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samedi 23 mai 2015

Où es-tu, coquelipop ?

"Le commencement de toutes les sciences, 
c'est l'étonnement de ce que les choses sont ce qu'elles sont."
Aristote, Métaphysique.

 
"COQUELIPOP !"

Louiselle, deux ans, répète ce mot farfelu peu avant de s'endormir.

Au réveil, le coquelipop est toujours là.

"Coquelipop ! Où es-tu, Coquelipop ?"

Et toute la journée, dans le jardin écrasé par un été indécis, les voix des enfants retentissent - car Antonin, 3 ans et demi, n'a pas tardé à adopter la créature invisible : "Coquelipop ? Où es-tu, Coquelipop ?".

Le Papa et moi-même posons nos questions d'adultes :

"Mais, c'est QUOI, un coquelipop ?".

Notre étonnement ne rencontre pas celui des enfants, qui nous sourient gentiment sans répondre. Le coquelipop ne recevra jamais d'autre définition que ces sourires, l'étonnement des grandes personnes et l'amusement de toute la famille.

"COQUELIPOP" : Ce mot étrange sorti de la bouche d'un enfant a une étymologie toute personnelle, répond à un besoin tout singulier. On ne peut pas l'expliquer en employant les instruments courants d'une analyse linguistique. Et pourtant, il existe...

La vérité, c'est que les enfants sont plein de "coquelipop" et de beaucoup d'autres choses encore, que les grammaires d'adultes n'essayent pas d'expliquer et dont elles ne s'étonnent, hélas, pas.

J'essaie de me souvenir qu'il faut s'étonner. S'étonner, c'est-à-dire : observer. Observer comment les enfants de tous âges cherchent l'étonnement, l'emploient et s'en amusent. Les enfants sont comme des sorciers, ou comme des chercheurs à plein temps qui remanient inlassablement leurs plans d'action, leurs théories et leurs idées. Si je n'oublie pas de m'étonner avec mes enfants, ma journée est gagnée.

"Où es-tu, Coquelipop ?" se propose de fixer, par écrit, mes idées et mes pratiques éducatives. Ce blog, c'est mon patrimoine familial et personnel d'idées et de matières pédagogiques. Je suis devenue blogueuse à la naissance de mon premier enfant, et j'ai rapidement constaté la fonction stimulante d'une telle documentation. J'espère pouvoir poursuivre longtemps le journal de mes activités éducatives : grâce à cette "objectivation", mes errements pédagogiques se chargent d'une énergie, d'un sens ; ils deviennent processus. Ecrire me permet de me mettre mentalement à une certaine distance de ce que j'observe ; écrire me permet d'analyser sans jugement, de tirer des conclusions des faits observés. Ecrire me permet d'intérioriser : le fait vécu prend sa place dans un bagage d'expériences, un récit d'apprentissage - le mien.

Voilà plusieurs mois que les enfants ne jouent plus avec Coquelipop. Serait-il retourné dans les limbes dont ils l'avaient tiré ?

Je suis sûre du contraire. Coquelipop est en moi, c'est le nom et le visage de mon modeste cheminement. :-)

lundi 18 mai 2015

Louiselle, 3 ans.



Louiselle a trois ans.

Louiselle a beaucoup de choses à dire sur le monde. A quelques bizarreries langagières près, on pourrait dire qu'elle parle comme un adulte - j'adore ces distorsions subtiles, qui passeraient incognito aux oreilles d'un étranger, mais qui charge les discours enfantins de poèsie : "Moi, je trouve qu'il n'y a pas beaucoup d'escargots, dans notre famille. Mais heureusement, dans les buissons, il y en a plein : des rayés, des courbés, des un-peu-cassés, des vivants..." :-)

Louiselle a un goût littéraire très sûr - ses dernières passions : La sorcière Tambouille et Cornebidouille, dont elle saisit très bien l'aspect cocasse. Son répertoire de chansons s'élargit chaque jour - elle aime celles qui parlent d'animaux et les chante d'une voix claire et parfaitement juste.

Louiselle s'intéresse beaucoup aux autres enfants. Les petits voisins, les enfants de nos amis, ses pairs chez la nounou, ont beaucoup d'importance pour elle. Nous n'en sommes pas au stade de l'amitié, mais elle sait exprimer ses préférences : "Moi, j'aime beaucoup Babeth. Mais j'aime pas Pascal. Je ne veux plus qu'on l'invite." C'est amusant, car je partage généralement son avis - non, effectivement, nous n'inviterons plus le petit Pascal... :-/

Louiselle grandit et s'affine. Sa silhouette n'est plus celle du bambin. Elle continue de vouloir TOUT faire toute seule - et c'est drôle de voir comme certains gestes considérés comme complexes sont maitrisés (s'injecter du sérum physiologique alternativement dans chaque narine, s'habiller, éplucher des légumes oblongs avec un économe, découper...) alors que d'autres, basiques, sont encore en cours d'acquisition. Ainsi, sans rire, je crois que Louiselle commence seulement à comprendre comment on boit (la technique consistant à serrer les lèvres et à aspirer un filet d'eau minuscule en faisant beaucoup de bruit n'est peut-être pas la plus pertinente...). Elle adore toucher à ses aliments (au grand dam de son Papa...), et n'en a pas vraiment fini avec le stade buccal. La semaine dernière encore, je l'ai surprise en tant de suçoter avec gourmandise un caillou du jardin... :-/

Par contre, quand il s'agit de mets comestibles, Louiselle n'a plus d'appétit. Voir son frère quitter la table au bout de quelques secondes  a une forte influence sur elle. Elle doit commencer à se dire que si son frère vit et grandit sans manger, elle doit pouvoir le faire aussi. J'essaie de ne pas y penser et je garde ma ligne de mire : lasagnes aux épinards et salade verte pour tout le monde, parce que c'est sain, complet et de saison - et bien fait pour moi si je suis la seule à en manger (c'est le cas).

Louiselle est en plein Oedipe. Ce qui nous fait donc deux petits Oedipe à la maison et donne lieu à des discussions passionnées :

LOUISELLE
Papa, il est gentil, et Maman, elle est méchante.

ANTONIN, furieux
NON ! C'est Maman qui est gentille, et Papa qui est méchant.

LOUISELLE
Moi, je veux que ce soit Papa qui se mettre à côté de moi, je veux que Papa me fasse un bisou... Où est Papa ???

ANTONIN
Moi, je veux que ce soit Maman qui se prenne sur ses genoux, je veux que ce soit Maman qui me couche... Maman, je l'aime beaucoup, mais je n'aime pas Papa.

LOUISELLE, outrée
Moi, j'aime Papa, mais j'aime pas Maman, etc., etc.

Au moins, entre mon homme et moi, pas de jaloux, hein ? On a chacun le sien ! :-D


Louiselle et son frère s'aiment très fort. Louiselle et son frère se chamaillent tout au long du jour. Le motif est toujours le même : l'un des enfants avise un objet qui n'intéressait personne jusque là et s'en saisit. Le dit-objet revêt soudain une aura irrésistible - l'enfant qui ne l'a pas entre ses mains le veut, là tout de suite. L'autre refuse. Le ton monte. Le ton monte parfois très haut. Parfois les enfants se bousculent. Voyant que ça ne marche pas, l'enfant lésé finit par empoigner l'objet de sa convoitise et tire dessus très fort. "Maman, il/elle ARRAAAAACHE DES MAIIIINS !". Horreur. Il me faut intervenir, je ne peux plus faire l'autruche plus longtemps. Car voyez-vous, à la maison, c'est interdit, d'arracher des mains. Il faut demander gentiment : "Antonin, n'arrache pas des mains, s'il te plait. Si tu veux quelque chose, demande gentiment."

ANTONIN, faisant de gros efforts pour contenir son désespoir, d'une voix noyée :
Louiseeeeeelle, tu me donnes ???

LOUISELLE, superbe
Non.

Alors le ton remonte, parfois très haut... Et c'est reparti pour un tour. Les enfants finissent par trouver un compromis, et deux minutes plus tard, tout recommence autour d'un autre objet... :-/

Louiselle developpe des craintes - en particulier rester seule dans une pièce semble l'angoisser en ce moment. Le fait que j'ai repris le travail récemment n'y est évidemment pas étranger... Nous veillons tous (même le chat !) à ne jamais la laisser derrière nous. Pour le reste, Louiselle est une petite fille très sécurisée, qui irradie l'équilibre. L'adaptation chez Tiphaine, sa nounou, se déroule d'ailleurs à merveille. Je suis sûre que cette inquiétude va s'estomper naturellement. 

Car peu à peu, c'est certain, Louiselle s'éloigne de moi pour explorer le monde d'un pas sûr...

mardi 5 mai 2015

Préparatifs


Le 3e anniversaire de mes enfants a toujours eu un caractère spécial à mes yeux - il signe définitivement la fin de l'âge "bébé". Et le 3e anniversaire de Louiselle revêt un sens particulièrement profond : ce jour sera une borne dans ma vie de Maman. Les trois ans de ma cadette signifient qu'il n'y a plus de tout-petit sous notre toit, et que notre quotidien va changer pour s'articuler autour des besoins de chacun, qui évoluent.

Il y a une phrase d'Isabelle Filliozat que j'aime beaucoup, mais que je paraphrase parce j'ai prêté mon livre préféré. Elle dit en substance que les parents garantissent la sécurité et de la liberté de leurs enfants. Si notre enfant vient de naitre, le curseur est entièrement du côté "sécurité". Lorsque notre enfant a 18 ans, le curseur est à 100% côté "liberté". Entre ces deux pôles, notre rôle de parents est de savoir placer le curseur et de le faire avancer au bon rythme.

Voilà, aux trois ans de l'enfant, on s'aperçoit la marche vers la responsabilité est entamée, et on pressent que cette marche va devenir une course dans les années à venir !! :-D

Je veux vraiment "marquer le coup". Et cette fois, je m'y suis prise à l'avance, pour consigner quelques idées qui pourraient faire de ce jour un jour vraiment spécial. Mes critères sont toujours les mêmes : je cherche des astuces pratiques, simplissimes, peu onéreuses et éducatives. Dans l'idéal, j'aime l'idée du rituel qui nous donne rendez-vous, année après année, à chaque anniversaire... comme cette bannière qu'Antonin a peinte pour sa sœur pour ses 1 an et que nous ressortons chaque année depuis ! :-)

Voici donc mes modestes projets :

- Une guirlande "de l'Aven-niversaire" (Cf. Photo).

Oup là, cette idée-là a nettement une couleur pédagogique, hum-hum. La structuration du temps, à 3 et 4 ans, hein ? ;-)

Une semaine avant la fête (aujourd'hui !), j'ai gonflé 7 ballons, un pour chaque jour, et je les ai greffé à notre guirlande de papier avant de l'accrocher entre la cuisine et le salon. Les 6 premiers sont de la même facture (imprimés "Barbapapa" pour ma petite fan !), mais le dernier est un ballon "spécial 3 ans", et affiche le chiffre en gros, ainsi qu'un tas de cotillons. Chaque jour je décroche un ballon, le livre aux enfants (advienne que pourra...) et nous comptons ceux qui restent.

- Ranger/trier/donner pour grandir :

Le week-end précédant la fête, grand ménage : on trie les jouets et les vêtements, et on met de côté, d'un commun accord, tout ce qu'on va donner à Emmaüs.

C'est tout bête, mais c'est bon pour le chi de la maison -  et mes enfants adoooorent quand on déballe le contenu des placards ! :-)

- La découverte des cadeaux :

J'aimerai que ce soit un moment un peu théâtral. C'est vrai quoi, c'est toujours un peu frustrant : nous, les parents, avons choisi amoureusement les objets un à un, l'enfant arrive, déchire tous les papiers en un clin d'œil et c'est fini. Peut-être qu'une petite mise en scène permettrait une respiration, une pause d'une demi-seconde, pendant laquelle l'enfant prend conscience qu'il est là, face à ses paquets emballés, et que ce sentiment d'ignorance et d'excitation est tout simplement délicieux... ?

Notre salon et notre cuisine sont séparés par une cloison ouverte. C'est-à-dire qu'il y a un passage entre les deux - de la taille d'une porte, mais sans porte. Mon idée est d'y fixer une nappe en papier préalablement peinte par les 3 autres membres de la famille, et fendue comme un rideau de cirque. Lorsqu'on est à la cuisine pour le tralala du gâteau, on ne voit donc pas ce qui est au salon.

L'enfant passe ensuite à travers le rideau - c'est une jolie métaphore, mais je serai bien sûr la seule à la savourer ! - et découvre : une haie d'honneur. Tous les doudous chéris de la Damoiselle (elle en a beauuuucoup) sont là, rangés en double rang d'oignons, et dessinent un chemin vers la table où l'attendent ses cadeaux.

Le théâtre, finalement, c'est facile ! :-)

- Et à propos des cadeaux :

J'ai découvert récemment une jolie tradition navajo - l'idéal est de débuter ce petit rituel dès la naissance de l'enfant, mais tant pis, je compte bien rattraper le temps perdu.

Voilà : à la naissance du bébé, on se procure un simple ruban ou une chaine, que l'on suspend dans sa chambre. Chaque année, on offre à l'enfant un colifichet à accrocher - pendentif, clochette, petite bourse, ou quoique ce soit qui vous fasse de l'œil (si c'est fabriqué maison et que ça reflète les intérêts de l'enfant au moment M, c'est encore mieux). Chaque année, la guirlande s'agrémente d'un nouvel objet, qui dessine ainsi une carte de la croissance d'un nouveau genre.

J'adore, j'adhère, et je compte bien trouver trois petits objets qui me font penser à ces trois années passées avec ma fille - bien sûr, je ferai de même pour Antonin, dont le "demi-anniversaire" approche à grand pas lui-aussi... :-)

- Et à propos de cadeaux (bis) :

Le Papa des enfants est d'ores et déjà réquisitionné pour concocter une "spéciale play-list" pour sa fille - que nous graverons avec soin, et dont nous dessinerons la jacquette. :-)

Encore une idée que l'on peut renouveler chaque année, en se centrant sur les goûts de l'enfant, son stade de développement - et en mixant les influences, toujours !!

- Le rituel montessorien :

On ne le présente plus. Ma Damoiselle va adorer, c'est sûr !! :-)

- Boss for the day :

Enfin, peut-être pas tout à fait encore, mais Louiselle a le choix du menu pour le jour J. Liberté totale.

Verdict : nous dinerons ce jour-là de concombre en salade, d'oranges, de chocolat et de bonbons, le tout arrosé de sirop à l'eau.

(Allons, ça pourrait être pire...)

- Pour prolonger la fête au jardin :

Voici une petite idée d'Amanda Soule, que je trouve dotée d'un sens profond : chez elle, chacun des cinq enfants a son "jardin d'anniversaire". Pour commencer, chacun plante un arbre de son choix, qui illustre sa personnalité. Puis, à chaque anniversaire, l'enfant peut planter une plante, une fleur ou une herbe qu'il a choisit - et le jardin grandit avec l'enfant. N'est-ce pas magnifique ?? :-)

Planter un arbre reste difficile pour qui n'a pas, comme Amanda, 20 hectares de terrain (convertis en ferme bio, tant qu'à faire...), mais c'est une idée aisément adaptable ! J'y réfléchis...

- Une chasse au trésor :

C'est un principe simple, modulable en fonction de l'âge de l'enfant (images, puis mots, puis devinettes...), du moment de l'année, du lieu, du thème... Je cogite, mais n'ai pas encore trouvé notre formule ! :-)

Du coup, ma "petite" liste est conséquente... Tout cela n'aura pas lieu le jour J, mais tant mieux ! Je suis tout à fait favorable à l'idée d'étirer la fête... :-)

Et vous, avez-vous des rituels chouchous pour les anniversaires de vos enfants ? :-)

dimanche 3 mai 2015

Journal, semaine 18/15


Le temps est très agréable : il pleut beaucoup mais il fait chaud, ce qui donne à l'atmosphère un relent de serre tropicale...


Cette semaine chez nous, il y eut :

- Du laçage (Louiselle) :

Corda Doudou, Djeco.

- De la peinture au coton-tige sur volumes (objets de récup : blocs de polystyrène, boites d'œufs...) :


- Des manipulations de pièces de monnaie (Louiselle).


Notre réserve de pièces étrangères fascine les enfants qui les trimballent partout. Cela tombe bien, leur forme et leur épaisseur sont idéales pour travailler les gestes fins et la pince à trois doigts...


... quoique Louiselle, face à cette proposition, préfère largement les transvasements.

- Des écrits (Antonin).

"Antonin chaviré"

Sur notre réfrigérateur, les groupes de mots apparaissent. J'aime ces séquences poétiques, sans queue ni tête - mais non dénuée de sens, attention !! Antonin sait très bien ce qu'il souhaite écrire au moment où il le fait - et je ne cesserai jamais de chanter les louanges de l'apprentissage de la lecture par l'écriture, qui permet à l'enfant d'avoir toujours le sens en tête pendant son travail - voie directe et voie indirecte sont liées, intrinsèquement, depuis le début.

Bon, à présent, il va falloir que j'explique à Antonin comment identifier et séparer les mots ! :-)

- De la cuisine.

Energy balls noix de cajou et dattes

Gros succès pour cette recette simplissime, rapide et archi-saine - tout le monde a aimé et nous n'avons à lui reprocher que d'être un peu collante. Je pense que je roulerai les balls dans du chocolat en poudre la prochaine fois pour éviter que nous nous en mettions plein les doigts !



Je m'acharne à photographier les gerris et larves de libellules (larves aquatiques, figurez-vous !), mais ce n'est pas facile...

- Des tris selon la forme (Louiselle) :


Louiselle découvre ce jeu qui plait tant à son frère aussi... son l'œil de quelques escargots et de son nouveau doudou :

Chien Spiegelburg

Arg, ce chien tant désiré était son cadeau d'anniversaire - qu'Antonin a découvert et qu'il s'est empressé de lui offrir. La bonne nouvelle c'est qu'elle ne le quitte plus... mais le clou de la petite fête à venir, c'était lui, et je suis un peu ennuyée... :-/

- De la phonologie (Antonin) :


Antonin n'a pas l'oreille pour les sons terminaux, et repérer les rimes nécessite pour lui un véritable effort. Pour rendre la chose plus ludique et plus naturelle, j'ai photocopié la liste des prénoms des élèves de sa classe dans son cahier d'école, et j'ai proposé quelques cartes de nomenclature et une formule répétitive : "Albert mange des pommes de terre.", "Lily mange du brocolis.", "Colas mange du chocolat.", etc. C'est simple, mais très efficace - allez savoir pourquoi, ce genre de petites phrases fait s'écrouler de rire tout enfant de 4 ans normalement constitué. Une fois le jeu lancé, il était facile de s'extraire du matériel, et d'opérer d'autres rapprochements : "Mamayou mange des cailloux.", "Florian mange des pélicans."... Tout est permis, et ça peut durer longtemps ! :-)

- Des puzzles.

Camion de pompier 3D, Nathan

Louiselle est insatiable et ils constituent chaque mois 50% de notre emprunt à la ludothèque...


Ces puzzles 3D sont vraiment chouettes, mais assez difficiles.

Panda 3D, Nathan.

Et plus classique :

Puzzles 4 pièces, "Les galopins", Nathan.

- De la technologie : construction de machines !! :-)

Engrenages délirants

Merci la ludothèque, une fois de plus...


Bonne semaine chez vous ! :-)

samedi 2 mai 2015

Premier projet photos


Vous connaissez mon engouement pour les abécédaires...  Je crois bien que le temps que nous avons passé, en famille, penchés sur leurs pages merveilleuses - à nommer, comparer, décrire et "mettre en bouche" - sont pour beaucoup dans l'intérêt précoce que mes deux enfants ont témoigné aux sons de la langue. Mais aucune collection d'abécédaires, si nourrie soit-elle, ne sera complète à mes yeux sans une version "maison", pensée et fabriquée par l'enfant lui-même, dès qu'il en est capable.


Cela fait longtemps qu'Antonin et moi avons le projet de fabriquer un abécédaire pour sa petite sœur - et comme, parallèlement, il réclame d'apprendre  à se servir d'un appareil photo, notre médium était tout trouvé. La photographie est un langage, et assurément un de ces 100 langages dont dispose l'enfant !

L'enfant qui illustre l'alphabet se l'approprie, la connaissance  qu'il a des lettres, des sons et des mots s'approfondit. Être associée à un tel projet permet à Louiselle d'achever de construire la correspondance lettres/sons. Ce recueil constituera - constitue déjà - une banque familiale de mots ressources, à la dimension particulièrement affective - à laquelle il est facile de se référer pour ancrer, au besoin, le son de chaque lettre.

Il s'agit d'un projet long : nous nous focalisons sur les lettres une à une, et les enfants cherchent l'objet que nous allons lui associer. Parfois, cela ne nous prend que quelques minutes, parfois plusieurs jours sont nécessaires. Ce sont toujours les enfants qui choisissent les objets (ils "sèchent" en ce moment sur le "i", mais je ne leur souffle pas !), et ce sont eux qui les photographient. Si Antonin est beaucoup plus impliqué que sa sœur, elle n'est néanmoins pas indifférente du tout et participe à chaque décision. Nous observons ensuite les clichés et sélectionnons, pour chaque lettre, celui que nous allons conserver. C'est l'occasion de comparer et d'essayer de pointer ce qui fait qu'une image "parle" ou non - j'initie, doucement, Antonin aux premiers termes techniques ("cadrage", "sujet", "composition", "lumière", "flou/net", etc.). Notez que je ne lui ai pas encore montré comment utiliser le zoom - il va adorer ! :-D

Je comptais dans un premier temps faire figurer le nom de l'objet sur chaque photographie : "Accordéon", "Bateau", etc. Il m'est apparu bien vite que ce n'était pas le meilleur choix à faire : les enfants savent pertinemment ce que la photo représente. Antonin a bien d'autres occasions, plus pertinentes, de (dé)chiffrer, et Louiselle n'en est pas encore là. Par contre, faire figurer les trois graphies sur la même page est particulièrement intéressant pour nous puisque cette correspondance est en construction chez les deux enfants (à différents niveaux) et qu'aucun de nos livres ne le propose. J'en profite pour évoquer avec Antonin le nom de la lettre ("bé", "sé", etc.) - à présent qu'il est très à l'aise sur les sons qu'elles produisent, il commence à les réclamer. L'ordre alphabétique est une autre notion abordée à travers ce projet : nous rangerons les photos en nous appuyant sur nos abécédaires.

Voici un aperçu de quelques unes de nos pages - je vous épargne mon blabla de mère émue sur ces images, qui me bouleversent toutes terriblement : une photographie est une vision du monde !!! :-)

"Accordéon"

(Ce qui est drôle, c'est que l'amie d'Antonin qui a posé pour cette photo s'appelle... Adélaïde ! Hasard total.) :-)

"Collage", réalisé et photographié par Louiselle. :-)

"Europe"

"Fenêtres"

"Guitare"

"Muguet"

Le tout devrait être relié "à l'italienne", dans un format A5. Je vous montrerai le produit fini, bien sûr ! :-)