Pages

lundi 20 février 2017

Résoudre un problème familial

Il arrive que, dans une famille, on soit confronté à un problème persistant. Un problème, qui, quoi qu'on fasse, quoi qu'on dise, de quelque manière qu'on se positionne, se dresse devant nous comme un mur inébranlable et froid.

Un de nos grands "problèmes" paraîtra sans doute bien dérisoire à ceux qui n'ont jamais manqué de sommeil... et pourtant... 😖 Voici :

Depuis des années, les enfants se réveillent à l'aube le week-end, et nous réveillent.

Je ne sais même pas trop comment les choses se passent. Ce que je sais, c'est qu'ils s'éveillent plus tôt le samedi et le dimanche que les autres jours de la semaine. Il parait que c'est classique, et que j'étais ainsi, moi aussi, quand j'étais petite... En fait, je soupçonne Antonin d'aller réveiller sa sœur qui dormirait volontiers plus longtemps. Remarquez que je ne suis sûre de rien, que je dors, moi, à l'étage en dessous, que je ne voit rien, n'entends rien jusqu'à ce que les bruits de conversation et les déplacements (voire les hurlements et les galopades...) me tirent du sommeil. Les faits qui précèdent mon réveil sont confus. Quand je questionne les enfants, ils n'ont jamais la même version, et je commence la journée avec un sentiment de suspicion (Antonin a-t-il réveillé sa sœur ?), de rancune (si oui, il n'en a pas le droit !!) et d'injustice (Nul n'a le droit de priver les autres du sommeil dont ils ont besoin).

Les psychologues conseillent toujours de formuler ses besoins propres. Le mien est simple : j'ai besoin de dormir les matins où je le peux.

Par "dormir", je n'entends pas : faire la grasse matinée. Oh, là, là. Je crois que je ne saurais plus faire, de toute façon.😄 Par "dormir", je veux dire : j'ai besoin de me réveiller naturellement, sans être arrachée à mon cycle de sommeil par un enfant qui court dans l'escalier ou qui chante à tue-tête. Mon réveil naturel se fera peut-être à 6h, peut-être à 9h, peu importe : ce qui importe, et ce à quoi j'ai droit en tant que personne, c'est de me réveiller seule, au moment qu'il est bon pour moi - au moins de temps en temps.

Bien sûr, nous avons "tout" essayé, comme on dit : nous avons râlé. Nous avons exprimé nos besoins (parfois calmement, et parfois non). Nous nous sommes fâchés. Nous avons expliqué. Nous avons interdit. Nous avons proposé des alternatives. Nous avons illustré, tergiversé, rappelé...

Rien n'y faisait : tout cela glissait sur les enfants, qui semblaient vraiment ne pas prendre la mesure de notre fatigue.

Nous sommes passés, mon homme et moi, par tous les sentiments vis-à-vis de ce problème, du déni ("Non, mais en vrai notre problème n'est pas un vrai problème. Pensons à tous ces gens qui ont vrais problèmes, et cessons de nous plaindre !") au découragement ("De toute façon, on n'y peut rien. Un enfant reste un enfant, il a besoin de faire du bruit et nous ne pourrons pas faire le travail à sa place..."). Et puis, un jour, j'ai posé sur la table ma pile de livres éducatifs et j'ai commencé à les parcourir tous, pour voir s'il n'y avait rien sur le sujet quelque part. Dans mon souvenir, il n'y avait rien. Et de fait, je n'ai pas trouvé d'évocation de notre cas précis, mais je suis tombée sur le chapitre "Pour résoudre un problème" (Parler pour que les enfants écoutent, Écoutez pour que les enfants parlent, Faber et Mazlish, p. 135) : les auteures y proposent un plan de résolution de problème par étapes soigneusement identifiées. J'ai relu, j'ai même pris quelques notes, et j'ai appliqué. Et cela a marché. 😊 Depuis plus d'un mois à présent, mon mari et moi ne sommes plus réveillés par les enfants le week-end. 😊

Les conséquences de ce simple fait sont tellement importantes, tant pour mon équilibre physiologique que pour l'harmonie de notre vie de famille, que je devais absolument y consacrer un article !! 😄


Voici les étapes de cette "méthode de résolution de problème", chacune illustrée par notre cas précis.

Étape préliminaire : Convier tout le monde à une réunion de famille pour discuter du problème.

Pas question de traiter la chose entre deux portes. Si problème il y a, cela fait belle lurette que tout le monde le sait à la maison. Convoquez tous les protagonistes impliqués : "J'aimerai te parler. As-tu le temps maintenant ?". Pour nous, nous étions tous les quatre concernés, alors, un dimanche d'extrême fatigue, j'ai décrété un goûter spécial : "Au goûter tout à l'heure, nous nous assiérons tous autour d'une boisson avec des biscuits, et nous discuterons de notre problème de sommeil du week-end. Est-ce que tout le monde est d'accord ?".

Tout le monde était d'accord. Mon homme était un peu surpris par tant de cérémonialisme, et les enfants peut-être un peu méfiants, mais tout le monde était d'accord. L'idée ici est de ne pas traiter le problème à chaud, lorsque les protagonistes sont tout vibrants d'émotions. Sans aller jusqu'à donner un rendez-vous, il est important de vérifier la disponibilité du ou des enfants : "Pour toi, est-ce un moment propice pour que nous parlions ?".

Le message est clair : Notre problème est important pour nous, et il vaut qu'on lui consacre un temps de qualité. Mais derrière cette volonté de se réunir pour discuter, il y a aussi la preuve de notre confiance. Nous prenons le temps le temps de nous asseoir, de prêter l'oreille aux sentiments de chacun, de partager avec les autres nos vrais sentiments. Nous croyons en notre capacité à trouver des solutions acceptables.

D'ailleurs, c'est drôle, dès que je me suis assise à la table de ce goûter, j'ai su que nous allions y arriver. J'ai su que cela allait fonctionner ! Bon, mon homme ne partageait pas ma certitude, du moins, pas encore... 😄

"Un message essentiel est inscrit au cœur de cette approche : quand surgit un conflit entre nous, il n'est pas nécessaire de mobiliser nos forces les uns contre les autres, ni de nous demander avec angoisse qui en sortira victorieux et qui sombrera dans la défaite. Au contraire, nous pouvons utiliser notre énergie à rechercher le genre de solution qui respecte les besoins de chacun en tant qu'individu. Nous enseignons à nos enfants qu'ils n'ont pas à être nos victimes ni nos ennemis. Nous leur donnons des outils qui leur permettent de participer activement à la résolution des problèmes auxquels ils font face maintenant, alors qu'ils vivent au foyer, puis dans le monde difficile et complexe qui les attend." (Faber & Mazlish, p. 143).

Dernière chose : munissez-vous d'un crayon et d'une feuille de papier pour le debriefing... Ce sont des accessoires indispensables à l'étape 3 ! 😉

Étape 1 : Parler des sentiments et des besoins de l'enfant, avant de parler des siens propres.

A force d'employer la méthode "J'exprime mes besoins", j'en oubliais parfois d'écouter et de formuler ceux des enfants, dans cette histoire. Alors, lorsque nous fûmes tous réunis autour de notre goûter, après avoir rappelé brièvement les termes du problème à résoudre, je commençais par là :

"Nous sommes là pour parler de la manière dont les choses se passent le matin en week-end.

Vous, les enfants, vous avez besoin de vous lever, de jouer et de courir. Vous avez envie de vous retrouver et de parler. C'est bien cela ?"

Laissez l'enfant s'exprimer sur ce point autant qu'il le souhaite. L'attitude de l'adulte est primordiale : il s'agit d'accueillir sans juger, sans évaluer, sans essayer de raisonner. "Laissez votre attitude indiquer : j'essaie réellement de mieux comprendre comment TU te sens à ce sujet. C'est seulement quand l'enfant se sent entendu et compris qu'il est en mesure de tenir compte de vos sentiments à vous." (Faber & Mazlish, p. 160).

Dans un second temps, j'ai exprimé le besoin des adultes : c'est bien de l'incompatibilité de ces besoins, les nôtres et ceux des enfants, que naissait le problème. "Voici maintenant comment Papa et moi nous nous sentons à ce sujet. Nous avons besoin de dormir et nous en sommes empêchés.".

Essayez de décrire votre position le plus brièvement et le plus précisément possible. Il est pénible et angoissant pour un enfant d'entendre ses parents détailler leurs émotions négatives - qu'il s'agisse de peur, de colère, de ressentiment... ou de fatigue.

Étape 2 : Faire ensemble un remue-méninges pour trouver une solution mutuellement acceptable. Écrire toutes les idées, sans les évaluer.

"Maintenant, nous allons noter toutes les idées qui nous viennent pour résoudre ce problème. Même si elles sont bizarres, ou impossibles. Même si elles sont désagréables. Nous allons les écrire TOUTES, sans les juger, et nous trierons après."

Laissez les enfants faire les premières suggestions, et notez-les mot pour mot. Le fait d'écrire confère de la valeur à chacune des propositions. Bien sûr, on se garde de juger, sans quoi tout le travail serait à refaire !

Cette étape est assez magique : les enfants ont valorisés par le fait que leurs propositions soient inscrites, et écoutées au même titre que les propositions des grands. La confiance gagne chacun petit à petit, on se détend, on se lâche... on s'amuse même à faire des propositions extrêmes !

Voici ce que nous notâmes sur notre feuille ce jour-là :

"1. Les enfants ne font pas de bruit, ils ont des activités calmes, comme lire des livres.
2. Les parents enferment les enfants dans leur chambre et ne viennent leur ouvrir que quand ils sont levés.
3. Les parents font garder les enfants le week-end, les enfants dormiront chez la nounou.
4. Les parents interdisent aux enfants de sortir de leur chambre avant 9 heures.
5. On règle les réveils des enfants sur 9 heures pour qu'ils sachent à quelle heure ils peuvent sortir de leur chambre.
6. Toute la famille fait une sieste le samedi et le dimanche pour rattraper le sommeil en retard.
7. Les enfants se couchent plus tard la veille pour se réveiller plus tard le lendemain."

Bien sûr, lorsque ces propositions surgissent, chacun est animé d'émotions. Par exemple, lorsqu'Antonin a fait la première, une voix en moi a soufflé : "Mouais, c'est bien beau, mais c'est ce que nous leur demandons depuis des mois, et ils ne parviennent pas à le faire...". Lorsque mon homme, non sans provocation, a fait la seconde, les enfants se sont récrié : "Oh, non !!". J'ai rappelé : "On note TOUT. Nous verrons après les idées qu'on aime et celles qu'on n'aime pas."

Peu à peu, l'enfant comprend qu'il ne sera pas jugé, et que les idées ne seront pas forcément appliquées, si elles ne correspondent pas au bien commun. La parole se libère, et les propositions fusent. Les enfants ont plein d'idées, et finalement, je comprends avec soulagement qu'ils ont conscience du "problème", que le "problème" ne glissait pas sur eux comme je le croyais auparavant, mais qu'ils le conçoivent, eux-aussi, comme une situation à résoudre. Nous sommes tous engagés dans une démarche de résolution commune : notre objectif à tous est le même, finalement. 😊

Étape 3 : Choisir les solutions potentielles, rayer celles qui ne conviennent pas.

Lorsque les idées se tarissent, nous les reprenons une à une, en rayant celles que nous ne pouvons accepter. Dans notre exemple, la proposition 2 fut rayé la première : enfermer les enfants est contraire à nos pratiques, et d'ailleurs, comment feraient-ils s'ils avaient envie de faire pipi ? "Il faut un pot dans notre chambre !", s'exclame Louiselle, pleine de bonne volonté. Non. Papa et Maman ne sont pas d'accord pour le pot. C'est infantilisant, et ce n'est pas hygiénique. On oublie.

La proposition 3 fut rayée également. Faire garder les enfants la nuit nous coûterait trop cher, et puis, franchement, nous avons envie de passer le week-end en famille. Je l'exprime clairement : "J'ai envie de passer tout le week-end avec vous, moi !". Voilà qui fait du bien à tout le monde. La 7e est également supprimée : les adultes tiennent aux horaires de coucher des enfants. D'abord parce que ces derniers tombent de sommeil dès 20 heures, ensuite parce que nos soirées entre adultes nous tiennent à cœur.

Nous relisons ensuite les propositions restantes. Honnêtement, à ce stade, je dois faire taire une petite voix en moi en chuchote : "Mais les solutions qui restent ont déjà été testées, peu ou prou, et elles n'ont pas fonctionné !". Mais voilà : d'abord, tout tient dans le "peu ou prou". Ensuite, aujourd'hui, ces propositions émanent de tous, et elles sont écrites. Voilà qui change tout. 😊

Nous mobilisons donc nos idées pour formuler notre solution. J'écris un petit texte de synthèse sous notre liste :

"Les enfants s'engagent à ne pas sortir de leur chambre avant 9 heures, sauf si Papa ou Maman vient les voir. Comme Louiselle ne sait pas lire l'heure, nous allons coller des gommettes sur son horloge pour lui indiquer l'emplacement des aiguilles à cette heure. Avant 9 heures, chacun reste dans sa chambre et s'occupe à des activités calmes : on peut lire, et on ne chante que dans sa tête. La veille, les enfants choisiront chacun 3 puzzles dans le bac à puzzles et auront la permission de les monter dans leur chambre. Ils imprimeront aussi quelques coloriages - et Papa et Maman acceptent qu'ils aient chacun une boite de feutres sur leur bureau."

Chacun signe ce texte, et Louiselle écrit même des "OKÉ, OKÉ" en regard de chaque phrase. 😄Visiblement, l'adhésion des enfants est totale.

Étape 4 : Passer à l'action.

Au boulot ! Papa achète à chacun une petite boite de feutres, et comme ils étaient interdits dans les chambres jusqu'alors, je peux vous dire que c'est la fête ! Louiselle nous réclame à corps et à cris les gommettes sur son horloge. Bref : le samedi et le dimanche matins sont attendus avec joie.

Étape 5 : Faire le point et donner suite.

La semaine suivante, nous faisons un point le vendredi soir. Nous relisons notre "solution", nous procédons au choix des puzzles et des coloriages. Et miracle : samedi matin, je peux me réveiller naturellement. Oh, pas bien tard, certes. Mais naturellement. Nous refaisons un rappel le samedi soir - et dormons le dimanche jusqu'à 8 heures sans être dérangés ! Le dimanche après-midi, nous faisons un point : notre méthode a fonctionné cette fois-ci, tout le monde est satisfait et espère qu'il en sera de même les semaines à venir.

Ces moments de bilan sont essentiels à la réussite de l'entreprise : le jour où un caillou se glissera dans le bel engrenage de notre résolution de problème, il faudra l'en extraire en famille, éventuellement en utilisant la même méthode. Le danger est de considérer le problème résolu une fois pour toute ; puisqu'à ce stade, chacun est conscient que le "problème "en est un, que chacun tient à la réussite de sa résolution, il ne faut pas oublier de continuer d'en prendre soin. 😊

Que pensez-vous de tout cela ?

"Cela ne parait pas trop difficile, n'est-ce pas? Mais ça l'est. Et le plus exigeant, ce n'est pas d'apprendre les étapes. On y arrive, pour peu qu'on s'applique. Le plus difficile, c'est la changement qu'il faut opérer sur notre propre attitude. Nous devons cesser de voir l'enfant comme un problème à corriger." ((Faber & Mazlish, p. 143).

Avez-vous, vous aussi, un "problème" à résoudre dans votre vie de famille ? Si vous tentez ou avez tenté la résolution de problèmes à la manière "Faber et Mazlish", merci de nous faire un retour sur votre expérience, fructueuse ou non !! 😊

dimanche 12 février 2017

Journal de nos jours : janvier 2017


Hi hi, voici l'article mensuel "récapitulatif" le plus tardif de l'histoire de ce blog... 😁


Mercredi 4 janvier :


Petits bonheurs du jour :

- Ce midi, partager le premier "repas-tartines" de l'année (mercredi matin travaillé oblige, c'est de tradition chez nous et c'est bien sympa de manger sur le pouce !). ❤

- Se balader ensuite pendant une petite heure - ah, ce gros morceau de bitume rapporté triomphalement... "Maman, regarde ! Cette pierre est bizarre, non ? Elle doit dater d'il y a très très très longtemps... On la garde ?" 😁😁😁 Pour la petite histoire, les enfants l'ont même lavée à grande eau en rentrant, et constaté avec surprise que le soi-disant roc s’effritait alors en graviers noirâtres... ❤

- Assister à un séance "déguisements", qui se termine invariablement, depuis l'hiver dernier, par un jeu costumé au jardin, de nuit donc, à la lueur des torches électriques - pendant que je prépare le dîner, et tente de suivre, à travers la fenêtre enténébrée, les rebondissement du scénario. ❤

- M'attendrir devant la volonté des enfants de photographier notre sapin pour en garder le souvenir avant que nous le démontions. ❤

Vendredi 6 janvier :


Petits bonheurs du jour :

- Être en week-end ! ❤

- Exécuter docilement l'activité que Louiselle m'a concocté - sur base de mix lettres rugueuses + pyramide de perles... Heureusement que doudou-oiseau était là pour m'aider ! ❤

- Assister à une passion naissante (il semblerait qu'Antonin et le système solaire...). ❤

- Chanter en duo avec ma fille tout en se brossant les dents (tordant). ❤

- Prolonger le câlin du soir en sachant que demain on n'aura pas à se lever à point d'heure. ❤

Dimanche 8 janvier :


Louiselle, 4 ans et 8 mois, poursuit le petit bonhomme de chemin de ses apprentissages. Sans hâte - comment le pourrait-on, nous travaillons à plein temps toutes les deux ? 😊 - mais non sans une certaine implacabilité : celle de son rythme propre et de ses appétits.

Ici, après avoir mis en paire les lettres cursives avec une image dont le sons qu'elles codent est à l'initiale, la Damoiselle a voulu aller chercher la lettre mobile correspondant à chaque carte. L'exercice est long car Louiselle refuse de s'arrêter avant d'avoir traité les 26 lettres de l'alphabet. En tout cas, la correspondance des lettres cursives et des sons qu'elles codent peut être considérée comme acquises !! 😊

Lundi 9 janvier :


Petits bonheurs du jour :

- Assister à la danse des premiers flocons de la saison (encore timides). ❤

- Finir mon roman (La réserve, de Rusell Banks). Enfin, le bonheur, c'était surtout de le lire, pas de la finir, hein !! ❤

- En commencer un autre aussi sec, pas tout à fait aussi savoureux, mais suffisamment bien construit pour j'y adhère le peu de temps qu'il dure (L'assassin à la pomme verte, de Christophe Carlier). ❤

- Jouer à Puissance 4 en famille, et comprendre, devant les stratégies élaborées d'Antonin, que je ne savais pas jouer jusqu'alors. Du même coup, apprendre à perdre. ❤

Mardi 10 janvier :


Sablés vanillés aux graines de chia (recette) :

Battre un œuf avec un sachet de sucre vanillé, 70g de sucre complet et 75g de beurre fondu. Bien mélanger puis ajouter 150g de farine (blé, épeautre...), 3 CS de flocons d'avoine, 1 CS de graines de chia et 1 CC d'extrait de vanille liquide.

Placer la pâte 30 minutes au réfrigérateur pour qu'elle soit plus facile à travailler.

Puis préchauffer le four à 180°C et déposer des boules de la taille d'une grosse noix sur une plaque huilée. Aplatir légèrement chaque boule.

Enfourner pour 15 - 20 minutes (surveiller la cuisson, et la stopper dès que les bords commencent à dorer). laisser refroidir avant de consommer (ou pas !) et conserver dans une boite hermétique.

Bon petits goûters d'hiver à tous !! 😊

Vendredi 13 janvier : 

Mandalas en attrimaths, par Louiselle

Antonin, 6 ans, aime beaucoup suivre des modèles lorsqu'il réalise des mosaïques. Le mois dernier, la Damoiseau a inventé une demi-douzaine de figures qu'il m'a demandé de photographier : "Mets-les sur Internet, Maman, comme ça, d'autres enfants les réaliseront peut-être !". Bonne idée, non ? Du coup, je me dis que ce serait peut-être intéressant de mutualiser les inventions attrimathesques de toutes nos familles ? Si vous utilisez Intagram, n'hésitez pas à taguer les réalisations de vos enfants du hashtag #modelemosaique, afin que nous disposions bientôt de toutes une réserve de modèles !!

Lundi 16 janvier :

Puissance 4 en bois

Petits bonheurs du jour :

- Préparer une table de petit déjeuner "comme en week-end", avec fruits secs, fruits frais, jus de fruits et pailles ! ❤

- Lire quelques pages de Faber et Mazlisch en sirotant mon thé, avant que mon homme ne descende prendre son petit déjeuner. ❤

- Accueillir une couveuse dans la classe et une douzaine d’œufs fécondés : naissance(s) prévue(s) dans 21 jours ! ❤

- Coudre avec mes enfants pendant plus d'une heure (nous fabriquons des peluches Little Couz'in, c'est un succès total !). ❤

Par Antonin "tout seuuul !!"  (ou presque) 😉

- Préparer une quiche algues/tofu/moutarde, être sûre que cela plaise à tout le monde, et se régaler. ❤

- Profiter de ce que le four soit chaud pour cuire dans la foulée une fournée de cookies vide-placard. ❤

- Envisager d'écrire toute la soirée (mais se dire que se coucher tôt, ce serait bien aussi...😊). ❤

Jeudi 19 janvier :


Dans ma classe de petite et moyenne section, les puzzles en volume, bien que difficiles (ou justement de ce fait ?) rencontrent un vif succès. Ils permettent de travailler la géométrie dans l'espace : visualiser en trois dimensions, passer du patron à l'objet... Ils complètent excellemment les Polydrons géants que les élèves manipulent beaucoup en parallèle (ils construisent des maisons pour les figurines de la classe... ❤). 

Hélas, ces petites merveilles ne sont pas aisées à dénicher aujourd'hui, mais si vous en cherchez, voilà les tuyaux des lectrices : la série Pop to play de Djeco, ou les puzzles en volume d'Avenue mandarine. 😊

Vendredi 20 janvier :

Invitation à jouer

Notre reconnexion du vendredi soir:

Il FAUT sauver les animaux prisonniers de la banquise - "Au secours, au secours ! J'ai froid ! sauvez mon bébé, il est coincé !!", etc. 😉 Les outils des secouristes : des piettes et de l'eau chaude, du gros sel gris.

Tout est bien qui finit bien, les animaux ont été extraits, rincés à l'eau tièdes et séchés amoureusement. Je crois qu'ils ont bien dormi, ce soir-là. 😊

Dimanche 22 janvier :


LE jeu du moment : mémory avec les cartes de la Météo des émotions  (dont je vous parlais déjà ICI).

Et ce matin, Louiselle a trié spontanément les cartes en deux catégories : celles où l'on se sent bien (émotions positives : fier, joyeux...) et celles où l'on se sent mal (émotions négatives : fatigué, en colère...). De quoi alimenter longuement le débat. ❤

Bonjour, Février !

(Ah, on me souffle dans l'oreillette que février est là depuis un bon moment déjà... Quelque chose me dit que l'hiver va passer vite...) 😊

mercredi 8 février 2017

Nos mercredis Montessori : Compter en sautant


"Compter en sautant", en langage montessorien, c'est en fait travailler ses tables de multiplication. Plus ou moins directement, l'enjeu de la présentation du jour est une initiation au calcul des puissances, ainsi que la construction d'outils pour le calcul mental. Et il se trouve que le calcul mental, c'est un des dadas du Damoiseau, qui y excelle - il est plus rapide que moi, et de loin (il faut admettre que je suis passablement nulle en la matière, n'y ayant jamais été initiée... 😔).

Bien sûr, en Montessori, on s'appuie sur le matériel de perles. Bien sûr. Que nous n'avons pas - ne me demandez pas pourquoi, je tiens ce matériel en haute estime, mais... Est-ce le manque de temps/d'argent ?... Ou tout simplement l'impression jamais démentie jusqu'à présent qu'on pouvait faire autrement avec autre chose, en laissant ouverts quelques possibles que le matériel Montessori ferme parfois... Bref, nous ne possédons pas de banque de perles. Mais je ne dis pas que nous n'en aurons pas, un jour. Après tout, rien ne presse, et face à une acquisition majeure, j'aime prendre mon temps avant d'agir (= d'acheter). 😊

Ici, j'ai donc repris l'intégralité de la séquence montessorienne en m'appuyant sur un matériel dont nous disposons déjà, et en quantité suffisante : les cubes à compter. L'avantage premier, c'est qu'ils encouragent la manipulation (voire la construction !) et le détournement. L'avantage second, c'est qu'ils sont cubiques (contrairement aux simples Duplos, par exemple), et vous allez comprendre l'intérêt de cette caractéristique assez vite pour l'activité qui nous occupe. 😁 Enfin, chez nous, les fameuses "flèches" de l'activité, marqueurs écrits des nombres, ne sont pas fournies, mais doivent être fabriquées par l'enfant. Ce passage à l'écrit permet à l'enfant de marquer le monde de son signe, et je préfère amplement cela plutôt que de lui fournir des étiquettes pré-fabriquées.


Tout a commencé par ce petit défi : "Peux-tu, avec ces cubes, construire un carré de 5 cubes de côté ?". L'exercice en soi n'est pas évident à 6 ans, et il fallut ici passer par une schématisation rapide ("Dessine-moi un carré... Puis les cubes qui composent un de ses côtés... Peux-tu déduire la longueur des autres côtés, dans la mesure où c'est un carré ? ...").

Il fallu d'ailleurs (cf. première photo de l'article) que je modifie ma consigne assez vite : "Construis un carré PLEIN".  Sans quoi le Damoiseau s'apprêtait, à raison, à construire un cadre. Que n'avons-nous d'équivalent, en langage géométrique, de la distinction cercle/disque pour les autres figures ???!!! 😐

On pose ensuite le carré obtenu devant soi, non sans avoir verbalisé, une fois de plus, qu'il s'agit du carré de 5


"Peux-tu prendre cette fois 5 fois 5 cubes et les assembler en 5 fois 5 petites chaînes ? Cela fait, peux-tu les assembler en une grande chaîne de 5 fois 5 cubes ? Voilà, tu as construit la chaîne de 5, 5 fois 5 cubes. Combien de fois comptes-tu 5, dans cette chaîne ?"


"Je vais t'annoncer quelque chose, que tu n'es pas obligé de croire : si je te dis que cela (désigner le carré de 5 cubes de côté) et cela (désigner la chaîne de 5 fois 5 cubes) représente la même quantité... Si je te dis que c'est pareil, la même chose... Comment peux-tu le vérifier ?"

Les stratégies seront différentes selon les enfants. Antonin, quant à lui, a spontanément dénombré les éléments de la chaîne puis ceux du carré pour conclure à l'égalité. J'ai suggéré une autre solution plus "spatiale" : superposer les deux constructions permet un contrôle optimum, et il est toujours bon de passer par les mains...


Démantèlement de la chaîne, donc...


... et transformation de celle-ci en carré, afin de vérifier l'équivalence par superposition. On constate de toute évidence que nous avons affaire à 2 ensembles identiques. Un carré de côté 5 comporte 5 x 5 éléments. Incredible. But true. 😊


Cela constaté, hop, on reforme la chaîne. Et cette fois, l'enfant est engagé à compter : "Tous les 5 cubes, tu colleras une étiquette". Joie. Car pour nous, les étiquettes avaient été préalablement découpées par Antonin lui-même dans des post-its (il faudra un jour que j'écrive sur l'amour que le Damoiseau porte à ces papiers autocollants colorés... !). 

Allez, si ce n'est fait (et même si, d'ailleurs) on dénombre l'ensemble des unités, cette fois. Jusqu'à 25. Et chaque fois qu'on tombe sur un post-it, l'enfant y inscrit le nombre qui correspond dans la suite numérique. Ainsi, la chaîne se voit légendée, tous les 5 éléments : "5, 10, 15, 20, 25". On verbalise le lien avec la première construction : un carré de 5 x 5 équivaut donc à 25 éléments.


Dernière étape  : on invite à compter "en sautant" : de 0 (Antonin n'oublie jamais le 0 !) à 25, de 5 en 5. On le fait à l'envers, à l'endroit, et de plus en plus vite.

Reste à ranger le matériel... A moins que l 'enfant ne souhaite enchaîner sur la chaîne de 6... Ce fut le cas ici ! 😄

Remarque concernant cette activité : il vaut mieux ne pas commencer par le 1, car ce cas particulier illustre mal la relation. On peut, par exemple, commencer par 5, 6 et 7 (pas nécessairement dans cet ordre), et l'enfant se charge généralement de gérer la suite de la progression, une fois qu'il a saisi le principe... Ici, Antonin évoque déjà le carré de 10, vous voilà prévenus !! 😄

Bonne fin de semaine à tous !

dimanche 5 février 2017

Chasse au trésor... à la loupe !


Cela faisait un bon moment que les jeux de loupe (estampillés "Montessori" depuis leur invention par Aude d'À la douce) me faisaient de l’œil. Et cela faisait un bon moment que je remettais leur fabrication à plus tard...

Il faut dire que je suis, comme la plupart d'entre nous, engagée dans une réflexion sur le matériel que je propose à mes enfants (en gros : moins, c'est mieux) et en particulier sur le petit matériel en papier fait maison. Qui nous donne l'illusion d'échapper au mercantilisme, mais qui, finalement, nous coûte cher en temps et en argent (encre d'impression + pochettes à plastifier). D'autant que le ratio "énergie parentale/engouement de l'enfant" n'est souvent pas très bon, ce type de jeu suscitant moins d'enthousiasme que les objets "en dur". Il faut dire que les éléments en sont légers, et qu'ils glissent, à cause du plastique. Une fois rangés dans des enveloppes, ils sombrent dans l'oubli. Et on n'ose les jeter, parce qu'on y a passé du temps et qu'on sait qu'ils pollueront ...

Bref, aujourd'hui, je réfléchis à deux fois avant de plastifier. Et c'est donc prudemment que j'ai imprimé ce jeu de mise en paire sur les dinosaures (choisi par mes enfants parmi la diversité des jeux de ce type repérée sur Internet).

Et nous avons été très déçus. Non pas par ce jeu en particulier, qui est vraiment beau et soigné. Mais par le concept en général. En effet, le fait que les figures sur les cartes soient détourées rend l'usage de la loupe totalement inutile. On reconnaît la silhouette du premier coup d’œil, même sur une image minuscule. Du coup, j'ai réfléchi : le problème serait-il résolu si je choisissais des motifs présentant des silhouettes très similaires, comme des flocons ou des mandalas ? Malheureusement, non. Car on s'aperçoit alors, à la loupe, que la petite image a une définition déplorable. Les détails sont brouillés, le trait bave. Avec mon humble imprimante à jet d'encre, je ne peux pas espérer grand-chose de mieux, et mon problème est insoluble.

Notre jeu de mise en paire "dinosaures" n'a donc jamais été plastifié. Louiselle a cependant joué le jeu avec toute la conscience professionnelle que l'on peut avoir à 4 ans, et a procédé à la mise en paire dans les règles, loupe à la main - bien qu'elle ait tout à fait conscience que celle-ci soit inutile. Elle a ensuite écrit "DINOSAOR" (?) sous chaque dessin et rangé précieusement ces cartes dans sa boite à trésor. Bref, ce jeu lui a beaucoup plu à sa manière, et je ne regrette pas l'encre qu'il m'a coûté. Mais c'est sûr : il n'y aura pas d'autre essai de ce type.


Comment, alors, atteindre mon objectif, à savoir inciter les enfants à utiliser une loupe efficacement ?

C'est mon homme qui a eu l'idée. Et quelques minutes plus tard, je concoctais une petite chasse aux trésors. Dont les messages étaient imprimés en police Arial n° 6.... et imprimé en 1/9e... 😉

A4

J'ai choisi d'écrire les messages en capitales d'imprimerie, de manière à les rendre plus lisibles, car l'impression au jet d'encre, ça bave !!

Vue au microscope

Ce qui ne facilite pas les choses pour les lecteurs débutants, qui, contrairement aux lecteurs aguerris, ont un vrai besoin de voir distinctement toutes les lettres du mot pour pouvoir le déchiffrer...


Les messages minuscules furent glissés dans de petits sachets en plastique de récup' et cachés dans la maison selon l'ordre des indices du jeu de piste.


A la fin du parcours, les enfants découvrirent chacun sous leur lit un petit cadeau - un jeu de société et un puzzle offerts à Noël par des proches, mais que j'avais décidé de réserver pour plus tard (trop de présents sous le sapin ... vous connaissez le problème ? 😞).


Ce jeu (et les petits cadeaux à la clef) remportèrent un vif succès, comme vous pouvez l'imaginer ! 😀 Et il ne m'a coûté que quelques minutes de temps de préparation, deux gouttes d'encre et un neuvième de feuille de papier. 😉

D'autres idées pour utiliser la loupe dans des situations authentiques et stimulantes ? 😊

samedi 4 février 2017

Les maths selon Maïa # 5

Dernier opus de cette série qui me régale ... 😊

Pour reprendre l'aventure depuis le début, c'est ICI.

Je laisse la plume à Maïa dans le présent article - que j'entrecoupe néanmoins de liens et de remarques personnelles... 😊

Géométrie plane :

"1. Notre ludothèque fait notre bonheur, par exemple avec le jeu Fits, de Ravensburger :


Les joueurs lancent un dé sur lequel figurent des figures géométriques aux formes et aux couleurs variées, trouvent la pièce correspondante et la placent sur leur plateau de manière à  la compléter en un minimum de temps.

Note d'Elsa : J'ai l'impression qu'il s'agit d'une ancienne version de ce jeu, et que la nouvelle n'a plus grand chose à voir... Dommage ... Je ne peux pas m'empêcher de mettre en lien le jeu que nous présente Maïa avec les triangles constructeurs montessoriens (Je ne sais pas vous, mais depuis que j'ai regardé les vidéos de Céline Alavarez, je me retiens de mettre la main à la carte bleue pour acheter ces fameux triangles... Arg. Peut-être que si j'arrive à trouver le jeu ci-dessus, cela calmera mes ardeurs consuméristes. Note pour moi-même pour avancer sur la voie du minimalisme : toujours se donner quelques mois de réflexion avant un gros achat... 😁). L'idée est que chaque figure de la géométrie plane peut être décomposée en plusieurs triangles. De plus, ce jeu, comme les triangles constructeurs, prépare aux équivalences, aux calculs des surfaces, sans parler des compétences logiques mises en œuvre. 💓

"2. Toute la série des Smart games est également empruntée régulièrement ... Par exemple, les pingouins patineurs :


Le joueur choisit un défi (chaque jeu en contient 60, avec leurs solutions, classés du plus simple au plus complexe). Ici, il faut modifier la forme initiale des blocs de glace (qui coulissent pour réaliser des figures variées) de manière à les encastrer toutes dans le plan de jeu et pouvoir placer les pingouins aux emplacements demandés.

3. Nous avons visionné une vidéo passionnante (sur la non moins passionnante chaine Numerphile) intitulée "Fold and cut", et qui lance le défi suivant : Comment obtenir un polygone (même très complexe) en découpant un pliage... d'un seul coup de ciseaux ? Le théorème sous-jacent à cette pratique pourrait d'ailleurs être une raison nécessaire et suffisante pour ne pas mélanger les polygones curvilignes aux autres... En tous cas, cela m'a donné envie d'aborder les polygones ainsi, en les considérant comme des figures que l'on obtient par pliage (et donc par construction des droites remarquables) et unique coup de ciseaux. Nous avons essayé plusieurs pliages, dont celui en forme d'étoile - parfait pour réaliser une décoration de Noël !"


Note d'Elsa : Ne manquez surtout cette excellente vidéo ! Nous vous laissez pas impressionner par le fait qu'elle soit en anglais, le tout est très aisément compréhensible quelque soit votre niveau de langue. Pour moi, je sais à présent à quoi ressembleront mes cours de géométrie plane en cycle 3... 😉

Pour terminer au sujet de la géométrie plane, je ne peux passer sous silence deux excellents supports de manipulation (ô combien classiques) : les mosaïques (ou attrimaths) et les tangrams. 😊

Géométrie dans l'espace

Comme supports de construction, nous apprécions particulièrement en ce moment les Géomags empruntés à des amis pour quelques semaines !

Pour le reste, votre blog  fourmille de propositions dans ce sens !


Note d'Elsa : Merci, Maïa ! Effectivement, je pense que les jeux de cubes et de construction permettent de manipuler des solides variés et de s'imprégner sensoriellement de leurs propriétés. Je vous présentais notre collection de solides ICI, et la manière dont nous les utilisions pour passer au plan LÀ. Ces deux étapes (approche des définitions par manipulation et construction de patrons) sont à mon avis essentielles avant de passer aux représentations des solides dans le plan (perspective cavalière, axonométrique, vue du dessous, du dessus...).

La base 2

"Lou avait envie d'apprendre "d'autres manières de compter" : je lui ai donc appris à compter sur ses doigts en binaire."

Note d'Elsa : Oh là, là, alors ça, ça me parle !! 💓

A défaut d'être mathématicienne, je suis épistémologue, et l'évolution des sciences à travers l'histoire de la pensée humaine me fascine. C'est incroyable, tout de même, d'essayer de pénétrer d'autres manière de penser...

Les hommes de tous temps ont été confrontés à un problème : Comment désigner des quantités aussi grandes que l'on voudra à l'aide d'un répertoire limité de signes ? Les solutions apportées à travers l'Histoire ont été plus ou moins satisfaisantes. Les Romains, par exemple, avaient opté pour une numération de type additif, qui comporte peu de signes (I, V, X, C, D et M). Tout le monde connaît encore ce système aujourd'hui, toujours utilisé, en particulier pour les datations : les règles de construction des écritures se réduisent à de simples additions de chiffres juxtaposés. Vous voyez vite le problème que cela pose... Exercez-vous : écrivez 997 en chiffres romains. Bien.  Et encore, ce n'est "que" 997 !! 😁.

Les systèmes grecs et romains ont été progressivement modifiés pour tenter d'écrire des nombres de plus en plus grands, mais les modifications compliquèrent le système jusqu'à le rendre impraticable...

Une autre grande solution, très efficace cette fois, réside dans ce que nous appelons les numérations "de position" : la valeur d'un signe dépend de sa position dans l'écriture du nombre. Par exemple, le signe "2" n'a pas la même valeur dans les nombres 213 (où il vaut 2 centaines), 425 (où il vaut 2 dizaines), 672 (où il vaut 2 unités) ou 2987 (ou il vaut 2 milliers).

Dans notre système, la base est dix, ce qui signifie que l'échange se fait de 10 contre 1 : 1 dizaine vaut 10 unités, 1 centaine vaut 10 dizaines, etc. Nous avons du mal à imaginer qu'il puisse en être autrement, mais l'Histoire a vu des civilisations qui procédaient à d'autres groupements et échanges : 5 contre 1 (base 5) ou 20 contre 1 (base 20). Ainsi, le système égyptien et le système sino-japonais reposaient sur une base décimale, mais les Népalais utilisaient une base 12, et les Mayas une base 20.


Numération maya

Revenons à cette base 2, concept essentiel de l'informatique : elle ne comporte donc que 2 signes, le 0 et le 1. La numération de position est néanmoins identique au système décimal actuel. Essayons de compter en base 2 : Il y a d'abord le 0 et le 1. Pas de problème. Puis ce qu'on appelle 2 dans notre système décimal : sauf qu'ici, le "2" forme un groupement, on change d'ordre. Notre 2 décimal s'écrit donc 10 en base 2. Notre 3 s'écrit 11, et à 4, hop ! encore un groupement : 100.

La suite des entiers relatifs positifs commence donc ainsi en base 2 : 1, 10, 11, 100, 101, 110, 111, 1000, 1001, etc. Notre 12 s'écrira 1100, notre 999 s'écrira 1111100111. 😂

Re-visionnons la vidéo de Maïa à cette lumière : Le poing fermé désigne le 0, le pouce représente 1 et l'index 2. L'index seul désigne la quantité 2, c'est la différence majeure d'avec notre manière de faire usuelle, qui désigne la quantité 2 par 2 doigts dressés (et n'importe lesquels, d'ailleurs). Pour représenter 3, nous avons donc besoin de lever le pouce et l'index, 1 + 2 = 3. Le majeur dressé seul désigne le 4. Pour faire 5, nous lèverons donc le majeur et le pouce, 4 + 1 = 5. Pour faire 6, nous lèverons l'index et le majeur, 2 + 4 = 6. Pour faire 7, nous lèverons le pouce, l'index et le majeur, car 1 + 2 + 4 = 7. Le 8 sera la valeur attribuée à l'annulaire : nous ne lèverons donc que ce doigt pour désigner cette quantité. Pour faire 9, nous lèverons l'annulaire et le pouce (non, ce n'est pas facile !), puisque 8 + 1 = 9. Pour faire 10, nous lèverons l'annulaire et l'index : 8 + 2 = 10. Et ainsi de suite.

Vous voyez tout de suite l'avantage de ce procédé (en plus de muscler les doigts, d'exercer ses tables d'additions et d'apprendre à traduire le binaire) : on peut compter jusqu'à 31 avec une seule main, et jusqu'à 1023 avec dix doigts. Ce qui nous sera peut-être, utile un jour ! 😄

Ainsi s'achève cette passionnante série, j'espère qu'elle vous a plu autant qu'à moi !

Maïa, si d'aventure l'envie te prend d'en rédiger la suite... pense à nous ! Un immense merci pour tes partages !! 💓

dimanche 29 janvier 2017

Les maths selon Maïa # 4

Si vous prenez l'aventure en cours de route, le début de cette série d'articles se trouve ICI.

Au programme aujourd'hui : les nombres premiers et les entiers relatifs ! 😊

Je laisse la plume à Maïa dans le présent article - que j'entrecoupe néanmoins de liens et de remarques personnelles... 😊

Les nombres premiers :

"Lou a ramassé des cailloux, et me demande de lui concocter une activité à partir de ses trouvailles. Je lui propose donc de diviser son butin en paquets égaux de plus d'un élément : il faut que les collections de cailloux obtenues contiennent le moins d'éléments possible.

Lou prend d'abord 6 cailloux, qui lui permettent de faire trois collections de 2 éléments. Les tas de 2 n'étant pas divisibles au-delà, j'introduis la notion de nombre premier

Par chance, Lou choisit 12 cailloux pour son deuxième essai, et obtient 2 collections de 6. "Peut-on faire des tas égaux plus petits ?". Lou divise ses paquets et parvient à 4 collections de 3. On ne peut pas aller plus loin : "3 est un nombre premier !".


Arrive un essai avec 7 : "2 tas de 3 reste 1". "Ah, dis-je, mais dans ce cas, les tas ne sont pas égaux puisqu'il reste un tas de 1 tout seul." "Alors, conclut Lou, 7 est déjà un nombre premier". 😊

Et les essais se répètent avec des chiffres de plus en plus grands... 😊

Note d'Elsa : On pourrait d'ailleurs lancer ce défi à l'enfant : "Peux-tu faire la liste de tous les nombres premiers inférieurs à 100 ?" J'ai ici un petit mordu de systématicité à qui cela plairait bien, je crois... 😉

Les nombres relatifs : 

"Nous nous sommes intéressés de près au thermomètre lors des températures caniculaires de l'été dernier, et nous nous sommes posés la question de savoir ce que représentaient les températures."

Notes d'Elsa : Maïa ne nous dit pas comment elle a aidé son enfant à remplir de sens cette notion de "température", mais on peut, par exemple :
- partir des cartes classiques des prévisions météorologiques, et  s'interroger : que signifie les nombres affichés ? Où fera-t-il le plus chaud, le plus froid ? etc. 
- fabriquer une petite station météo adaptée à l'âge et aux intérêts de l'enfant.
- organiser un petit relevé des températures sur plusieurs jours afin de pouvoir les comparer.

"Lou pensait que quand il ferait 10°C, il gèlerait. Je me suis alors lancé dans des explications sur le fameux 0°C (point de fusion de l'eau) et les températures négatives, qui ont provoqué un grand silence. "Qu'est-ce que ça peut être, moins que 0 ?". Nous avons à nouveau observé le thermomètre, puis crée cette petite mise en situation :


Avec une craie, sur un dallage, nous avons écrit la suite des nombres de 3 à - 3, à la verticale. Nous lancions ensuite un dé numéroté 3 à - 3 (extrait du Jeu de l'arbre de Goula, bien qu'il soit tout à fait possible de transformer un cube lambda !). Le jeu consistait à se déplacer ensuite sur cette frise numérique selon le résultat obtenu."

Note d'Elsa : Cela me rappelle avec émotion la manière dont Antonin a construit la notion d'entiers relatifs (il y a bien un an et demi déjà). "Maman, me demande-t-il un beau matin, qu'est-ce que qui est plus petit que zéro ?" " Moins 1, par exemple", répondis-je, en ne sachant pas trop où cela nous mènerait. "Ah, reprit le Damoiseau après quelques minutes de silence, alors (- 2) est plus petit que (- 1)..." 😯 Visiblement, c'était tout naturel, et depuis cette remarque, les entiers relatifs négatifs font partie de notre quotidien... 😊

D'autre part,  dans leurs commentaires à cet article, Maïa et Aurélie B élaborent une méthode pour manipuler les règles opératoires des entiers relatifs avec le boulier. Il me semble pertinent d'introduire leur réflexion commune ici. 😊

Encore une fois, si vous avez besoin d'un cours de rattrapage (ou d'apprentissage) sur le boulier, cette vidéo des Petits Homeschoolers vous donnera de bonnes bases...

"Sur de petites quantités, écrit Maïa, Lou calcule de tête (Il fait 2°C aujourd'hui ; quelle température fera-t-il demain s'il fait 3°C de moins ?) mais bloque quand les nombres à manipuler sont plus grands. J'ai alors séparé le boulier en deux, en attachant un morceau de tissu après les 4 premières dizaines (choix arbitraire, mais puisque les dizaines sur notre boulier sont de la même couleur deux à deux, j'ai trouvé cela plus pertinent, plutôt que de couper après la 5e dizaine). 

Voici le boulier au point 0 :

0

Placé ainsi, avec la cordelette qui sépare les dizaines positives des négatives, je place des dizaines positives à gauche comme d'habitude mais les dizaines négatives à l'opposé sur la droite. Mon boulier ne va donc plus de 0 à 100, mais de - 40 à 60.


Ainsi, quand je veux soustraire 6 de 4, je pousse donc d'abord 4 perles sur la droite :

4 - 6 = ?

4

Puis je soustrais 6 :  je les repousse mes quatre premières perles positives vers la gauche (1, 2, 3, 4...), et, n'ayant plus de perles positive disponibles sur cette ligne, je continue sur la ligne du dessus : ... 5, 6. Dans un mouvement qui va toujours vers la gauche, je pousse 2 perles négatives. Le résultat est donc égal à - 2 :

4 - 6 = ( - 2)

(- 7) + 10 = ?

Je peux également partir d'un nombre négatif, ici (- 7) :


Auquel j'ajoute 10. Je fais donc le mouvement habituel de l'addition en poussant mes sept perles vers la droite. Puis sur la ligne de la première dizaine positive, je complète en poussant 3 perles de plus vers la droite.

( - 7 ) + 10 = 3


( - 5 ) + (- 17) = ?

( - 5)

( - 5) - 17 = ( - 22)

Le mouvement se fait donc toujours dans le même sens, qu'il s'agisse d'une addition ou d'une soustraction. Il me parait également intéressant de positionner ainsi les dizaines négatives car cela marque bien ainsi, spatialement, que ( - 2 ) est l'opposé de 2. Si on est amené à expliciter verbalement à l'enfant que l'on positionne les dizaines négatives à droite, il faut d'ailleurs surtout bien penser à utiliser ce terme d'opposé (et à ne pas le confondre avec celui d'inverse !!).

Je ne sais pas vous, mais tout cela m'amuse beaucoup ! 😊 Et je suis pantoise devant tant d'ingéniosité... C'est beau, la bosse des maths... 😊

A bientôt pour le dernier volet, consacré à la géométrie et les systèmes non décimaux ! 😊

samedi 28 janvier 2017

Les maths selon Maïa # 3

Les premiers volets des maths selon Maïa sont ICI et .

Au programme aujourd'hui : les mathématiques dans la vie quotidienne et les fractions ! 😊

Je laisse la plume à Maïa dans le présent article - que j'entrecoupe néanmoins de liens et de remarques personnelles... 😊

Les mathématiques dans notre vie quotidienne :


"J'avais acheté ce puzzle de carte de France il y a deux ans, et je comptais le repeindre car je le trouvais un peu surchargé... Mais surprise en l'ouvrant : le découpage ne correspondait pas de manière exacte aux régions existantes à l'époque. J'ai donc décidé de me servir de ce matériel non pas à des fins géographiques, mais mathématiques : ce puzzle pouvait être une illustration du théorème des quatre couleurs ! J'ai proposé à Lou de le repeindre en lui proposant de chercher le nombre minimal de couleurs nous permettant de peindre les différentes pièces sans que deux couleurs ne se touchent."

Note d'Elsa : Il ne peut exister cinq régions connexes deux à deux adjacentes. C'est tout de même fou quand on y pense. 😊 J'ai proposé le même défi à mes enfants à l'occasion de simples coloriages, et c'est vérifié : quatre couleurs (et parfois même, trois !) suffisent à remplir n'importe quel motif sans que deux couleurs ne se touchent jamais. 😊 Évidemment, proposer cette activité dans le cadre d'une colorisation de carte est idéal, puisque c'est dans ce contexte que le théorème fut découvert...

"Les quatre opérations sont sollicitées en permanence dans la vie quotidienne, en mettant la table (Combien d'assiettes si nous sommes deux de plus ? Ah, finalement un des invités ne vient pas, que faut-il faire ?... etc) ou en partageant les récoltes (Si on a cueilli 15 mûres et qu'on est 5, combien en aurons-nous chacun ? Et si on en cueille 13 et qu'on est 3 ?).

Les Duplos sont aussi utilisés spontanément par Lou comme support pour la multiplication

Grande jubilation : 6 x 4 ...

... est égal à 3 x 8 !

Les fractions : 

"La cuisine est le grand terrain des proportions !" 😉


" Le partage de crêpes (rondes) ou de gratins (carrés) permettent le découpage en moitiés, tiers et  quarts. Pensons-y : le partage des plats familiaux est une tâche qui peut être confiée aux petits !

Les tasses mesureuses sont détournées lors de longues séances de transvasement, pour le plus grand bonheur de mes deux enfants, qui connaissent leurs noms (tasses, demi-tasses, quart de tasses) et, par la manipulation, font l'expérience de leurs relations.
Note d'Elsa : Voici une activité à proposer quel que soit l'âge de l'enfant, car elle est facilement adaptable avec des plus grands, notamment en leur laçant de petits défis (voir ICI ou LA, par exemple).

Pizza fiesta (ancienne version)

"Ci-dessus, voici un vieux jeu emprunté à la ludothèque : le matériel est très beau, mais les règles du jeu un tantinet ennuyeuses... On a détourné ! Néanmoins ce jeu présente l'avantage (contrairement à nos crêpes du goûter...) d'être déjà découpé donc facile à manipuler même pour Camille."

Note d'Elsa : Maïa, est-il possible d'avoir des éclaircissements sur la manière dont vous jouez avec ce matériel ? ... Qui me fait d'ailleurs penser aux fractions en métal montessoriennes !  😊

À bientôt pour le prochain opus des mathématiques selon Maïa ! Nous aborderons l'étude des nombres premiers et des nombres relatifs ! 😊