa sœur. Mais non. Il a fallu que je le barde de tous nos bons vieux principes ("Chacun son tour", "Quand Louiselle aura terminé, elle te laissera la place", etc.) et que je dégaine une activité spécifique, à réaliser au coude à coude, pour qu'il daigne laisser la Damoiselle explorer sans la harceler.


En l'occurrence, Antonin était tout occupé à colorier un plan de Baden-Baden, pendant que Louiselle travaillait à affiner son geste et ses connaissances physiques. Presser l'éponge, ça détend, ça rafraichit, et ça amuse. J'adore la bouille réjouie de la Damoiselle qui m'annonce que le bol est vide, avant de recommencer dans l'autre sens. Antonin est plus tenace dans le temps (mais encore une fois, je crois que cela a trait à sa passion très personnelle pour les ustensiles de cuisine...) et a franchi le stade de l'étonnement : "Mais, Maman, elle est où l'eau ? Elle reste dans l'éponge ?".

:-)

MARDI :

Matériel : un plateau, un aimant, un récipient contenant divers petits éléments de quincaillerie métalliques.

Voici un plateau deux-en-un : exploration magnétique et technologie.

Encore une fois ce jour-là, Antonin a exploré le plateau avant sa sœur,  pendant son repos du début d'après-midi. A 4 ans et demi, il découvre qu'une pièce magnétisée devient elle-même magnétique...


... découverte qui lui permet de réaliser des constructions assez magiques... : ça tient tout seul !!


Chez Louiselle, l'exploration magnétique peut paraitre plus brouillonne... mais non moins enthousiaste ! :-)


L'intérêt spécifique des éléments de bricolage, qui se combinent entre eux à l'infini, lui apparait bien cependant, même si elle ne songe pas encore à construire en utilisant le champ magnétique.


Et elle eut cette très belle idée, qui conquit son frère et moi- même :



:-)

MERCREDI :

Matériel : un plateau, une cuillère, deux bols et des petits éléments à transvaser.

Et bien oui, des versés.

Trois ans, c'est l'âge des versés.

Bon, il semblerait que 4 ans et demi soit aussi l'âge des versés. ;-)


Pensez toujours à varier les plaisirs : ne proposez qu'un seul plateau de transvasement à la fois dans l'ambiance de votre enfant, et changez-le souvent. Les possibilités sont infinies si on considère qu'on peut jouer sur au moins deux variables : l'élément à transvaser (taille, couleur, texture...) et l'outil pour ce faire (cuillères de toute sorte et de toute taille, pince, épuisette...).

Ici, j'ai disposé dans un bol les petites boules métalliques d'un jeu de Géomag : elles sont lourdes et brillantes, et à elles seules, renouvèlent complètement cette activité. Avec une petite cuillère "doseuse" facile à prendre en main et bien creuse, c'était parti...

 

C'était parti pour une belle crise de nerf, car les deux enfants ont trouvé l'activité merveilleuse et ont voulu la réaliser en même temps. Après quelques grincements de dents, ils sont parvenus à un compromis : Louiselle transvasait dans un sens, et quand le bol était vide, Antonin recommençait dans l'autre sens...

Antonin s’évertue à compter les billes entre chaque coup de cuillère... Pratique ! :-/

JEUDI :

Matériel : un plateau, un carré découpé dans du carton ondulé,
des lettres à poinçonner, une punaise.

Le plateau de poinçonnage prenant la poussière dans l'atelier, j'eus envie de proposer d'autres modèles que les lignes abstraites et les dessins géométriques... Je songeais alors aux lettres, qui passionnent chacun de mes deux enfants en ce moment (pour tout vous avouer, mes oreilles bourdonnent à force de les écouter chanter la chanson de l'alphabet...)... et ce fut une très bonne idée !


L'avantage de ce type de plateau, c'est qu'il peut être facilement proposé aux deux enfants en même temps, qui aiment mener leurs activités graphiques au coude à coude...


Louiselle s'est montrée très enthousiaste, et son frère... Son frère a refusé de s'interrompre pour manger et n'a levé le nez que lorsque TOUTES les lettres furent poinçonnées (2x26 quand même !!).


Une remarque concernant le fichier que j'ai téléchargé : les lettres minuscules sont graphiées "à l'anglo-saxonne", avec les variantes que cela suppose parfois. Cela ne perturbe pas du tout mes enfants, qui concluent simplement : "Oh, il est joli, ce "F", mais il est un peu bizarre !", et point-à-la-ligne. A vous de voir selon votre petite famille ! ;-)



VENDREDI :

Matériel : un plateau, des solides géométriques, un plat contenant de la farine.

Pour prolonger l'activité de peinture qui consiste à passer du volume au plan, rien de tel que l'activité montessorienne consacrée ! Sans compter qu'elle s'intercale à point dans ma petite progression (attendez de voir nos prochaines manipulations en géométrie...).

Les stratégies des enfants sont, une fois de plus, en léger décalage : pour Louiselle, le sensoriel prime. Plonger ses mains dans la farine, l'assembler en pâté... Ce n'est que dans un second temps qu'elle avise les solides et décide - certainement aussi en suivant l'exemple de son frère - de les plonger dans la farine.

Quelle forme aura cette empreinte ??

Antonin, lui,  a construit sensoriellement le concept de face - même s'il ne réinvestit pas ce mot. Très vite, il tente spontanément - et assez systématiquement - d'obtenir l'empreinte de chaque face d'un même solide... Cela lui réserve souvent de jolies surprises.


Il s'agit là, bien sur, d'une première approche du patron qui ne dit pas son nom... ;-)

Cette activité est avant tout une activité verbale : l'adulte doit être très présent, très attentif, et étayer : "Oui, la face de ce pavé est rectangulaire. La base de cette pyramide est carrée...". Au niveau du vocabulaire, rien n'est attendu chez l'enfant à ce stade, mais prenez garde à modéliser votre langage, et croyez-le : ce sont autant de petites graines lancées au vent qui atterriront dans un sol fertile ! ;-)

"Oh : tu plonges le sommet du prisme dans la farine..." ;-)

Quant à l'interaction entre frère et soeur sur cette activité, elle fut, heu, disons...


... totale et permanente. C'est cela. Nous sommes bien loin de la présentation initiale, certes. ;-)

Ici, c'est un peu plus...  messy !! :-D

Il est noter cependant que sur cette activité en particulier, Louiselle fut plus persévérante que son frère et continua de manipuler bien longtemps après qu'il s'en soit détourné... Chouette ! :-)


N'oublions pas la phase jubilatoire de la vaisselle de solides et du passage d'aspi... sans lesquelle cette activité ne serait pas vraiment ce qu'elle est... Hein ? :-)

SAMEDI :

Matériel : un plateau, un panier rempli de divers petits objets authentiques,
dont les noms commencent par des sons variés : Vvvvoiture, Lllampe, Jjjjeton...

Et oui : un panier phonologique !! YOUPIII !!! :-D

Une petite récap' sur cette activité chouchoute : tout d'abord, sachez que la phonologie, c'est follement fun. Si je propose le jeu du "petit oeil", mes enfants se mettent à frétiller comme de fringants gardons...

La première raison de cet engouement, c'est la théâtralisation de l'adulte. Non, mais franchement, il y a de quoi se tordre. Voilà Maman qui attrape le panier en s'exclamant tout bas : "Mon petit oeil...".

Les mentons se dressent, les yeux s'allument.

"... voit..."

Maman roule des yeux gourmands en passant d'un objet à l'autre - ceux que Louiselle a choisi tout spécialement, en les extirpant un à un du panier, et qui sont au nombre de trois.

"... un objet dont le nom commence par le son..."

(Oui, la formulation est un peu longue, mais cela s'enquiquinera que vous : encore une fois, modélisons !! C'est le NOM de l'objet qui commence par un SON quelconque, et non l'objet lui-même, n'est-ce pas ?) ;-)

OK. Le gros problème sur cette activité, c'est qu'elle commence a être vraiment facile pour Antonin, qui souffle à sa sœur avant qu'elle n'ait le temps de faire la gymnastique mentale. Lorsque je parviens à le contenir, Louiselle se trompe encore, parfois (emportée qu'elle est par le désir sincère que ce soit CET objet favori que je nomme !). Mais trouve aussi, souvent, le mot concerné. Souvent. J'adore ces moment de transition, où les compétences se construisent de façon tangible... Ma petite fille grandit !! :-)

DIMANCHE : 


Encore un classique - oh, que cela m’émeut, de voir ma Damoiselle franchir les paliers que son frère avant elle...


"Qu'est-ce que cela ? ", demandais-je en lui montrant le globe lisse et rugueux.

"La TEEEERRRE ! Notre Planèèèète !!", répond Louiselle, qui a été à bonne école.

"Sur notre planète, il y a de la terre, et de l'eau.", expliquè-je en l'incitant à touchant les parties correspondantes.

"Et de l'herbe. Sur la terre.", ajoute le Damoiseau qui trouve mon explication un peu simpliste.

:-D


Vient le tour des trois flacons. Que contiennent-ils ? Encore une fois, aucune hésitation de la part de ma Damoiselle, qui a vécu l'activité des dizaines de fois : "De l'eau. De la terre. De l'air." Bien. Je la laisse manipuler les petits pots... puis le coeur de l'activité commence.


Alors, tout de même, pour Louiselle, c'est une première. De spectatrice, elle devient actrice. Elle en est assez satisfaite, et se débrouille vraiment bien :

"Reconnais-tu cet animal ? Comment s'appelle-t-il ?
"Est-ce qu'il nage dans l'eau ? Est-ce qu'il court sur la terre ? Est-ce qu'il vole dans les airs ?"

Louiselle se trompe un peu - le nautile l'induit en erreur et elle est très heureuse d'apprendre le nom du porc-épic (de la bouche de son grand frère...).

Mais Louiselle se trompe peu. Très peu. Et se corrige le cas échéant.


Et ici encore, belle surprise : Louiselle classera les 18 images jusqu'au bout, sans lassitude. Bien sûr, nous ponctuons notre exercice de tri de longues digressions sur la description des animaux, les voyages futurs que nous réaliserons en famille ou tout autre sujet qui s'invite au cours de l'activité. Cela permet de souffler. Cela permet de nourrir concrètement l'intérêt. Cela permet aussi de constater que les enfants peuvent rester concentrer assez longtemps (Antonin se lèvera néanmoins plusieurs fois pour aller faire autre chose) pour peu que l'on ménage des respirations...


Belle semaine chez vous ! :-)